Guillot, Jean
Biographie
Né vers 1768 à Talange (Moselle). Fondeur en cuivre ou orfèvre, il vendait, avec sa concubine, des légumes et des fruits aux environs de la halle. Il fut tué le 28 juillet rue Saint-Denis au coin de celle de la Ferronnerie ; il fut reconnu par des témoins, vers 14 h 30, « étendu, ayant près de lui une pique, et le ventre ouvert par une large blessure, qui leur a paru être l’effet d’un biscayen, blessure tellement grave qu’ils n’ont pas douté que le lieu où gisait le cadavre de ce défenseur de la liberté ne fût le lieu même où il avait été frappé ». Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 10 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Minet, Joseph (voir ce nom), né vers 1776, broyeur de couleurs, demeurant 49, rue Aubry-le-Boucher ; Mourot, Claude, né vers 1799, garçon boulanger, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Labussière, Gabriel, né vers 1786, demeurant 11, rue de la Ferronnerie. Ils affirmèrent avoir bien connu Guilliot, Jean et savoir qu’il « a perdu la vie, en combattant pour la liberté au mois de juillet 1830 ; qu’en effet le mercredi 28 dudit mois environ sur les 2 heures et demie du soir, ils l’ont vu, dans la rue Saint-Denis, au coin de la rue de la Ferronnerie, étendu, ayant près de lui une pique, et le ventre ouvert par une large blessure, qui leur a paru être l’effet d’un biscayen, blessure tellement grave qu’ils n’ont pas douté que le lieu où gisait le cadavre de ce défenseur de la liberté ne fût le lieu même où il avait été frappé ». Veuf de Honny, Augustine, il laissait un fils, François, Victor. Sa concubine, Doliget, Louise, Rosalie (mais Deliger, Rosalie in Archives nationales F/9/1157), née le 8 mars 1775 à Gonesse (Seine-et-Oise) (elle-même fille de Doliget, Louis, Nicolas, charretier, et de Barbier, Madeleine, son épouse), marchande à la halle, reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Cauete, menuisier, demeurant 19, rue de la Cossonnerie, attesta, en date du 28 août 1830, que Guilliot, Jean demeurait dans la maison dont il était principal locataire et qu’il s’y était toujours bien comporté. Le même Cauete faisait remonter la cohabitation à dix-sept ans et affirmait que Rosalie Doliget avait « toujours fait son devoir d’honnête femme et qu’ils se soutenaient mutuellement ». Le 28 avril 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Moulin, Jean, René, marchand de meubles, demeurant 21, rue de la Cossonnerie ; Ruedel, Antoine, tonnelier, demeurant 14, rue de la Cossonnerie ; Cauet, Nicolas, menuisier, demeurant 19, rue de la Cossonnerie ; Guillot, François, Victor, orfèvre, demeurant 21, rue de Bethisy. Ils affirmèrent que Doliget, Louise, Rosalie « quoique n’étant pas unie en mariage avec le sieur Jean Guiot (sic), fondeur en cuivre, tué le 28 juillet dernier en combattant dans la rue Saint-Denis, a néanmoins vécu avec lui pendant dix-sept ans et jusqu’au jour de sa mort et qu’elle a pris soin de son fils, François, Victor Guillot, qu’elle a élevé et qui lui-même signe (sans doute signe-t-il Guillot mais ce n’est pas sûr ce peut être Guilliot) le présent certificat comme témoin ». La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Il est exact que la femme Doliget (sic) vivait maritalement depuis huit ans avec Guillot. On n’a, à aucune autre époque, connu d’autres moyens d’existence à tous deux que le gain qu’ils faisaient en vendant des légumes et fruits aux environs de la halle. Leurs ressources étaient donc ainsi doublées mais aussi ils étaient deux. On ne fournit sur le compte de cette femme que des renseignements honorables à sa moralité. Elle occupe depuis fort longtemps un modeste réduit au 5e étage de la maison, pour le prix annuel de soixante francs. Jusqu’à présent elle a apporté l’ordre nécessaire dans ses affaires pour ne laisser aucune dette en souffrances mais elle n’est pas heureuse, loin de là. On s’intéresse à son sort parce que, dit-on, elle mérite quelques égards, autant par son âge que par l’embarras de sa position. » Elle se vit cependant refuser la pension, la cohabitation n’avait, semble-t-il, duré que huit ans, même si le témoignage du principal locataire parlait de dix-sept ans et malgré surtout le témoignage du fils, qui faisait lui aussi remonter cette cohabitation à dix-sept années et témoignait que c’était elle qui l’avait élevé. Son nom (J. Guillot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Guillot, Jean demeurait 19, rue de la Cossonnerie, un modeste réduit de soixante francs par an, au cinquième étage ; sa concubine à la même adresse en 1831. Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés (sous le nom de Guilliot, Jean) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats (sous le nom de Guilliot, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Xe arrondissement (sous le nom de Guilliot, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées (sous le nom de Guilliot, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/57 (sous le nom de Guilliot, Jean) ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après (sous le nom de Guilliot, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.