Guillon, François, Gabriel

Biographie


Né le 24 janvier 1793 à Channay (Indre-et-Loire). Chirurgien sous-aide à l’hôpital militaire de Lille (Nord) le 7 juillet 1812, chirurgien sous-aide au grand quartier général de la Grande Armée le 22 septembre 1812, chirurgien aide-major au 17e régiment des lanciers lituaniens le 20 avril 1813, il s’occupa particulièrement de l’hospice de Minden ville dans laquelle le typhus faisait d’affreux ravages, licencié à Hambourg le 26 mai 1814, chirurgien aide-major aux hussards de la garde royale le 1er septembre 1816, grade qui lui permettait de terminer ses études médicales, retiré dans ses foyers par démission de son emploi qu’il avait offerte et qui a été acceptée par le ministère de la Guerre le 25 août 1820, avant d’être reçu, le 5 septembre 1820, docteur à la faculté de Paris. Il avait participé aux campagnes de Pologne en 1812, de Saxe et dans la place de Hambourg, assiégée et là aussi le typhus y faisant d’affreux ravages, en 1813 et 1814. Ses services lui valurent la mention suivante : « Le conseil de plaît à rendre témoignage à M. Guillon de la bonne conduite qu’il a tenue au régiment, de l’exactitude à y remplir ses devoirs, du dévouement qu’il y a montré et des preuves certaines qu’il a données de son talent distingué. Différentes cures remarquables qu’il y a faites pendant son séjour lui ont valu la confiance qu’il s’est acquise et qu’il mérite à tous égards. » Il était membre de plusieurs sociétés médicales, chirurgien major du 1er bataillon de la VIIIe légion de la garde nationale depuis le mois de juillet 1825 et chirurgien du premier dispensaire de la Société philanthropique. Il établit, le 29 juillet, une ambulance à la Bourse et y pansa les blessés. La France nouvelle, nouveau journal de Paris du 13 août 1830 et Le Constitutionnel du 9 août 1830 relatèrent à son sujet : « Lorsque M. le général Lafayette a été visiter l’ambulance de la Bourse, tous les blessés ont supplié le vétéran de la liberté de leur accorder la permission de faire frapper une médaille d’or pour M. le docteur Guillon, qui leur a prodigué les soins les plus touchants. Ce vieux général s’en est chargé, et l’a remise lui-même avant-hier au docteur, en lui disant que c’était pour lui une commission bien douce à remplir. C’est en le serrant dans ses bras qu’il lui a exprimé combien il était personnellement sensible à son généreux dévouement. » Guillon adressa, le 12 mai 1831 (soit sans doute un peu tard pour avoir la croix, ou sest-il aperçu quil navait pas été porté pour la croix ?), la note suivante à la Commission des récompenses nationales, pour faire valoir ses droits à la décoration : « Le 28 juillet, après avoir pansé plusieurs blessés dans le quartier, je me suis rendu vers 5 heures du soir à la Bourse, où je trouvai M. le colonel Pailhès et M. Ruffin, greffier en chef du tribunal de commerce, et je leur fis part du projet que j’avais d’y former une ambulance.

»Le 29, aussitôt que le poste de la Bourse fut établi, je m’y présentai avec tous les objets nécessaires aux premiers pansements et je réalisai mon projet de la veille.

»Environ trois quarts heure après, M. le docteur Delacoux, médecin oculiste à qui on avait indiqué l’ambulance, s’y rendit avec un malade, que nous avons pansé ensemble et qui fut placé à côté de ceux qui y étaient déjà. Sur la demande que j’en fis au chef du poste, M. Novince, il me fut adjoint comme médecin de l’ambulance. Vers 3 heures de l’après-midi, M. Schrimpton, jeune Anglais qui étudie la chirurgie, est venu m’offrir ses services, que j’acceptai avec empressement, ayant un très grand nombre de blessés à panser (ils s’adressaient tous à moi parce que j’étais en uniforme de chirurgien militaire).

»Jusqu’au 1er août, environ deux cent blessés y ont été pansés par MM. Delacoux, Schrimpton et moi.

»Depuis le commencement d’août jusqu’au 10 octobre, je suis resté avec M. Shrimpton, chargé du service de santé de l’ambulance de la Bourse, où environ deux cents malades ont encore reçu nos soins. Chaque matin, un grand nombre de blessés du dehors y étaient pansés […]. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé par Gadon (voir ce nom) et Novince, Pierre, François (voir ce nom) : « Nous, soussignés, commandants du poste de la Bourse, attestons que le 29 juillet à midi, M. le docteur Guillon, […] s’est présenté à nous avec les objets nécessaires aux pansements des blessés et nous a offert d’établir une ambulance à notre quartier général, ce que nous avons accepté avec empressement, en lui adjoignant M. Delacoux, médecin civil.

