Hallard, Jean

Biographie


Né vers 1791. Ancien militaire ayant servi treize années dans les hussards de la vieille armée, devenu cocher. Il se fit prêter un fusil de munition par Bertrand (chef de bureau, 18, rue d’Enghien et qui demeurait 173, rue Saint-Denis) le 28 juillet. Il combattit pendant deux jours rue et boulevard Saint-Denis, en compagnie de Max, May ou Mas puis rue Charles-X. Le 29, en compagnie de Maingot, il participa à la prise du Louvre puis entra avec lui au Carrousel et combattit dans la rue Saint-Honoré. Il fut tué au coin de la rue de Richelieu, sans doute rue de Valois-Batave ou rue de Rohan, de deux coups de feu, l’un qui lui traversa la poitrine du côté gauche et l’autre qui l’atteignit à la tête. Il fut transporté mort sur une civière. Il était porteur de sa médaille de cocher. Sa famille reçut (sous le nom dAllard) un secours de quinze francs sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le 15 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Muller, Edouard, peintre en bâtiment, demeurant 4, rue Bailleul ; Martin, Pierre, coiffeur, demeurant 9, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré ; Thomas, Louis, frotteur, demeurant 122, rue Saint-Honoré. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Hallard, Jean et savoir « qu’il a été tué le jeudi 29 juillet 1830 à 1 heure de relevée, rue de Valois-Batave, de deux coups de feu dont un à la tête et l’autre à l’estomac, reçus dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque ». on trouve plusieurs certificats dans son dossier. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Hallard, Jean s’est battu pendant deux jours avec moi rue et boulevard Saint-Denis et au Louvre, où nous nous sommes trouvés dispersés par l’engagement du feu. » Signé, le 10 août 1830 : Max ou May ou Mas. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que je suis parti le jeudi 29 juillet avec M. Hallard ; que nous nous sommes battus à la prise du Louvre ; que nous sommes entrés ensuite au Carrousel et dans la rue Saint-Honoré ; que ledit Hallard est tombé au coin de la rue de Richelieu ; qu’ayant continué à combattre je ne l’ai pas revu. » Signé, le 10 août 1830 : Maingot (voir ce nom), demeurant 9, cul-de-sac de la Boule-Rouge dans le faubourg Montmartre. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le 29 juillet 1830 sortant des Tuileries j’ai reconnu le nommé Jean Hallard ; comme étant de la même profession de cocher de place, nous trouvant souvent ensemble, c’est ce qui me l’a fait reconnaître malgré les deux coups de feu qu’il avait reçus dont un à la tête et l’autre à la poitrine. Il était déposé sur une table, près la rue Richelieu. L’ayant vu et reconnu, je peux attester le fait. » Signé, le 29 août 1830 : Boisseau, Polidor, cocher n° 521 médaillé n° 623. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Hallard, ancien militaire ayant servi treize ans dans les hussards de notre ancienne armée et cocher de son état, était mon ami ; qu’il est venu me voir le jeudi 29 juillet vers les 11 heures du matin ; qu’il était armé d’un fusil de munition et avait plein ses poches de cartouches ; qu’il m’a annoncé que la victoire était à nous ; qu’il s’était battu vaillamment la veille rue de Charles-X ; sur quoi, je l’ai fait monter chez moi pour se rafraîchir. Il n’a pas resté plus de cinq minutes, il est reparti de suite très joyeusement pour se battre au Louvre et enfin arrivé rue Saint-Honoré il a succombé près la rue de Rohan, percé de plusieurs balles. Il était porteur de sa médaille de cocher. Quelqu’un nous a assuré l’avoir vu mort sur la place et il n’a plus reparu. » Signé, le 4 août 1830 : Lebidois, propriétaire, demeurant 9, rue Tirechappe. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie, Bertrand, chef du bureau E, rue d’Enghien n° 18, que le nommé Hallard, ancien cocher et facteur audit bureau E, que je lui ai prêté un fusil le mercredi 28 juillet 1830 et que depuis je ne l’ai vu ni entendu parler. » Signé, le 4 août 1830 : Bertrand, demeurant 173, rue Saint-Denis. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le nommé Jean Hallard, ancien cocher, mort au coin de la rue de Richelieu, le jeudi 29 juillet dernier entre 2 et 3 heures de relevée. Il a reçu une balle qui lui a percé le sein gauche ; il a été transporté mort sur un brancard. » Signé, le 25 août 1830 : Maynier illisible, principal locataire de la maison du 17, rue du Rochoiard illisible. Il laissait une veuve, Lan, Marie, Angélique, Ursule, née le 21 vendémiaire an IX (mais le 21 vendémiaire an XI in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Morfontaine (Aisne) (elle-même fille de Lan, Jean-Baptiste, charpentier, et de Demarcy, Elisabeth), culottière, qu’il avait épousée le 5 août 1826 à la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, et qui fut pensionnée de cinq cents francs. Il n’avait pas d’enfant. Et pourtant Hallard, Jean, Charles reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre d’orphelin de Juillet ; il était journalier en 1851. Il demeurait 15, quai d’Orsay (plusieurs fois dont sa veuve en 1831 in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) au Gros-Caillou ou 9, rue de la Boule-Rouge depuis neuf mois, selon une attestation de Dulong, principal locataire, en date du 19 août 1830 ; Hallard, Jean, Charles, 90, grand-rue de Paris à Saint-Denis en 1849-1851. Le nom d’Hallard (J. Hallard) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel (sous le nom dAllard) ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 7 (sous le nom dAllard) ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 7 (sous le nom dAllard) ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 13 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de juillet 1830, en date du 24 juin 1851, minutes 189-190 (sous le nom de Allard, Jean, Charles) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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