Hardy

Biographie


Maître de l’Hôtel de Rennes, 23, rue des Deux-Ecus. Combattant de Juillet, il ne fut pas porté sur les listes de décorés, la Commission des récompenses nationales ayant perdu ses pièces. En 1831, dans une lettre adressée au roi, et dans laquelle il sollicitait le rétablissement de ses droits, il présentait des certificats signés de très nombreuses personnes et qui récapitulaient sa participation aux événements de juillet. Hardy et ses deux fils étaient sortis dans les premiers pour courir aux armes, le mercredi 28 juillet, le père en grande tenue de sapeur de la garde nationale. « Mme Fessard, son épouse (!!! vérifier la qualité dépouse…) qui, les larmes aux yeux, leur présentait leurs armes, […] leur assurait qu’ils devaient être tranquilles, qu’elle avait autant de courage qu’eux pour garder sa maison. » Puis « Hardy s’est rendu à la mairie du IVe arrondissement. Là, réuni à ses braves camarades, il s’est dirigé rue des Prouvaires où le feu du 15e de ligne a fait tant de victimes. Echappé au carnage, il a dirigé ses pas, avec la IVe légion, sur la place du Louvre puis dans la rue de l’Oratoire dont il a contribué à prendre le poste. Ensuite sa légion a été s’emparer du poste de la Banque de France, où se trouvaient des gendarmes, des Suisses et de la ligne. Prisonnier dans sa conquête, il a été obligé d’y rester enfermé depuis 1 heure jusqu’à 5 heures, de repousser par le feu le feu des troupes royales mais sans rendre ni le poste ni les armes. Le même jour, vers 6 heures du soir, il a été nommé spontanément chef du poste de la Halle au blé et a contribué tant par ses exhortations que par ses actions à la formation des barricades qui servaient de retranchement du côté de la rue Saint-Honoré. Le matin, il avait armé six personnes de son hôtel. Le jeudi, aussitôt que le signal du combat fut donné, fidèle à son devoir, il vint au Palais-Royal ; mais ici le spectacle change, le nombre prodigieux des blessés, le nombre toujours croissant des assaillants lui font préférer un rôle non moins honorable. C’est M. Hardy qui, au péril de sa vie, enlevait du champ de bataille les blessés après le premier pansement, soit sur l’endroit même soit de l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, pour les conduire ensuite dans les hôpitaux. Enfin, le soir, il reprit les armes pour suivre les troupes royales jusqu’à la barrière de l’Etoile. Ce n’est pas tout. Cet infatigable citoyen se porta un des premiers sur Rambouillet accompagné de ses deux fils, non moins valeureux que leur père ». Un autre certificat attestait qu’il avait « distribué un certain nombre de fusils et de sabres, qu’il avait eu la précaution de rassembler ». Il signa le certificat suivant en faveur de Beneyton, Joseph (voir ce nom) : « Nous, soussignés, certifions avoir vu le 28 juillet le sieur Beneyton distribuer des balles de fusil qui avaient été fondues chez lui avec ses cuillères ; qu’ensuite nous n’avons pas balancé à accepter l’offre qu’il nous a faite de nous commander ; son titre d’ancien militaire et ses campagnes nous encourageaient à marcher sous ses ordres. Il a justifié notre confiance par une prudence et un courage admirable. Nous l’avons revu le lendemain 29, place du Palais-Royal et rue Saint-Honoré, aller partout où le danger était imminent. Il a su allier le patriotisme à l’humanité car il a transporté deux blessés à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. La conduite de cet estimable citoyen est digne d’éloges aussi n’avons-nous pas hésité à lui signer le présent pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, le 2 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Lobrot, Antoine, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, déclare que le sieur Lobrot, Antoine, courrier aux malles postes (nommé par la Commission des récompenses nationales), s’est distingué d’une manière particulière dans les journées de Juillet, qu’après s’être battu héroïquement il a concouru de toutes ses forces au maintien du bon ordre, tant par son exemple que par ses exhortations. Sa vie privée m’est parfaitement connue, exempte de blâme et digne de louanges sous tous les rapports. Je lui délivre avec plaisir le présent, pour lui servir ce que de raison. » Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Hardy. On trouve sur des certificats légalisés et couverts de signatures dignes de la plus grande confiance constatant qu’il s’est comporté en brave et en acharné, qu’il s’est exposé aux plus grands dangers. Seul, il a défendu une barricade rue des Poulies. Pris et lié par des Suisses, dépouillé de son habit d’uniforme de garde national, amené prisonnier rue Saint-honoré, d’où il fut délivré par ses camarades, se rhabilla et retourna au combat. » En 1831, il était sapeur dans la IVe légion de la garde nationale. Il demeurait Hôtel de Rennes 23, rue des Deux-Ecus en 1830-1831. Archives de Paris VD6 277 in dossier Beneyton, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lobrot, Antoine.

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