»Pour rendre hommage au dévouement et au patriotisme de M. Guillon, nous certifions également qu’il n’a cessé jusqu’à ce jour de prodiguer des soins aux blessés, avec un zèle digne d’éloges et quoiqu’il parût souffrir d’un coup de feu qu’il reçut le 30 au pied droit, en faisant des pansements, c’est-à-dire le lendemain de son installation.

»Nous ajouterons encore que le sang-froid, le dévouement et la belle conduite du docteur Guillon, qui n’a pas cessé de prodiguer ses soins aux blessés qui se trouvaient immédiatement placés au-dessus de la partie du bâtiment qu’un fou voulut faire sauter, lui ont mérité la reconnaissance publique et lui donnent des droits incontestables à une récompense nationale.

»Pour rendre un témoignage exact à la vérité, nous devons dire que par les soins de M. Guillon et de son collègue, il a été pansé environ deux cents blessés, sur lesquels quarante l’étaient si grièvement qu’ils ont été alités et sont restés à l’ambulance jusqu’au moment où d’après l’ordre du préfet de police plusieurs d’entre eux, tous militaires, ont été évacués sur les hôpitaux. Nous devons aussi ajouter que c’est sur la demande et les instances du docteur Guillon que le préfet de police a consenti, dans l’intérêt des malheureux blessés civils à laisser l’ambulance de la Bourse où il reste encore une vingtaine d’hommes. » Le baron Pailhès, Antoine certifiait les mêmes faits, précisant : « J’ajouterai que le docteur Guillon a fait preuve, dans les glorieuses journées de Juillet, de patriotisme et de dévouement à la cause nationale ; qu’il a mérité les plus grands éloges et est digne de toute la reconnaissance de la nation. » Dulac (voir ce nom ?), E., chef d’escadron, ex-capitaine des dragons de la Garde impériale, commandant en second du poste de la Bourse, ajoutait : « Si mon témoignage peut ajouter à ce qu’a dit mon brave camarade et ami, le colonel Pailhès, je m’empresse de le donner, ayant été témoin du courage qu’a déployé M. le docteur Guillon et des soins empressés et affectueux qu’il donnait aux blessés pendant les immortelles journées de Juillet. » Ruffin, greffier en chef du tribunal de commerce de Paris, certifiait que le docteur Guillon n’avait « cessé de donner les soins les plus assidus au pansement des blessés à la Bourse ». Ouin, Jean-Baptiste, conservateur du palais de la Bourse, certifiait les mêmes faits et attestait avoir été présent lorsque le docteur Guillon fut blessé au pied. Vassal, Jacques, Claude, Roman, député de la Seine et président du tribunal de commerce de Paris, certifia véritables les faits énoncés dans les précédents certificats, ajoutant que le docteur Guillon avait « bien mérité de la patrie » et qu’il était « digne de tout l’intérêt du gouvernement ». Le général Lafayette ajoutait : « Je l’ai vu à l’ambulance de la Bourse recevoir les expressions de reconnaissance de nos blessés, qui ont même voulu faire passer par mes mains la médaille dont ils lui faisaient présent. » Pailhès demanda, le 31 août 1830, pour lui la Légion d’honneur : « J’ai l’honneur de solliciter en faveur de M. Guillon, chirurgien major dans la VIIIe légion de la garde nationale parisienne la récompense nationale que méritent les citoyens qui se sont distingués dans la mémorable semaine de juillet dernier et qui ont concouru à fonder l’indépendance de la France. Les titres de M. Guillon sont incontestables. M. Guillon fut le premier qui se présenta au poste de la Bourse, revêtu de son uniforme de chirurgien-major pour y établir l’ambulance pour les blessés. Ce fut lui qui le premier les pansa et continua à leur prodiguer ses soins sans relâche depuis le 29 juillet dernier jusqu’à ce jour. Les blessés voulant laisser à M. Guillon un témoignage de leur reconnaissance lui décernèrent une médaille. Ce témoignage est grand sans doute mais il appartient au gouvernement de la consacrer d’une manière plus éclatante en accordant à M. Guillon la décoration de la Légion d’honneur que je me fais un devoir de demander, attendu qu’il est à ma parfaite connaissance que les services qu’il a rendus lui méritent cette récompense nationale. P.S, je certifie que M. Guillon fut blessé d’un coup de feu au pied droit en pansant les blessés, ce qui n’empêcha pas de leur donner des soins. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet. Après la révolution il était chirurgien-major au 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Il signa un certificat en faveur de Guillaume, Henry, pour attester de ses blessures ; un autre certificat en faveur de Pillon, Pierre, Victor, pour attester des blessures que ce dernier avait reçues ; un certificat en faveur de Roger, Félix, Auguste, François pour attester qu’il avait été soigné à l’ambulance de la Bourse ; un autre en faveur de Vaillant, François, pour attester qu’il l’avait soigné. Il se porta témoin, devant la Commission des récompenses nationales de l’incident qui opposa Chèvre, Félix, Etienne (voir ce nom) à un homme, devenu subitement fou et qui voulait faire sauter un baril de poudre dans l’intérieur