Hamelin, Pierre, Louis, Joseph, Michel, Ange
Biographie
Né le 3 octobre 1783 à Caen (Calvados). Ancien cuirassier au 2e régiment, devenu propriétaire et raffineur de sucre 4 bd, Saint-Jacques (l’adresse est in Archives nationales F/1dIII/74 mais 4, bd de la Santé in Archives de Paris VK3 34). Le National, en date du 19 août 1830, relata à son sujet : « Parmi les citoyens qui se sont distingués dans les derniers événements, nous citons avec plaisir M. Pierre Hamelin, qui, après avoir, les 27 et 28 juillet, maintenu, par son influence et son zèle, le plus grand ordre dans la mairie du douzième arrondissement, a pris une part active au combat de la place de Grève, en se postant, avec quelques braves, dans la maison du n° 1, qui forme le coin de cette place et du quai. M. Jules Tardieu a, par son courage et son sang-froid, contribué, le 28 juillet, à la prise de la caserne des Suisses. MM. Cointel et Boni, jeunes médecins, n’ont posé leurs armes que pour donner aux blessés les secours de leur art. » Il était aux côtés de Rouzée, le 28 juillet au soir, et participait avec lui à l’attaque de l’hôtel de ville, depuis l’arcade Saint-Jean, pour forcer le passage et s’emparer de l’hôtel de ville par les derrières du bâtiment, quand Rouzée tomba blessé d’un coup de feu à la jambe. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 29 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le lundi, était à Saint-Maur, où il a dit à d’anciens militaires Voilà le moment, il faut nous rendre à Paris. Il rencontra le baron Seguier, eut une conversation avec lui et lui dit Le peuple tiendra. A la Bourse, emporta un blessé ; à la rue de Richelieu ; à la place Saint-Michel ; dans un café, reconnu un espion, le mit à la porte du café à coups de pieds. Se rendit à la mairie du (ancien) XIIe. Se rendit le 28 à l’assemblée de la mairie. Il fut envoyé avec M. Cochin mais ne put parvenir à la préfecture. Après avoir armé le peuple à la mairie, fut combattre à la Grève jusqu’au soir qu’il fut de poste lui second à la mairie jusqu’à minuit que le général Jorry (voir Jorry, Sébastien, Louis, Gabriel) vint l’envoyer changer le mot d’ordre. Au bas de la rue Mouffetard, a rencontré un homme qui se disait garde national de Saint-Mandé, l’a désarmé et conduit au poste de la rue Mouffetard. Le mercredi vers 3 heures après-midi, a arboré le drapeau tricolore à la mairie d’après l’ordre écrit de M. de Lanneau. » Dans la mention écrite sur les délibérations du jury au sujet de Post, Théodore, Joseph, il est dit que ce dernier, le 28 juillet vers 9 heures du soir, lui confia les clés de la mairie (où de la poudre enlevée avait été stockée). Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 29 mars 1831, à dix voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Hamelin, Louis, Joseph, Michel sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il signa, 6 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Rouzée, Alexandre, Balthazar, François : « Je, soussigné, Pierre Hamelin, ancien cuirassier au 2e régiment, actuellement propriétaire et raffineur boulevard Saint-Jacques n° 4, à Paris, certifie que le sieur Alexandre, François Rouzée, homme de lettres et correcteur-typographe, décédé à l’Hôtel-Dieu le 31 août dernier, a été blessé à mes côtés, d’un coup de feu à la jambe droite, le 28 juillet à l’attaque de l’Hôtel de ville, après avoir longtemps combattu très près des troupes royales, puisqu’il était monté sur l’égout qui est auprès de l’arcade Saint-Jean. M. Rouzée faisait, ainsi que moi, partie du détachement qui cherchait à forcer ce passage pour s’emparer de l’Hôtel de ville par les derrières de ce bâtiment. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut l’initiateur, avec Vayron, d’une « pétition tendant à procurer promptement des emplois aux hommes de Juillet », et qui fut adressée au président et membres de la Chambre des députés. Cette pétition était ainsi rédigée : « Nous soussignés, F. B. Vayron, capitaine de voltigeurs au premier bataillon de la douzième légion, et P. Hamelin, grenadier au deuxième bataillon de la même légion, avons l’honneur d’adresser respectueusement à la Chambre des députés une demande que nous espérons voir accueillir avec bienveillance. Comme ayant pris une part active à la révolution de Juillet, nous croyons pouvoir solliciter l’aide et l’appui du Gouvernement, non pour nous-mêmes, mais pour nos frères qui, après avoir fait preuve d’un courage et d’un dévouement admirables, se trouvent dans la position la plus pénible et dans un dénuement complet.
»Nous avons pensé que le zèle des patriotes ne pourrait être plus utilement employé qu’à garantir le pays des tentatives du carlisme, et à compléter ainsi la mission que, dans les trois grandes journées, ils ont reçue de leur amour pour la patrie. En conséquence, nous proposons que les hommes de Juillet soient utilisés comme garde-côtes ou autres emplois militaires, et distribués dans les départements où ils pourraient le plus avantageusement surveiller les mouvements partisans de la dynastie déchue. Ceux qui se seraient plus particulièrement distingués par leur conduite seraient choisis de préférence pour profiter des nombreuses mutations qui se font annuellement dans les eaux et forêts, les douanes et les octrois.
»Nous laissons à la Chambre le soin d’apprécier combien il est juste et urgent, dans les circonstances actuelles, de donner de donner de l’emploi à des hommes qui ont si bien mérité de la Patrie.
»Nous avons l’honneur d’être, en attendant un résultat digne de votre sage patriotisme, Messieurs les députés, vos respectueux serviteurs, signé P. Hamelin, F. B. Vayron. » Il demeurait 4 bd, Saint-Jacques en 1830 (in Archives nationales F/1dIII/74) ; 4, bd de la Santé en 1831 (in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 17, in Archives de Paris VK3 34). Le National, 19 août 1830 (sous le nom de Hamelin, Pierre) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le seul nom d’Hamelin) ; Archives de Paris VK3 17, deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement (où il est indiqué ajourné) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 29 mars 1831, idem en date du 18 avril 1831, la mention de Post, Théodore, Joseph ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Rouzée, Alexandre, Balthazar, François ; A MM. les présidents et membres de la Chambre des députés, pétition tendant à procurer promptement des emplois aux hommes de Juillet, Vayron et Hamelin, imprimerie Lebègue, rue des Noyers, n° 8 (sous le nom de Hamelin, P.).