Hardy, Claude, Abraham

Biographie


Né le 15 août 1794 à Tonnerre (Yonne). Marchand de vin. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. On trouve dans l’Etat nominatif des personnes qui se sont distinguées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, d’après la demande de M. le capitaine Fossard, le descriptif suivant de sa participation à la révolution : « Le 26 juillet, ayant appris qu’il y avait du bruit au Palais-Royal, je suis allé au bureau du Régénérateur. A peine étais-je dans la galerie que le tumulte redoubla. Un renfort de gendarmes étant arrivé, nous poursuivit et j’ai reçu un coup de crosse pour avoir crié Vive la Charte. Le 27, étant rue Saint-Honoré, où les gendarmes sabraient le peuple, j’ai suivi l’exemple de tout le monde et je leur ai lancé des pierres. Le 28, je suis sorti l’un des premiers en garde national. Je suis allé chez M. Fossard, capitaine, rue de l’Arbre-Sec et, de là, à la mairie où nous avons prié M. le maire de se joindre à nous. Sur son refus, impatients de soutenir une si belle cause, nous nous rendîmes sur la place de l’Oratoire et rangés en bataille. Je fus chargé, en qualité de caporal, de relever le poste de la Caisse d’amortissement, douze soldats de la ligne ont resté là. Nous partîmes par les rue du Coq, Croix-des-Petits-Champs, en barrant les rues pour ne pas laisser personne sans armes. Arrivés à la banque, l’arme au bras, quand nous entendîmes battre la charge, nous criâmes Vive la ligne ! croyant fraterniser. Tout à coup, nous essuyâmes un feu de peloton. La porte de la cour était fermée et notre monde était parti. Je me suis reployé sur le poste de la rue Bailli, en tirant des coups de fusil. Nous restâmes à trois des nôtres, et le poste rempli par la ligne. Je faillis être désarmé par des militaires ivres. De trois que nous restions et cernés de tous côtés par une vive fusillade, je trouvai une porte entrouverte et je priai les personnes de la maison de me recevoir. Quelque temps après, le feu ayant cessé, je sortis en bourgeois avec des habits que l’on me prêta et, avec beaucoup de peine, je parvins à rentrer le soir chez moi. Le 29, j’ai reçu, couché et pansé des blessés, donné les armes que j’avais à ma disposition. J’ai porté en terre les victimes à la place des Innocents, donné des soins aux blessés de l’ambulance de M. Baudin, place de l’Oratoire, et passé la nuit à la formation des barricades du quartier. Le 30, je suis allé à la mairie et, de là, à la Chambre des députés. Je fus chargé d’aller chercher cinquante paquets de cartouches à l’Hôtel de ville. Nous partîmes ensuite douze hommes et moi pour installer le colonel Fabvier, gouverneur des invalides, où nous restâmes jusqu’à minuit. Nous patrouillâmes le restant de la nuit. Et le jour de Rambouillet, je parcourus une partie des barrières de Paris pour faire rabattre les voitures. Le 18 octobre (troubles du procès des ministres ? N.D.A.), commandant le poste du Louvre, quatre ou cinq cents hommes vinrent pour le traverser, je fis fermer les grilles. Je les haranguais et parvint à faire retirer ces hommes qui voulaient sans doute s’emparer de l’artillerie. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Héroult, Louis, Pierre : « 29 juillet. Journée de gloire et immortelle. Héroult, couvert d’honneur eu toujours plus d’enthousiasme, trouva de nouveau le champ où il devait combattre et toujours intrépide il se porta rapidement au Louvre et aux Ecuries du roi, dont il aida l’évacuation et fut un des premiers qui s’emparèrent de la pièce de canon en batterie à l’angle de la rue de Rohan et, après avoir conduit cette pièce à la Bourse, Héroult, aussi humain que brave, revenant par la rue Vivienne, s’élança au milieu du peuple irrité, qui voulait se venger de deux soldats du 15e, en combattant pour l’humanité contre la fureur qui était sourde à ses cris. Il parvint à sauver un de soldats, qu’il conduisit au quartier général de la Bourse, se contentant de prendre trois cartouches dans son sac et de revenir combattre sur la place du Louvre, où il continua à donner des preuves d’intrépidité, en se battant en homme d’honneur, en Français, et avons signé en citoyens reconnaissants en le voyant continuer malgré ses fatigues son service volontaire à la Bourse. » Il signa un certificat en faveur de Méline, Claude, pour attester que ce dernier avait toujours été « considéré comme un homme rempli d’honneur et de probité, que jamais il ne s’est écarté des devoirs d’un bon citoyen, que chacun n’a qu’à se louer et s’applaudir des relations qu’il a eues avec lui, qu’il jouit d’une considération justement méritée, qu’en tout temps sa conduite a été à l’abri de tout reproche et même du plus léger soupçon, que lors des miraculeuses et immortelles journées de Juillet, il a ouvert sa maison avec empressement à beaucoup de braves blessés qui ont combattu si vaillamment pour la sainte cause de la liberté, et auxquels il a prodigué les soins les plus assidus, que, dans ces jours de gloire, il également sauvé la vie à quatre gardes royaux tombés au pouvoir des vainqueurs ; qu’enfin, sous tous les rapports, il est digne de porter le nom d’honnête homme et de vertueux citoyen ». Il signa un certificat en faveur de Gabrie, Frédéric, attestant que ce dernier avait « combattu pendant les trois mémorables journées de juillet dernier avec un courage vraiment digne d’éloges et que par ce fait il a mérité l’estime de tous ses concitoyens et qu’il s’est acquis des droits sacrés à la bienveillance du gouvernement ». Les conditions du décès de Brossolette, Joseph furent attestées par un certificat signé par les témoins oculaires, habitants du quartier dont Hardy, Claude, Abraham. Il comparut d’ailleurs, le 12 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Brossolette « et savoir qu’il est sorti armé d’un fusil de son domicile le 29 juillet dernier et qu’il a été atteint d’une balle à la tête au coin des rues de la Bibliothèque et Saint-Honoré et qu’il est mort peu d’instant après avoir reçu cette blessure ». Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 23 novembre 1831. Il signa un certificat en faveur de Fourcade, Clément et témoigna lui avoir prêté un fusil pendant les trois jours de juillet. Il comparut, le 18 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Daisay, Antoine « et savoir que le 28 juillet dernier à 7 heures du soir, en combattant au coin de la rue de la Bibliothèque, il a été atteint d’une balle qui lui a traversé la tête et qu’il a succombé quelques instants après ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830, il était sous-lieutenant de la 1re compagnie du 3e bataillon de la IVe légion de la garde nationale. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 et en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue de la Bibliothèque en 1830-1831 ; 13, passage de l’Industrie en 1849-1850 ; 9, route du Bois de Romainville en 1851 ; 5, route du Bois de Romainville en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Gabrie, Frédéric, idem in dossier Fourcade, Clément ; Archives de Paris VD6 278, idem in dossier Méline, Claude ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Brossolette, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Daisay, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Héroult, Louis, Pierre.

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