de la Bourse, où on confectionnait des cartouches et soignait des blessés. Il signa un certificat en faveur de Guilbert mademoiselle, Joséphine (voir ce nom), pour témoigner des soins qu’elle avait apportés aux blessés de l’ambulance. Il soigna aussi Ravet, René, blessé d’un coup de sabre à la main et au bras gauche. Il délivra un certificat à Lussan-Pelletier pour attester que ce dernier avait distribué plusieurs fois des vivres aux prisonniers de la Bourse dont il avait spécialement la charge. Il signa, le 13 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Almès, Amédée : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, membre de la Société de médecine pratique de la même ville et de plusieurs autres sociétés médicales, chirurgien du premier dispensaire de la Société philanthropique, ayant formé comme chirurgien-major dans la garde nationale parisienne l’ambulance de la Bourse, certifie que M. Almès, Amédée a été pansé à ladite ambulance, le 31 juillet au soir ; il avait reçu un coup de lance au coude gauche ; malgré la douleur qu’il éprouvait, ce brave jeune homme n’a pas discontinué son service. » Il délivra un certificat à Beury, Alexandre, Etienne, pour attester la blessure de ce dernière. Il signa un certificat en faveur de Guilbert mademoiselle, Joséphine (voir ce nom), pour témoigner des soins qu’elle avait apportés aux blessés de l’ambulance. Il délivra un certificat en faveur de Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne, qui attestait qu’elle avait « donné les soins les plus empressés et les plus affectueux aux blessés soignés à l’ambulance de la Bourse depuis le 28 juillet jusqu’au 10 octobre dernier. Le dévouement qu’a montré cette demoiselle est digne des plus grands éloges. Il lui mérite l’intérêt du gouvernement et la reconnaissance de nos concitoyens ». Il délivra le certificat suivant en faveur de Froelicher, Jean, Joseph : « Je, soussigné, chirurgien major de l’ambulance de la Bourse, atteste avoir pansé M. Froelicher pour un coup de feu qu’il a reçu aux pieds le 29 juillet au soir. Ce jeune homme est digne de la bienveillance de messieurs les commissaires. » Il signa, le 8 août 1831, le certificat médical suivant en faveur de Bonneville, Louis, Antoine : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien du premier dispensaire de la Société philanthropique et du 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale parisienne, ex-chirurgien en chef de l’ambulance de la Bourse, certifie que le nommé Bonneville, Louis, Antoine a été pansé à ladite ambulance depuis le 29 juillet jusqu’au 5 août. Il avait deux coups de sabre, l’un au menton et l’autre à la partie moyenne du pariétal gauche. » On lira avec beaucoup d’intérêt la Notice historique sur lambulance de la Bourse, touchant le docteur Delacoux, rédigée par Delacoux, Alexis, pour tenter de faire valoir ses propres droits à une récompense honorifique, et qui semble révéler de profondes dissensions entre les deux hommes. Il signé, le 25 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Jeanne, Eugène, Charles, Prosper : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien du premier dispensaire de la Société philanthropique de Paris, membre de la Société de médecine pratique, et ayant formé comme chirurgien-major attaché à la VIIIe légion de la garde nationale, l’ambulance de la Bourse, atteste que depuis le 29 juillet au soir Jeanne, Eugène, Charles, Prosper a été pansé à l’ambulance le plus ordinairement par moi. Il avait premièrement à la partie antérieure et supérieure de la cuisse droite un coup de baïonnette pénétrant à environs deux pouces de profondeur ; deuxièmement un coup de sabre sur l’index de la main droite pénétrant jusqu’à la gaine du tendon fléchisseur ; troisièmement un coup de feu à la partie supérieure et externe du bras droit, dirigé d’avant en arrière d’environ deux pouces de long et d’un demi-pouce de profondeur ; quatrièmement un second coup de feu, léger, en arrière de la malléole externe du pied droit. Ce brave jeune homme, malgré mes instances et la douleur qu’il ressentait n’a pas quitté le poste qui lui était confié. » Il signa, le 6 mars 1831, le certificat suivant en faveur de Lemarchand, François, Bernard : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien du premier dispensaire de la Société philanthropique, membre de plusieurs sociétés médicales, yant formé comme chirurgien-major du 1er bataillon de la VIIIe légion de la garde nationale parisienne, l’ambulance de la Bourse, certifie avoir soigné à ladite ambulance pendant l’espace d’environ un mois le nommé Lemarchand, François, scieur de pierres, et qu’il n’était point encore guéri lorsqu’il en est sorti. Cet homme avait reçu, en combattant à la Grève un coup de feu au pouce droit. » En date du 20 avril 1833, le Constitutionnel faisait paraître la lettre suivante du docteur Guillon, à l’occasion de l’exposition du nouveau tableau de Gosse sur la visite de la reine à l’ambulance de la Bourse le 25 août 1830 : « A M. le rédacteur du Constitutionnel,

