Guyonvernier, Jean-Baptiste dit Jean Blanc
Biographie
Né vers 1808. Il est répertorié (sous le numéro 243) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Son nom (toujours sous le numéro 243) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 13e de ligne. Il demeurait 18, rue du Clos à Besançon (Doubs) en 1830. Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, demandes de secours ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales et aussi Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom de Guyon Vernier, Jean-Baptiste dit Jean Blanc).
Guyot.
Entré comme maître timonier le 3 nivôse an III, licencié le 6 juin 1814 étant directeur des hôpitaux militaires ; il avait participé aux batailles d’Eylau, de Friedland, Tilsitt, etc., à la campagne d’Espagne, où à Taragonne, il avait par un coup de main hardi empêché la captivité de cent cinquante soldats. Il était porteur du certificat suivant qui attestait ses services militaires : « Je, soussigné, Alexis Bondurand, sous-intendant militaire, ancien commissaire ordonnateur en chef de l’armée de l’Aragon et de Catalogne, certifie que M. Guyot, ancien directeur des hôpitaux militaires, a été employé dans l’administration des hôpitaux de l’armée d’Aragon en Espagne, commandée par le maréchal Suchet, duc d’Albasera, depuis le 1er juillet 1810 jusqu’au 1er août 1813 et qu’il s’est constamment acquitté de ses fonctions avec zèle et intelligence. Je dois ajouter en faveur de cet employé que lors de l’évacuation de la place de Taragone par l’armée d’Aragon, il s’st offert volontairement pour accompagner par mer l’évacuation des blessés et malades, dirigés sur Barcelone et qu’ayant été pris presque à la sortie du port par l’escadre anglaise, il a su se soustraire à la vigilance de la croisière ennemie et qu’il est parvenu à entrer avec le convoi de blessés dont il était chargé dans le port de Barcelone malgré le feu d’un brick anglais qui s’était mis à sa poursuite et que les braves confiés à ses soins n’ont dû leur salut qu’à son intrépidité. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent, en témoignage du courage et du dévouement dont il a fait preuve en cette occasion. » Signé : baron de Bondurand, intendant militaire aux Invalides. La chronique de 1830 fit de nombreuses fois mention de sa participation aux combats : « Dans la journée de mercredi [27], au milieu des citoyens embusqués derrière les rues Saint-Germain-l’Auxerrois, de la Sonnerie et du Veau-qui-Tète, se trouvait un jeune homme des faubourgs, porteur d’un bon fusil, dont il ne savait pas se servir ; un vétéran de l’ancienne armée le prie de lui prêter son arme, pour quelques instants ; il s’embusque derrière la borne du café Secrétain ; tout à coup une colonne de Suisses débouche sur la place du Châtelet ; notre brave fait feu, un Suisse tombe, toute la colonne tire sur lui ; alors il se retranche derrière la maison, recharge son arme, revient derrière la borne et tire son second coup, avec autant de bonheur que le premier. Malgré la grêle de balles que l’on fait pleuvoir sur eux, les autres habitants armés, au nombre d’environ cinquante, en font autant. La colonne suisse fait demi-tour et se replie en désordre, laissant la place couverte des siens. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « je, soussigné, certifie que M. Guyot, ancien directeur des hôpitaux militaires, est constamment resté dehors pendant les trois journées des 27, 28 et 29 juillet, après avoir recommandé ses enfants à la sauvegarde des personnes de la maison, et qu’il est venu à ma connaissance qu’il s’est conduit avec honneur et courage pendant les trois journées. De plus, je certifie que depuis six années que le sieur Guyot demeure dans ma maison rue du Ponceau n° 15 et 17, que mes rapports avec lui me l’ont fait connaître comme un excellent citoyen et considérer comme un bon père de famille. » Dupès, propriétaire. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie et déclare que, dans la journée du mercredi 28 juillet, j’ai rencontré M. Guyot, ancien directeur des hôpitaux militaires, au bas de la rue Saint-Denis, parmi les rangs des défenseurs de nos libertés et qu’il avait en ce moment la main gauche toute ensanglantée d’une légère blessure qu’il venait de recevoir à l’instant même en se battant contre les Suisses à la place du Châtelet. J’ajouterai qu’ayant fait les campagnes de Saint-Domingue, de Prusse et de Pologne avec M. Guyot je l’ai toujours connu pour un homme d’honneur, incapable d’en imposer. » Signé, le 25 septembre 1830 : Godard, capitaine en premier des grenadiers du 1er bataillon de la IVe légion, demeurant 20, rue de la Cossonnerie. Guyot reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Guyot demeurait 15-17, rue du Ponceau en 1825-1831. Le Globe, 3 août 1830 ; La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 27 juillet-2 août 1830 ; Le National, 3 août 1830 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830 p. 126-127 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 122-123 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 107-109 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 107 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 161-162 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 16-17. L’Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 78 relate différemment sa participation aux combats : « Un brave de nos vieilles armées emprunte un fusil pour quelques instants, s’embusque derrière la borne du café Serlin. Tout à coup une colonne de Suisses débouche sur la place du Châtelet ; ce brave ajuste, le coup part, et un Suisse tombe ; toute la colonne fait feu sur lui. Alors il se retranche derrière la maison, recharge son arme, revient derrière la borne, et tire un second coup, et renverse un autre soldat ; malgré la grêle de balles dirigée de ce côté, environ soixante bourgeois imitent son exemple, et tirent. Les Suisses épouvantés font demi-tour et se replient en désordre, laissant la place couverte de morts. » La Quinzaine mémorable. Evénements arrivés à Paris du 26 juillet au 9 août 1830, avec la nouvelle charte constitutionnelle adoptée le 7 août ; ouvrage dans lequel on trouvera de nombreux faits avérés mais peu connus, Simon Blocquel, Paris, Delarue, s.d. p 76-77 ; Révolution française ou journées sanglantes des 27, 28 et 29 juillet 1830, César Gardeton, Paris, Chassaignon 1830, p. 17-18 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 391 (classé sous le nom de Guiot). sûrement Guyot, Jean, Edmond ? même arrondissement et même rue en tout cas…