Guillon Lethière, Auguste, Saint-Léger
Biographie
Né vers 1796 à Paris, fils du peintre Guillon Lethière, Guillaume, lui-même, fils de Guillon, Pierre, notaire à la Martinique, et de l’esclave Dupepaye, Marie, Françoise, et de van Zen, Zélie. Il sollicita de la Commission des récompenses nationales la Croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Lethière, Auguste, le 28 juillet 1830, s’est fait conduire par moi dans les faubourgs Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple, Saint-Antoine, Saint-Marceau, au Panthéon, pour faire porter les gens armés sur la place des Petits-Pères et exciter ceux qui n’avaient pas d’arme à dépaver les rues et se mettre en défense dans leurs maisons ; qu’en outre, arrivé à la place du Panthéon, il a été seul pour engager les officiers d’un bataillon du 3e à ne point faire feu sur le peuple et à fraterniser avec lui. Dans tous les faubourgs, la force militaire n’a pu l’empêcher de remplir ce devoir périlleux. » Signé le 22 août 1830 : Doutant, cocher de cabriolet, travaillant 75, rue Sainte-Anne chez Mme Vve Gilet. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le mercredi 28 juillet 1830, j’ai livré à M. Lethière Guillon, Auguste, Saint-Léger quatre livres de poudre qui me restaient pour mon usage ainsi que des balles, des capsules et des poires à poudre ; le tout pour distribuer à la garde nationale parisienne. » Signé, le 30 août 1830 : Baucheron-Permet, arquebusier, demeurant 64, rue de Richelieu. Le troisième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que M. Lethiers (sic), Auguste, fils du peintre du même nom, était à la tête d’un peloton marchant sur la caserne de Babylone et qu’il est de notoriété publique qu’il n’a pas cessé le mercredi 28 et le jeudi 29 d’exciter nos concitoyens à prendre les armes et de leur donner l’exemple. Son zèle a été infatigable. » Signé : Trianon, demeurant 63, rue Dauphine ; Candulier, demeurant 63, rue Dauphine ; Bugue, demeurant 58, rue Dauphine ; Constant, demeurant 63, rue Dauphine ; Ledoux, propriétaire à Marly ; Mancel. Le quatrième, ainsi rédigé : « Faubourg Saint-Germain, (ancien) Xe arrondissement. Je, soussigné, commandant d’un des corps qui ont combattu aux journées des 28 et 29 juillet 1830, certifie que M. Lethière, Auguste, âgé de trente-quatre ans, natif de Paris, département de la Seine, commandant de la garde nationale de Neuilly, s’est trouvé à la prise du poste de Saint-Thomas-d’Aquin ; de plus il s’est rendu en armes sur la place de l’Odéon pour faire partie de la colonne qui s’est dirigée sur le Louvre et les Tuileries. » Signé, le 21 août 1830 : Jacquin, J. (voir Jacquin, François, Thérèse, Justin). Le cinquième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, déclarons que le 30 juillet dernier un officier aide-de-camp se disant attaché à l’état-major du général Gerard est passé dans la matinée à la barrière du Roule, se rendant au château de Neuilly et qu’à son retour il a été assailli par une troupe d’hommes armés qui voulaient le tuer, le prenant pour un officier de l’ex-garde royale. Sa vie fut tellement en danger qu’un des hommes tenait la bride de son cheval, un second le tenait en joue et un troisième portait sur lui le bout d’un pistolet, lorsque M. Guillon Lethière, étant survenu, est parvenu, au péril de ses jours, à sauver la vie du susdit. Nous nous félicitons de pouvoir lui délivrer le présent certificat et de le compter au nombre des habitants de notre commune. » Signé, aux Ternes, le 19 août 1830 : Verzy fils, fourrier de la 3e compagnie des Ternes ; Convert, Ch., capitaine en retraite et adjudant-major dans la garde nationale ; Feuille, propriétaire, sergent-major dans la 