»Monsieur,

»Puisqu’en rendant compte du tableau de M. Gosse, représentant la visite de la Reine et de sa famille à l’ambulance de la Bourse, vous avez rappelé le peu que j’ai fait pour les blessés, permettez-moi, je vous prie, de profiter de cette circonstance pour rectifier, par la voie de votre journal, une erreur grave que renferme le travail de la Commission de la souscription nationale, au sujet des dépenses de cette ambulance, erreur qui pourrait faire naître des soupçons injurieux sur les personnes qui ont donné avec autant de zèle que de désintéressement des soins aux victimes de notre mémorable révolution. L’ambulance de la Bourse n’a pas, comme il est dit, page 13 du compte-rendu que viennent de publier messieurs de la commission, coûté 2.764, 60 francs mais simplement 1.019, 40 francs, ce qui fait une différence en moins de 1.715,20 francs ; et cette différence vient de ce qu’on a fait figurer au nombre des dépenses de cette ambulance des sommes dont l’emploi lui est tout à fait étranger. Ces 1.019, 40 francs ont été employés à payer le pain, la viande de boucherie et les légumes, depuis le 3 août jusqu’au 10 octobre suivant. Permettez-moi encore de réparer l’oubli de MM. les commissaires du (ancien) IIe arrondissement et de signaler à la reconnaissance de nos concitoyens quelques personnes dont les noms devaient être inscrits dans leur rapport. Je citerai d’abord M. Davannne, changeur, passage des Panoramas, qui avec Mme Rivière, M. Legrand (voir ce nom), traiteur, et quelques autres personnes du quartier, ont nourri les blessés depuis le 29 juillet au matin jusqu’au 3 août, et qui, jusqu’à la fin n’ont pas discontinué de leur donner le vin, la volaille et une infinité de choses. Enfin, pendant les deux mois et demi qu’elle a duré, cette ambulance, où plusieurs centaines de blessés ont été soignés, a moins coûté à la mairie qu’à M. Davanne, dont la générosité ne s’est pas ralentie un seul instant. Comme les médicaments ont été fournis gratuitement par MM. Renard (voir ce nom) et Bughon (voir ce nom), pharmaciens, rue Vivienne, c’était peut-être un devoir pour MM. les rapporteurs d’en faire mention, surtout l’un d’eux étant aussi pharmacien. L’ambulance de la Bourse ayant été la plus considérable de toutes celles qui furent établies alors, MM. Delacoux (voir Delacoux, Alexis) et Schrimpton (voir Shrimpton, Charles), qui pansèrent comme moi les blessés, Mlle Le Pelletier (voir Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne), Mme Grosjean (voir Grosjean madame, Mathilde), Mlle Balzac (voir ce nom), qui leur prodiguaient les soins les plus touchants, méritaient également une mention honorable, ainsi que M. Rousseau-Leblanc (voir ce nom), pour les services qu’il avait rendus depuis le 29 juillet dans la soirée (vers 4 heures), où il vint à l’ambulance, jusqu’au 10 octobre, époque à laquelle les deux derniers blessés en sortirent. Je terminerai cette lettre en relevant encore une inexactitude de ce compte-rendu, où je figure comme membre de la commission médicale du (ancien) IIe arrondissement et lorsque je n’ai fait partie d’aucune de ces commissions. Je ne le pouvais, en effet, puisque dès le moment où j’établis l’ambulance au palais de la Bourse, jusqu’à la fin, je ne quittai que le moins possible les blessés auprès desquels je passai même plusieurs nuits. Aussi, à notre satisfaction à tous, n’avons-nous eu à déplorer la perte d’aucun d’eux, quoique nous ayons évité cinq amputations que quelques-uns de nos confrères avaient jugées nécessaires. J’ajouterai aux réflexions très justes que vous avez faites au sujet de M. Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), que l’asile qu’il avait donné aux blessés, lorsque M. le préfet de police d’alors voulait les évacuer sur les hôpitaux, suffisait pour lui mériter la place qu’il occupait dans le tableau de M. Gosse, où cependant il est remplacé par M. B... de R... [Baudesson de Richebourg, N.D.A] (voir ce nom) J’ai fait tous mes efforts pour déterminer l’artiste à l’y laisser ; mais, à mon grand chagrin, je n’ai pu y parvenir. » Guillon est en effet représenté dans le tableau de Gosse, exposé pour la première fois en 1833 et conservé au Musée du Carnavalet, Sa Majesté la Reine des Français visitant les blessés de Juillet à lambulance de la Bourse, le 25 août. Les Annales du Musée et de lEcole moderne des Beaux-Arts donnèrent, à l’occasion de sa première exposition, le commentaire explicatif suivant sur le tableau : « Tous les personnages, ainsi que tous les détails de ce tableau, sont historiques. En donnant ici un court récit de la scène qu’il représente, nous aurons fait connaître sa composition et les diverses figures que l’auteur a dû y faire entrer. “Après les mémorables journées de Juillet, dit M. Gosse dans la notice du livret, S.M. la reine, accompagnée de S.A.R. Mme Adélaïde, du prince de Joinville, des princesses Louise et Marie, et de Mme la marquise de Dolomieu, alla visiter l’ambulance établie à la Bourse dès les premiers jours des combats, et prodigua aux blessés et aux personnes qui leur donnaient leurs soins, des secours et des consolations.” La reine fut reçue par MM. Ruffin, greffier en chef du tribunal de commerce, Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), Richebourg (voir Baudesson de Richebourg), Novins (voir Novince, Pierre, François), Rousseau (voir Rousseau, Jean, Joseph), et un jeune Anglais nommé Schripton (voir Shrimpton, Charles), naturalisé français depuis la révolution de Juillet, et qui, pendant les trois jours, ne cessa de prodiguer ses soins aux blessés de la Bourse. Parmi ces blessés, on remarque Julien (voir Julien, Fortuné), vieux soldat de la garde impériale : c’est celui dont la reine prend la main ; M. Guillaume (voir Guillaume, Henri, François, Guillaume), cousin de M. le préfet de police ; il reçut vingt blessures ; M. le docteur Marc est auprès de lui. Viennent ensuite Hureaux (voir Hureau, Julien, Charles), près duquel est Mme Novins ; Gravey (voir Gravey, Thomas, Bernardin), cocher de cabriolet, et sa famille ; Brisset (voir Brisset, Jean, François), ciseleur ; Bouvier (voir Bouvier, Benoist, Marie), Chambron (voir Chambeiron, Pierre, Antoine), Séné (voir Séné, Adolphe, Louis, Baptiste), tous blessés, et les personnes qui ont pris une part plus ou moins active aux soins qui leur ont été donnés, et parmi lesquelles il faut principalement remarquer Mlle Pelletier (voir Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne), marchande de modes ; c’est elle qui est placée près de Mme la marquise de Dolomieu. Sur le premier plan, on remarque le nommé Marquet, garde royal ; et près du vieux Julien, M. le docteur Guillon (voir ce nom), médecin en chef de l’ambulance, à qui, la veille de l’arrivée de la reine, M. de Lafayette avait remis une médaille d’or. Dans le fond est le drapeau national, et une affiche aux trois couleurs portant ces mots : Aux braves blessés pour la patrie. Tels sont à peu près les nombreux personnages de cette riche composition que quelques personnes, par un esprit de parti plus qu’injuste et fort mal entendu, avaient d’abord sévèrement critiquée. Placé sous un faux jour lors du premier mois de l’exposition, ce tableau n’avait pu être sainement jugé : mais enfin, lorsqu’il a pu être offert aux regards des connaisseurs sous un jour favorable, il a été pleinement vengé de l’injuste rigueur des censeurs. Nous ne voulons pas dire cependant que toutes leurs critiques aient porté à faux. On a remarqué avec raison que l’ensemble du tableau, d’ailleurs bien composé, manquait de vigueur d’effet, principalement le côté droit ; que peu de figures avaient l’énergie d’expression que le sujet comportait. Excepté le soldat à qui la reine prend la main, l’opposant qui se couvre le visage de ses mains pour cacher son émotion à la vue d’une princesse dont la bonté le confond ; excepté encore la jeune femme en marmotte, la figure du jeune prince, et surtout celle de la reine des Français, dont les traits respirent la bonté et la compassion, presque tous les personnages de cette scène sont peu animés, peu expressifs, même la reine des Belges, dont l’artiste n’a fait, à bien dire, qu’un portrait hors