Harel, Louis, Adrien
Biographie
Né le 5 mars 1812 à Rueil (Seine-et-Oise). Graveur. Combattant, blessé au pied droit, « obligé de quitter Paris quelque temps après les événements », il ne sollicita qu’en 1831 et auprès du roi la décoration de Juillet. Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et que, en conséquence, il ne pouvait pas être donné suite à sa demande. En 1848, il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « La Commission des récompenses nationales désirant connaître les citoyens qui, depuis 1830, ont par leurs actes contribué à soutenir la cause de la liberté, m’engage à me faire connaître comme un de ses défenseurs. En 1830, j’ai combattu sur la place de Grève où, après sept heures de combat j’ai reçu deux blessures. Je n’ai jamais sollicité de secours parce que je pensais que d’autres, plus nécessiteux que moi, pouvaient en avoir besoin. Peu après une Commission des récompenses nationales accordait la Croix de Juillet à ces défenseurs. Ayant réclamé cette distinction trop tard, lorsque la Commission avait fini son travail, je n’ai pu participer à cette distinction […]. Fidèle à mes principes de liberté, février 1848 m’a retrouvé parmi ses combattants. […] Le 24 février, à 7 heures du matin, j’ai fait construire la barricade de la rue Notre-Dame-de-Nazareth. A 9 heures du matin, avec plusieurs citoyens nous avons pris part à la prise d’un caisson d’artillerie qui était sur le boulevard, dont nous nous sommes partagé les munitions et dont, pour ma part, je distribuais de la poudre et des cartouches à tous les hommes qui avaient des armes. A 11 heures, je me suis rendu à la mairie du (ancien) VIe arrondissement et sommes partis à la prise des Tuileries, de là me suis reporté et combattu à la place du Palais-Royal, après la prise je suis venu dans les appartements des Tuileries et de tout mon pouvoir j’ai empêché la destruction et le pillage. Je suis revenu le soir chez moi à 6 heures, où j’ai fait établir dans une boutique de ma maison, transformée en corps de garde, un tronc au profit des blessés. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Harel, le 24 février au matin. Il était armé et distribuait de la poudre et des cartouches à tous les citoyens armés qu’il trouvait sur son passage. » Signé, le 5 avril 1848 : Sonnay ou Sounay, Ed., demeurant 14, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare avoir M. Harel armé le 24 février, où le matin il a fait construire la barricade de la rue Notre-Dame-de-Nazareth ; il s’est porté à la mairie du (ancien) VIe arrondissement et il est venu avec nous à la prise des Tuileries et Palais-Royal. Je certifie le connaître pour un citoyen de mœurs paisibles, comme un citoyen dévoué à la cause de la liberté. » Signé, le 30 mars 1848 (tous gardes nationaux avec lesquels il était) : Maufaugeras, traiteur, garde national à la 5e compagnie du 1er bataillon de la VIe légion, demeurant 6, rue Notre-Dame-de-Nazareth ; Aubry, menuisier, garde national à la 5e compagnie du 1er bataillon de la VIe légion demeurant 6 bis, rue Notre-Dame-de-Nazareth ; Léon, A, ex-délégué, garde national à la 5e compagnie du 1er bataillon de la VIe légion demeurant 25, rue Notre-Dame-de-Nazareth. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare que M. Harel s’est présenté chez moi le 24 février à 8 heures du matin pour me demander un fusil dont je pouvais disposer et qu’il m’a rapporté deux jours après. Je le connais pour un citoyen dévoué à la cause de la liberté. Depuis l’espace de cinq années, il est employé dans ma fabrique et je me plais à rendre hommage à sa conduite et à sa probité. » Signé, le 30 mars 1848 : Dinele, demeurant 43, rue Sainte-Avoie. Harel proposait aussi de fournir le témoignage de Laurent, ex-garde impérial à cheval, qu’il avait rencontré dans les combats du Palais-Royal ; aussi le témoignage de Delime, dans la boutique duquel il avait fait établir le tronc au profit des blessés, dont il parlait. En 1848, il était passé garde national à la légion d’artillerie, 3e escadron, 6e batterie. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 31, rue de la Barillerie en 1831 ; 5, rue Notre-Dame-de-Nazareth en 1848. Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives de la préfecture de police AA 392.