Guittard, Nicolas, Gilles
Biographie
Né le 1er mai 1797 à Moulin-la-Marche (Orne). Teinturier-dégraisseur. Il fut six fois blessé, dont quatre fois gravement, pendant les combats (mais lui-même écrit « deux blessures quoique non dangereuses »). Le 6 août 1830, il décrivait ainsi, au général Lafayette, sa participation aux combats de Juillet : « J’ai employé tout mon zèle et mon activité dans les malheureuses journées qui ont eu lieu dans notre capitale. Je me suis trouvé désarmé rue des Ecuries-d’Artois. Plusieurs coups de crosse m’ont été portés sur les reins, la journée du jeudi. Le vendredi, je désarmai deux brigands, allée des Veuves, Champs-Elysées, qui faisaient contribuer chaque individu au nom d’un général. Le sac d’argent dont ils étaient porteurs ainsi que leurs armes a été déposés à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. On a crié Aux armes ! lundi. J’ai fait partie de l’expédition de Rambouillet. Arrivé à Coignières avec mes compagnons d’armes, je fus placé en faction à la porte d’une …terie appartenant au maître de poste où était logé le général Pajol. J’y suis resté cinq heures quoique accablé par le nombre, je maintins autant qu’il m’a été possible le bon ordre. Je peux, quand il plaira au général le prouver par une attestation du maître de poste et c’est lui-même qui m’a relevé. Je n’ai plus quitté alors l’état-major. Je suis de retour à Paris. » Il sollicitait un emploi soit de garde portier dans un des établissements royaux soit une place de garde forestier à Moulin en Normandie. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était signé de Lothon, André, Charles (voir ce nom), élève de l’Ecole polytechnique, qui attestait que Guittard « s’est trouvé à l’attaque du Louvre et du Palais-Royal et qu’il a vaillamment combattu ». Le deuxième était signé du général Pajol (voir Pajol, Pierre), le 12 août 1830 et attestait que Guittard « s’est bien conduit dans l’expédition de Rambouillet et qu’il a bien exécuté ce que je lui ai ordonné ». Le troisième était ainsi rédigé par le maire du (ancien) Ier arrondissement : « Je […] certifie que le nommé Guitard (sic), Nicolas, Gilles, […] a arrêté, lui deuxième, deux hommes qui, dans la journée du 31 juillet dernier, arrêtaient les passants, le sabre à la main, dans les Champs-Elysées, et leur faisaient donner de l’argent. Ils ont amené à la mairie les deux hommes et l’argent qu’ils avaient reçu. » Le quatrième était un certificat signé du principal locataire de la maison qu’il habitait et ainsi rédigé : « […] Certifie qu’il occupe une chambre depuis quatre ans et qu’il s’est toujours bien comporté, que je n’ai aucun reproche à lui faire tant du côté de la probité que du côté de la conduite particulière, quoique infortuné et pas heureux il se conduit régulièrement bien. » En novembre 1830, il sollicita un secours, expliquant : « Un nouveau malheur est venu l’affliger ; une veste lui a été volée dans sa cour » ; elle était à égoutter dans la cour de son domicile et appartenait à M. Garson, marchand de vin, demeurant 2, rue du Faubourg-Montmartre ; Guittard avait à en payer le remplacement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de quarante francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de soixante francs en décembre, un secours de cent vingt francs en janvier 1831, soit un total de deux cent vingt francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet (par erreur sous le nom de Guitard sur les listes de la mairie, sur celles du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut (bien sous le nom de Guittard, Nicolas), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut nommé, en janvier 1831, garde forestier, au traitement de quatre cents francs par an. Envoyé à Chalais, commune de Voreppe (Isère) « sur le sommet d’une montagne, dans la neige jusqu’au cou pendant huit mois de l’année », il se plaignit de plus auprès du roi d’avoir été placé sous les ordres d’un garde champêtre qui voulait l’obliger à l’accompagner dans les hameaux voisins « pour contraindre les paisibles habitants d’aller à la messe le dimanche ». Guillard avait refusé et il s’en était suivi une querelle auprès de sa hiérarchie directe, bientôt tempérée par le soutien qu’il sut trouver auprès de supérieurs plus importants. Sans doute sur l’intervention du ministère de l’Intérieur, il fut bientôt déplacé vers Paris, où sans doute aussi un autre emploi lui fut trouvé. En 1831, devant l’aggravation de ses blessures, il sollicitait l’obtention d’une pension ; elle lui fut refusée, cette obtention relevant de la seule Commission des récompenses nationales, désormais dissoute. Il était, en 1831, marié et père d’un enfant de dix ans. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il prêta son serment de décoré le 16 juillet 1831 (par erreur parfois le 19 septembre) à la mairie de Voreppe (Isère) ; il reçut sa croix et son brevet le 10 octobre 1832, par procuration délivrée à Sonorin, Joachim, son beau-frère, marchand de couleurs (mais plus sûrement valet de chambre chez Mme la vicomtesse de Saint-Laurent, demeurant 6, rue Chantereine, dans la procuration qu’il signe in Archives de Paris VK3 45), demeurant 6, rue Chanteraine, qui ne savait pas signer. En 1844, il était garde-pêche à Stors, commune de l’Isle-Adam (Seine-et-Oise) et fut décoré de la médaille d’argent pour avoir « fait preuve de courage et de dévouement dans plusieurs incendies ». Guittard demeurait à Paris depuis 1820 ; 27, rue des Grésillons en 1826-1830 (par erreur 37, rue des Grésillons sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 3 ; par erreur toujours 27 bis, rue de la Bienfaisance in Archives nationales F/1dIII/34 ; par erreur toujours 37, rue des Grésillons in Archives de Paris VD6 92 liste des décorations etc. et in Archives nationales F/1dIII/39) ; à Voreppe (Isère) en 1831 ; à Stors, commune de l’Isle-Adam (Seine-et-Oise) en 1844. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Bordereau supplémentaire des sommes payées aux décorés de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 et de la lettre de M. le préfet de la Seine du 22 août dernier, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Guitard), idem Etat des blessés ou soi-disant tels dont les secours ont été discontinués ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 5, idem liasse 7 liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés (mais son nom y est rayé) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement (bien sous son nom de Guittard, Nicolas, Gilles) ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis le 17 novembre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien) (sous les noms de Guitard et de Guittard), idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/33, lettre de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 juin 1831, adressée au ministère de l’Intérieur (lettre qui rectifie son nom de Guittard) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe ; Annales forestières et métallurgiques, tome quatrième, 1845, Paris au Bureau des Annales forestières, 17, rue Servandoni, imprimé chez Beau à Saint-Germain-en-Laye, p. 231.