Harpin, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 26 décembre 1808 (2 janvier 1808 in Archives de Paris Vbis7K4 2 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; le 27 décembre 1808 in Archives nationales F/1dIII/36 ; le 26 décembre 1804 in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension et in Tableau général et alphabétique des pensions) à Paris. Ouvrier sur les ports ou journalier. Il fut blessé d’un coup de baïonnette au nez, d’un autre à la joue, d’un coup de feu à la main droite et d’un autre au genou droit. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, inspecteur du service de santé des armées, chargé de la surveillance de l’hôpital militaire du Gros-Caillou, certifie que le nommé Harpin, Jean-Baptiste, ouvrier du port, est atteint de deux cicatrices au côté droit du visage, l’une au centre de la joue et l’autre à la partie latérale droite du cou à l’apophyse mastoïde, résultat d’un coup de balle reçu aux combats de Paris en 1830, qui a traversé et détruit, avec les parties molles, toute l’épaisseur de l’os maxillaire supérieur, une portion de la mâchoire et lésé profondément les nerfs et les vaisseaux de la région parotidienne droite, ce qui empêche la mastication, gêne la parole et l’action des muscles du côté droit de la face ; présente aussi deux autre cicatrices à la main droite avec roideur aux grands doigts de cette main et gêne dans les mouvements de ses doigts voisins, résultat d’un coup de balle reçu aux mêmes combats ; deux cicatrices opposées à la partie inférieure de la cuisse droite, avec gêne dans les mouvements de la jambe, résultat d’un troisième coup de balle, qui a traversé l’épaisseur des chairs du côté externe de ce membre, reçu aux mêmes combats. Ces infirmités, qui équivalent à la perte absolue de l’usage d’un membre, lui donne droit aux récompenses nationales consacrées à ces blessés. » Signé, le 30 septembre 1830 : Larrey (voir ce nom). Dans son ouvrage Relation chirurgicale des événements de juillet 1830 à lhôpital militaire du Gros-Caillou, le chirurgien Larrey fils écrit ces lignes à propos de la blessure que reçut Harpin : « H*, ouvrier, qui, lors de son entrée à l’hôpital, s’était dit soldat au 3e régiment, avait été atteint d’une balle par contrecoup au côté droit de la face. Le projectile, en pénétrant dans la bouche, au-dessus du muscle orbiculaire des lèvres, avait fracturé plusieurs dents, déchiré le muscle masséter, et s’était arrêté dans l’épaisseur de la joue, au niveau de l’angle de l’os maxillaire inférieur, sans intéresser la glande parotide. L’extraction en fut faite immédiatement ; mais il était resté de cette blessure une douleur vive dans les mouvements de la mâchoire, qui fut paralysée en partie, et une boursouflure considérable de la joue. La première de ces affections a été guérie par l’application de deux moxas derrière la mâchoire, et des cataplasmes émollients ont fait disparaître la tuméfaction de la joue. La bouche est cependant restée dans une légère abduction à droite. Ce fait nous a offert l’un des exemples de contrecoups de projectiles lancés par la poudre à canon. Celui-ci, par son choc direct, avait traversé l’épaisseur de la cuisse, et, par un choc en retour sur une pierre, avait conservé une force d’impulsion assez grande pour blesser le même homme à la face. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Admis dans la 6e classe des blessés, il fut pensionné de sept cents francs. Il sollicita une place de gardien dans un marché. Sa médaille lui fut délivrée le 23 juin 1831 et son brevet le 18 août de la même année ; ne sachant signer, deux témoins signèrent à sa place le récépissé de remise de ses médaille et brevet. Il était membre du conseil de famille des orphelins Bareau, Louis, Marie et Victoire, Eugénie, comme ami du défunt. (voir ce nom). Il était aussi membre, comme ami du côté maternel, du conseil de famille de l’orpheline Anne, Félicité Elouin (voir ce nom). En juillet 1833, pour la revue que le roi devait faire de la garde nationale, à l’occasion de l’anniversaire de la révolution de Juillet il fit partie, pour le (ancien) Xe arrondissement des dix décorés de Juillet choisis par le maire de cet arrondissement parmi ceux qui ne faisaient pas partie de la garde nationale, pour assister à la cérémonie, sur une estrade réservée en face de celle du roi (les autres décorés étaient : Quevrin, Marie, Philoxène, demeurant aux Invalides ; Enaux, Jean-Baptiste, Aristide, demeurant 163, rue de Sèvres ; Leconte, Jean-François, Elisabeth, demeurant 6, rue d’Estrées ; Duheron dit Morillon, Louis, Jean-Baptiste ; Jouvey, François, Hélène (voir ce nom), demeurant 122, rue de Sèvres ; Parent, Louis, Pascal, demeurant 124, rue de Sèvres ; Vessière, Jean-Jacques, demeurant 115, rue de Sèvres ; Rouleau, Alexandre, demeurant 22, rue Saint-Dominique). En 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize mariages (un par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), devaient être dotés de trois mille francs par la Ville de Paris ; les futurs mariés devaient, soit eux soit leur famille, avoir mérité de la victoire. Harpin posa sa candidature ; il voulait épouser la veuve de Bareau, lui-même tué le 28 juillet 1830, place du Carrousel, blanchisseuse, née Scherbeaum, et avec laquelle il était au conseil de famille des orphelins qu’avait laissé Bareau. A sa candidature fut préférée celle de la fille d’Elouin (voir ce nom), tué dans les combats de juillet 1830. La même année, il reçut (sous l’état de blanchisseur sur les listes de la mairie), à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom dHerpin, Jean-Baptiste et létat dartificier) une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. Son nom est sur une liste de décorés (trois furent choisis, en plus de trois orphelins, pour chacun des quatorze arrondissements) choisis pour participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. Il ne savait pas signer. Il demeurait 163, rue de Sèvres (par erreur 19, rue de Sèvres in Archives de Paris VD6 545 n° 3 et in Archives nationales F/1dIII/33) en 1830-1836 ; (parfois mais aussi par erreur 263, rue de Sèvres en 1833 in Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1833) ; 48, rue Blomet à Vaugirard en 1837-1840 ; 24, rue Tellier à Grenelle en 1848. Relation chirurgicale des événements de juillet 1830 à lhôpital militaire du Gros-Caillou, Hippolyte Larrey, chirurgien sous-aide-major, Paris, chez Béchet et chez l’auteur, 1831, p. 40-41 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 71 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1833, idem (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, année 1837, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (6e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 10 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossier de Bareau et dossier Elouin, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Pasquier, Jean, Mathurin ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 6e classe.

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