Hapel, Félix

Biographie


Né le 25 nivôse an XII à Bonnétable (Sarthe). Commis peaussier, chez Edelinne, 11, rue Traînée. Il fut d’abord, le 29 juillet, blessé à la main rue Saint-Honoré près de l’église Saint-Roch mais ne voulut pas cesser de combattre ; il fut ensuite atteint, rue des Frondeurs, de deux coups de feu, dont un lui cassa le poignet et l’autre lui transperça la poitrine. Transporté rue d’Argenteuil, n° 7, il expira peu d’instants après. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le certificat suivant, établi pour la Commission d’enquête, établissaient ainsi les circonstances de son décès : « Les soussignés, certifient et attestent que le sieur Hapel, Félix, commis peaussier chez M. Edelinne, rue Traînée n° 11, s’est rangé parmi les braves et a vaillamment combattu pendant les journées immortelles des 27, 28 et 29 juillet dernier, jour où il est glorieusement mort pour la défense de la liberté, dans la rue Saint-Honoré près Saint-Roch ; d’abord blessé à la main, il n’a pas cessé de combattre ; enfin, atteint par deux coups de feu dont lui a traversé le poignet et l’autre la poitrine il a expiré. » Signé, le 20 août 1830 : Rossignol ; Edelinne, peaussier, demeurant 11, rue Traînée. Le 28 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Elie, Lucien, né vers 1801, marchand de nouveautés, demeurant 35, rue des Petits-Carreaux ; Rossignol, Eloi, né vers 1795, marchand de peaux, demeurant 24, rue Montorgueil. Ils attestèrent que Hapel, Félix s’était « battu dans les journées de juillet dernier et que le 29 du même mois il a d’abord reçu deux coups de feu, dont le dernier lui cassa le poignet ; qu’enfin il en reçut un troisième, rue des Frondeurs, à la suite duquel il fut transporté rue d’Argenteuil n° 7, et dont il expira peu d’instants après ». Il laissait des parents, les époux, Hapel, François, Jacques, Charles, né le 1er mai 1777 à Argentan (Orne), et Rouvin, Rose, Scolastique, Joséphine, née le 6 avril 1781 au Mans (Sarthe). Ils s’étaient mariés le 7 germinal an IX au Mans ; sur l’acte de mariage, Hapel, François, Jacques, Charles est indiqué comme fils de Hapel, Jacques, et de Vauches, Léonore (mais Vauchelle, Léonore dans l’acte de naissance de Hapel, François, Jacques, Charles) ; Rouvin, Rose, Scolastique, Joséphine est indiquée comme fille de feu Rouvin, Joseph, François et de Pommiers, Rose, Anne, Renée. Le 10 avril 1831, Vauchelle-Longchamp, Louis, Stanislas, chirurgien au Mans, délivrait un certificat comme quoi « Hapel, François, Jacques, Charles, horloger en cette ville, âgé de cinquante-quatre ans, est dans l’impossibilité depuis quelques années de travailler à l’horlogerie par la grande faiblesse de sa vue. Hapel, ayant en juillet dernier ses quatre fils à Paris, est huit jours sans recevoir de leurs nouvelles après nos mémorables journées. Pendant ces huit jours, point de sommeil, douleurs vives au front et sur les yeux ; c’est dans cet état qu’il apprend que Félix, l’un de ses fils, a été tué dans le combat du 28. Cette nouvelle et les douleurs sus-indiquées achèvent de détruire sa vue, ce que j’affirme être la vérité. » Le maire de la ville ajoutait en apostille que Hapel, François, Jacques, Charles « ne pouvant plus exercer son état, se trouve sans aucun moyen d’existence ». Le même chirurgien Vauchelle avait déjà délivré un certificat à peu près identique en date du 20 octobre 1830. Les parents reçurent un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel puis qui furent pensionnés de deux cents francs. Son nom (Hapel dit Lacroix, commis peaussier, tué rue d’Argenteuil, dont le père demeurait à la halle aux cuirs au Mans) est pourtant sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il demeurait 11, rue Traînée (mais rue de la Poterie à la halle aux draps in Archives de Paris DM13 1) ; ses parents, à la halle aux cuirs au Mans (Sarthe) en 1831. Le nom d’Hapel (F. Hapel) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des ascendants ayant droit à une pension (cité deux fois sur la liste) ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 70 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Lacroix, Hapel) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des morts, pensions ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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