Guillermet, née de Martens, Marie, Agnès, Henriette
Biographie
Sa veuve, Guillermet, Marie, Agnès, Henriette, née le 17 juillet 1815 à Bruxelles (Belgique). Sans doute n’y voyant plus, elle fit une demande devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février et qui laisse peut-être à penser que son mari, disparu après la révolution de Juillet, aurait participé à cette dernière. La lettre qu’elle écrivit était ainsi rédigée : « Si les femmes vous intéressent, elles ont droit aussi à votre justice du moins je crois mériter une récompense non pour moi, rien ne peut me dédommager mais pour partager avec ma fille. Rien au monde ne peut me rendre l’époux que j’ai perdu. Vous savez ce qu’une femme honnête et vertueuse doit souffrir, perdant un époux jeune et beau, qu’elle aime et dont elle est aimée. Non les souffrances du corps ce sont rien mais c’est l’âme qui souffre et je plains sans cesse. Je ne puis le décrire, mes cruelles blessures s’ouvrent encore. Je ne vois plus, par les larmes que j’ai versées. C’était en 1830 après les troubles, émeutes qu’il disparut. Jamais je ne le revis et j’ignore encore s’il existe. Devenu mère quelque temps avant, j’ai une fille, engagée des deux mains. Une personne âgée la remplacé, c’est mon père. Nous sommes sans ressources, obligé de travailler et de mendier pour soutenir. Trois personnes dont deux infirmes seules et faibles de santé. Moi-même par les chagrins et souffrances, privations de toutes espèces. Je désire être libre et savoir si je suis veuve de l’autre. J’ai vu sa fille dernièrement, c’est un ange de beauté. Elle nous ressemble tous deux. Je n’ai point d’attestations, messieurs, de tout ceci mais tout Paris a été témoin et on peut encore trouver des personnes qui diront la vérité. J’ai entendu pendant les nuits de juillet, août et octobre assassiner des personnes sans pouvoir les secourir. C’était rue de l’Ancienne-Comédie n° 11, chez Dubois, boulanger, qui est encore dans ce quartier mais je ne sais où il reste, Mme Counormont et le coiffeur à côté. Je n’eus pas de raison d’être royaliste aussi je n’ai pas demandé de pension, elle aurait été trop amère. Ce que je dis est la pure vérité. Si vous voulez bien vous en rapporter à moi sinon je m’exposerai (illisible). » Elle fut recommandée par la Commission pour un secours une fois donné. Elle demeurait 18, impasse des Deux-Anges au 3e étage, dans la rue Saint-Benoît dans le faubourg Saint-Germain, en 1848. Archives de la préfecture de police AA 391.