d’œuvre. Toutefois, il faut convenir que donner l’expression convenable à une scène où la douleur physique et la satisfaction morale devaient se peindre sur les traits de nombreux personnages qui, étant tous historiques, devaient être tous ressemblants, était une tâche difficile à remplir, et que plus d’un des hommes de mérite qui ont critiqué le tableau de M. Gosse, ne l’aurait probablement pas accompli avec autant de bonheur que lui. » Il signa, le 16 septembre 1841, le certificat suivant en faveur de Davanne, Jean-Baptiste, Gabriel : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chevalier de la Légion d’honneur, chirurgien consultant du roi, certifie que M. Davanne, changeur dans les passage des Panoramas, a rendu aux blessés de l’ambulance de la Bourse, pendant les journées de Juillet et jusqu’à l’époque où je les ai évacués sur les hôpitaux, le 10 novembre 1830, les plus grands services, en leur faisant donner à ses frais la plus grande partie des aliments et le vin dont ils avaient besoin. Je l’ai vu, le 29 juillet, faire distribuer aux combattants une pièce de vin, qu’il avait fait transporter au palais de la Bourse. Il est également à ma connaissance que M. Davanne, dont la générosité était inépuisable, a aidé de sa bourse en 1830 et 1831, plusieurs de nos blessés de l’ambulance : aussi lui en ai-je exprimé ma reconnaissance et la leur dans une lettre qui a été insérée dans le Constitutionnel depuis cette époque. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 20 février 1839. Il mourut le 21 avril 1881. Il demeurait 40, rue Notre-Dame-des-Victoires en 1830 (cette adresse est confirmée par une apostille de la mairie) ; 33, rue Traversière-Saint-Honoré en 1830-1838 ; 18, rue Neuve-Saint-Augustin en 1843 ; 20, rue Neuve-Saint-Augustin en 1854. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 13 août 1830 ; Le Constitutionnel, 9 août 1830 ; Esquisse de quelques scènes de lintérieur de la Bourse pendant les journées des 28, 29, 30 et 31 juillet dernier, C.-F. Tricotel, Paris, 1830 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 259 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Benoît ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4 in dossier Beury, Alexandre, Etienne ; Archives de Paris VD6 172 n° 6, idem in dossier Delacoux, Alexis, idem in dossier Guilbert mademoiselle, Joséphine, idem in dossier Guillaume, Henri, François, Guillaume ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 et aussi dossier Guillaume, Henry, idem dossier Chèvre, Félix, Etienne, idem dossier Beauquesne, Jean-Baptiste, Martin ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Pillon, Pierre, Victor, in dossier Roger, Félix, Auguste, François, in dossier Vaillant, François ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Beury, Alexandre, Etienne ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusquau 31 mai 1833, idem pièce 3164 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1838, idem pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843, idem pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guillaume, Henry, François, Guillaume ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jeanne, Eugène, Charles, Prosper ; Archives nationales F/1dIII/63 in dossier Lemarchand, François, Bernard ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Froelicher, Jean, Joseph ; Archives nationales F/15/4240 in dossier Almès, Amédée ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Bonneville, Louis, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Davanne, Jean-Baptiste, Gabriel ; Archives de la préfecture de police AA 387 in dossier Dumoutier, Louis (pour lequel il signe un certificat attestant ses blessures et les soins qu’il avait reçus à l’ambulance de la Bourse) ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Ravet, René ; le Constitutionnel, 20 avril 1833 ; Annales du Musée et de lEcole moderne des Beaux-Arts, Landon, Salon de 1833, Paris, chez Pillet, 1833, pp.73-75 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1241/16.

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