3e compagnie ; Bussy, Charles (voir Bussy, Charles, François, Bernard ?), distillateur, sous-lieutenant de grenadiers aux Ternes ; Gut, sergent dans la 3e compagnie ; Boivin, caporal dans la 5e compagnie ; Bogelot, lieutenant et propriétaire aux Ternes n° 2 ; Larminois-Dutratre, caporal ; Doutre, receveur de l’octroi de Neuilly ; Lepallieur ; Courtefoy fils, simple grenadier ; Villemsens ; Nicolle, grenadier ; Nicolle, Félix, sergent chasseur ; Simon, grenadier ; Tamissier, chasseur ; Naguet, caporal ; Dumest ; Masson ; Guérin. Le sixième, ainsi rédigé : « Arrêté aux Ternes, près de la barrière du Roule, le 30 juillet vers 1 heure de l’après-midi, par quinze à vingt hommes armés, j’éprouve le besoin de déclarer ici que j’ai dû ma délivrance à l’intervention généreuse de M. Auguste Guillon Lethière, habitant de Villiers-la-Garenne. » Signé, le 26 août 1830 : Gérard, Louis, aide de camp du duc d’Orléans. Le septième, le reçu suivant : « Reçu de M. Auguste Lethière, deux chevaux, dont un noir du 1er cuirassiers et l’autre bai du 2e grenadiers. » Signé le 5 août 1830 : Duchême, maréchal des logis du général Lafayette. Le huitième, ainsi rédigé, à en-tête de la garde nationale de Paris, Hôtel de ville, le 2 août 1830 : « Le général commandant en chef invite M. Auguste Lethière, commandant un des postes de la garde nationale de Neuilly, à se rendre dans les bois de Versailles pour y ramasser les armes des soldats débandés. Il invite également le maire des communes qu’il traversera à lui prêter aide et protection. » Signé : Lafayette. Suivi de l’apostille suivante : « Les soussignés déclarent qu’ils faisaient partie de l’expédition de Rambouillet et qu’il est à leur connaissance que M. Lethière a rempli la mission qui lui avait été donnée par le général en chef et que les armes qu’il avait ramassées ont servi à armer les citoyens qui étaient partis de Paris sans fusil. » Signé : Lafayette, G., N., aide de camp du général en chef ; Andréossyre, A, aide de camp du général en chef. Le neuvième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avec le plus vif empressement que, pendant les trois glorieuses journées de Juillet auxquelles nous devons l’affranchissement de notre patrie, M. Auguste Lethière n’a laissé échapper aucune occasion de prouver son courage et son patriotisme. Dès le matin du mercredi, je l’ai vu venir un des premiers offrir ses services au général Lafayette, qui depuis longtemps connaissait ses sentiments patriotiques. Dans la matinée du jeudi, il a pris part à l’attaque du Louvre, à celle des Tuileries et a longtemps combattu dans la rue de Rohan. Enfin, il s’est montré partout où le danger était le plus grand. Enfin, il était à peu de distance de moi lorsque j’ai été blessé moi-même à l’attaque du Palais-Royal. » Signé le 25 août 1830 : Levasseur (voir Levasseur, André, Nicolas), colonel, aide de camp du général Lafayette. On trouve au ministère de la Guerre cette note le concernant : « Fils du célèbre peintre de ce nom, ancien militaire, commandant la garde nationale de Neuilly. Recommandé par MM. le général Lamarque, les comtes Delaborde, de Bondy, etc. A été nommé, le 25 octobre, agent comptable auxiliaire des subsistances militaires à l’Armée d’Afrique. » Il comparut devant le jury de la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis, le 10 février 1831, sous le numéro 329. Il demeurait à Villiers-la-Garenne, commune de Neuilly en 1830. Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, ministère de la Guerre, récompenses accordées pour les événements de juillet 1830, état nominatif des citoyens qui ont obtenu soit des emplois soit de l’avancement dans les deux services relatés ci-après.