Habert, Albert, Louis

Biographie


Né le 8 décembre 1796 à Sancerre (Cher). Pharmacien en 1824 et demeurant dans la même maison que la veuve de Marat, Evrard, Simonne, née vers janvier 1864 à Tournus-Saint-André (Saône-et-Loire), il signa (sous lidentité de Habert, Alban, Louis) son certificat de décès en date du 24 février 1824. Il fit partie avec Gréau Anne Louis, Girot Joseph Marie, Adam Jean Etienne, Lucin Jean Etienne, Bompierre Sébastien François, Dubois Alexis Hippolyte, Lesieur Jacques Marie, Beaucé Pierre, Soucherat François Hippolyte, André Paul, Schwaertzel Jérôme, Provenchère Louis Joseph, des treize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IXe. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demanda à son égard l’ajournement de toute décision en raison de « faits faux » qu’il avait avancés. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il sollicita d’être compris dans le service de sous-surveillance des orphelins de Juillet, précisant : « Quelle que soit la modicité des émoluments attachés à la place que je sollicite, il me semble y avoir quelques droits et j’y attache d’autant plus de prix que ma petite famille déjà nombreuse s’accroît encore à mesure que les chances du commerce diminuent. » Le ministre lui répondit que son nom serait présenté sur la liste des propositions. Le 19 août 1831, il apostilla ainsi une demande dans laquelle Luquet, Jean s’enquérait du progrès de ses démarches auprès de la Commission de la souscription nationale : « Je recommande de toutes mes forces à la Commission de la souscription nationale la demande ci-contre. Je connais depuis très longtemps la famille Luquet ; elle est digne, par sa conduite, sa moralité et sa misère, de tout intérêt. Il m’est particulièrement démontré que l’état épileptique du réclamant, état encore empiré par suite des événements de Juillet, le rend tout à fait incapable d’aucun travail continu. La famille Luquet est inscrite au contrôle des indigents du bureau de charité. » Il signa, comme « décoré de Juillet, officier du conseil de discipline », le certificat suivant délivré en faveur de Lambert, Joseph : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité que le nommé Joseph Lambert, né à Phalsbourg, ex-soldat au 52e de ligne, maintenant tourneur en cuivre, quai de la Cité n° 29, a pris les armes le 27 juillet 1830 et que jusqu’au 30 suivant il a constamment combattu sans interruption, qu’il s’est trouvé à la prise de la Grève, du Louvre et Palais-Royal, rue de Rohan et a été à Rambouillet. Et son exemple a contribué à renversé les soutiens du despotisme. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Le 5 septembre 1836, il envoyait au comte Montalivet le récapitulatif suivant des services qu’il avait rendus et qui pouvaient, lui semblait-il, lui mériter la décoration de la Légion d’honneur : « Vous avez eu la bonté de me demander mes titres à la demande que j’ai pris la liberté de vous faire de vive voix, ce soir, à l’effet d’obtenir la croix de la Légion d’honneur. Je m’empresse de vous les faire parvenir à la hâte. Les voici. Ils datent des journées de Juillet. A cette époque, non content d’avoir exposé ma tête de père de famille au terrible enjeu des barricades, vous savez que j’employais l’influence que cette conduite m’avait donnée pour faire surgir un ordre admirable du plus grand des désordres et que notamment le palais de justice et l’Hôtel de ville durent leur conservation à mes efforts. Nommé immédiatement membre de la Commission des récompenses nationales, je livrais à ce travail ingrat et difficile plus d’une année d’un temps bien précieux. Membre du conseil de recensement pour la garde nationale, le pays entier et le gouvernement de Juillet doivent nous savoir gré d’avoir pu, malgré de nombreuses difficultés, organiser cette belle et glorieuse garde, palladium de nos libertés. Quand éclata sur notre cité le terrible fléau du choléra morbus, je trouvai encore assez de loisir, assez de dévouement pour accepter les fonctions de secrétaire de la Commission de salubrité et dans la plus grande intensité de l’épidémie, seul, je restai chargé de la direction du poste sanitaire, seul, je restai au poste quand mes collègues gisaient dans leur lit ; mon quartier fut décimé par la mortalité. Depuis plus de six années, membre du bureau de bienfaisance du quartier, je m’en trouve être le plus ancien, maintenant. Trois comités pour l’instruction primaire ont été successivement organisés depuis la révolution de Juillet : j’ai été appelé à tous les trois et je suis le doyen de celui qui existe aujourd’hui. A ces titres, j’en pourrais ajouter d’autres encore ; qu’il me suffise pour corollaire de vous rappeler qu’aux dernières élections municipales, j’ai eu l’honneur d’être présent comme candidat aux fonctions de maire et d’adjoints de la ville de Paris. De toutes les fonctions que j’ai exercées, quelques-unes, les principales, ressortent de votre ministère, la plupart n’a pas été ni sans danger ni sans importance, toutes ont été gratuites et remplies au détriment de mes propres intérêts, toutes vous ont été certifiées par une autorité compétente, M. le maire du (ancien) IXe arrondissement, et sanctionnées pour ainsi dire par les suffrages de mes concitoyens. Je viens, monsieur le comte, vous demander aussi votre approbation et un témoignage de votre estime ; vous ne me les refuserez pas. Agréez, etc. » Habert demeurait 33, rue de la Barillerie (par erreur 23, rue de la Barillerie in Archives de Paris VD6 482 n° 3 et idem VD6 3) en 1824-1836 ; 25, rue de la Barillerie en 1855. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Luquet, Jean ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/15/2554 réponses diverses ; Archives nationales F/15/2556 dossier Habert ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives nationales F/1dIV/H/1, récompenses honorifiques ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Réfutation de lHistoire des Girondins, Constant Hilbey, Paris, chez tous les libraires, 1847, p. 62 ; Annuaire général du commerce et de lindustrie, Paris, 1855, p. 252. Il nest pas dans la base leonore de la Légion dhonneur...

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