Guiot, Auguste

Biographie


Né vers 1804 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Docteur ès sciences à la faculté de Paris, professeur de mathématiques au collège de Montpellier (Hérault) en 1831. Il s’illustra à la Grève, au parvis Notre-Dame, au Louvre et dans les rues adjacentes. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa en effet, le 9 juillet 1831, la lettre suivante à cette Commission, et qui retraçait sa participation aux combats : « […] Dès le mercredi matin 28 juillet 1830, j’ai pris part aux combats engagés sur le quais voisins du quartier de la Cité, entre des ouvriers, pour la plupart imprimeurs, et des détachements de gendarmerie et de garde royale. J’ai contribué de tout mon pouvoir, tant par mon exemple que par mes paroles à soulever le quartier que j’habitais (je demeurais rue Chanoinesse n° 2, Cité). J’ai combattu une grande partie de l’après-midi et de la soirée du même jour dans les rues adjacentes à l’Hôtel de ville et je ne quittai ce champ de bataille que pour aller à la poudrière chercher avec deux ouvriers des munitions dont on manquait. Nous en trouvâmes hors la barrière, qu’on traînait dans une brouette. Le jeudi matin, mes armes m’ayant été enlevées avant mon réveil par un élève de l’Ecole polytechnique qui était venu ainsi que moi coucher chez mon cousin, Guiot, ancien élève de cette école (demeurant rue des Mathurins-Saint-Jacques n° 4) et qui n’était pas comme moi exténué de fatigue par la journée de la veille. Je me transportai néanmoins au Louvre, où je ne tardai pas à faire la conquête d’un fusil, en mettant un combattant dans l’alternative d’avancer au feu ou de céder son arme. Après la prise de ce monument, les combats étant à peu près terminés, je fus accosté par le concierge de la galerie des tableaux, qui me supplia de m’adjoindre à un autre combattant pour faire faction à sa porte et préserver du pillage ces précieux monuments publics. Je n’hésitai pas à me rendre à ses instances. Il eut la bonté de m’offrir, ainsi que sa femme, des rafraîchissements. Mon signalement est facile. J’étais en redingote d’été brune, fermée jusqu’en haut, je suis de petite taille, je porte des lunettes d’argent et le fusil avec lequel j’ai participé au siège du Louvre est une jolie carabine de gendarme, déposée actuellement chez mon oncle, M. Harel, rue de l’Arbre-Sec n° 50. Avant la publication de la première liste de décorés, je m’étais persuadé qu’elle ne comprendrait que le petit nombre de ceux qui s’étaient illustrés par des actions d’éclat. Lorsque cette liste est parvenue à Montpellier, j’ai adressé une réclamation, qui n’est parvenue qu’après la dissolution de la Commission du gouvernement. L’injustice dont sont victimes tous les citoyens dont les droits ont été méconnus est d’autant plus difficile à supporter qu’il existe à ma connaissance plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique qui ont reçu la décoration et dont le principal mérite est d’avoir montré leur uniforme dans la journée de jeudi, aux yeux de la multitude. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Guiot, Auguste, professeur de mathématiques au collège royal à Montpellier, s’est battu avec la plus grande bravoure dans les trois journées, que notamment dans la nuit du 28 au 29 juillet, il se trouvait dans la rue de la Vannerie et d’une allée où il se trouvait il a tué avec ses pistolets d’arçon, seule arme qu’il eût alors, deux lanciers qui passaient dans cette petite rue ; que le lendemain 29, avec une carabine enlevée à un gendarme et qu’il m’a vendue en partant pour Montpellier, il a combattu rue Saint-Honoré près la place du Palais-Royal. » Signé, le 2 août 1831 : Harel, fabricant de fourneaux économiques, demeurant 50, rue de l’Arbre-Sec, « honoré de la confiance de sa municipalité pour faire dans son quartier à domicile la quête pour les blessés de Juillet ». Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Picard, rentier, rue de Lille n° 78, certifie sur l’honneur que M. Auguste Guiot a pris les armes pendant les trois glorieuses journées de 1830 et que le mercredi 28 juillet vers midi, au moment où je venais avec un groupe d’ouvriers d’arborer les couleurs nationales sur les tours Notre-Dame, je le trouvais sur le parvis, armé de deux pistolets, qu’il se joignit à notre troupe se rendant à l’Hôtel de ville, tandis que je dirigeais les hommes non armés commençant alors à arriver de plusieurs côtés, dans les ateliers de M. Manceaux, rue des Ursins, où des armes de diverses espèces leur furent livrées à l’intérieur des magasins. On jeta par les fenêtres en masse particulièrement des lames de sabres. » Signé, le 25 juillet 1831 : Picard, demeurant 78, rue de Lille. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Etienne Seurat, pensionnaire de l’Etat, légionnaire des Cent-Jours, mutilé aux armées, certifie sur l’honneur que M. Guiot, Auguste, docteur ès sciences, actuellement professeur de mathématiques au collège royal à Montpellier, a pris à Paris une part très active aux succès des événements des trois grandes journées de juillet 1830 ; que je l’ai vu à l’affaire du pont d’Arcole et que pendant les glorieuses journées il a fait usage de ses armes et s’est fait remarquer par son zèle et son activité ainsi que par l’énergie de ses discours persuasifs et entraînants. » Signé, le 2 août 1831 : Seurat, Etienne, demeurant 15, quai de la Cité. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Moi, soussigné, Aimé Guiot, ancien élève de l’Ecole polytechnique, atteste sur l’honneur que Auguste Guiot, actuellement professeur de mathématiques au collège royal à Montpellier, a concouru activement au succès des 28 et 29 juillet 1830 ; qu’il est particulièrement à ma connaissance que le 28 il était en tirailleur pendant l’après-midi dans la rue des Prouvaires et que le 29 il a pris part à l’attaque du Louvre du côté de la colonnade. » Signé, le 2 août 1831 : Guiot, Aimé, demeurant 4, rue des Mathurins-Saint-Jacques, hôtel la Loire. Il donnait comme son correspondant à Paris, M. Picard demeurant 78, rue de Lille. Il demeurait 2, rue Chanoinesse en juillet 1830 ; à Montpellier en 1831. Archives de la préfecture de police AA 391.

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