Guistèle, Charles, Laurent, Symphorien

Biographie


Né vers 1800 à Saint-Quentin (Aisne). Ex-canonnier de la marine, bimbelotier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet le 21 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : […] A l’honneur de vous exposer que, le 23 février, animé de ce patriotisme qui honore le nom français, il descendit dans la rue Mauconseil vers 1 heure de l’après-midi, se joignit à une demi-compagnie de la Ve légion, qui parcourait cette rue sous le commandement d’un capitaine adjudant-major afin d’exciter tous les gardes nationaux à prendre les armes ; que sa présence dans les rangs, auxquels s’étaient joints aussi plusieurs de ses camarades, produisit l’effet qu’on devait en attendre, un moment après ils formaient une colonne de près de huit à dix mille citoyens ; qu’il faillit périr de ce dévouement avec quelques-uns de ses camarades dans la rue Rambuteau en face celle Mondétour, les cuirassiers, par une manœuvre adroite, leur avaient coupé la retraite et bloqué entre eux et un détachement du 15e léger ils ne doivent leur salut qu’au commandant de ce dernier régiment puisque le chef de l’escadron de cuirassiers avait ordonné à ses soldats de sabrer et la plupart d’entre eux avaient déjà la lame de leurs sabres appuyées contre leurs poitrines ; que le jeudi 24, se trouvant près de son épouse malade, à Belleville, il n’hésita pas à descendre dans Paris, malgré tous les obstacles que lui présentèrent de nombreuses barricades et la troupe qui était sous les armes il arrive enfin à la rue du Haut-Moulin de l’usine à gaz ; il se joignit à ses camarades qui essayaient de désarmer un peloton de troupe de ligne qui se trouvait dans cette rue. Ils y réussirent. Il s’empara d’un fusil, de douze cartouches et s’achemina sur le Palais-Royal, où il arriva à la même heure où il y était arrivé le 28 juillet 1830, la cause qui l’y amenait était la même, le danger également le même. Il tira ses douze coups de fusil sur le poste du Château-d’eau. N’ayant plus sur lui que de la poudre et des balles sans capsules, il se dirigea à la barricade de la rue du Coq, en face le Louvre, s’interposa entre ses camarades qui allaient faire feu sur un peloton de ligne qui demandait à se rendre. Il entra dans leurs rangs, leur demanda des cartouches et après avoir cherché partout dans leurs gibernes, n’en trouva que six. Il les distribua à ses camarades qui comme lui n’en n’avaient plus. Comme il faisait part à un soldat qu’il avait sur lui de la poudre et des balles, qu’il aurait besoin de trouver un fusil à pierre, ce militaire lui dit qu’il y en avait dans le poste. Lui ayant demandé comment il se faisait qu’il se trouvait des fusils à pierre parmi eux, il lui dit que dans leurs rangs il y avait des mouchards déguisés de leurs uniformes. Il lui dit même Faites attention, regardez-nous bien à la figure. Il s’empara d’un de ces fusils, qu’il a encore en ce moment en sa possession et qui est marqué à la crosse Ardouin 1re compagnie, 1re bataillon Ire légion. Ces faits, citoyens, ne sont portés à votre connaissance que dans le but de rendre publique l’action d’un brave citoyen, qui a toujours été et sera toujours un des défenseurs de la liberté et dans le but encore d’acquérir près de vous une estime bienveillante et la reconnaissance de son patriotisme et de son dévouement. » Il demeurait 166, rue Saint-Denis en 1831. Archives de la préfecture de police AA 391.

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