Hassenfratz, Pierre, Henri

Biographie


Né le 27 germinal an III (15 avril 1794) à Paris, fils de Hassenfratz, Jean, Henri, professeur de physique à l’Ecole polytechnique, et de Terreux, Antoinette, Joséphine. Ancien sous-lieutenant dans un régiment d’infanterie légère. Il fit partie de l’expédition de Paimbeuf et était présent à l’affaire de la place Louis-XVI. Il prit du service après la révolution et ne se présenta pas devant la Commission pour faire valoir ses droits à une récompense nationale. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. D’abord condamné à mort par le conseil de guerre, à la suite des événements des 5 et 6 juin 1832, le jugement prononcé contre lui fut cassé, comme tous les jugements prononcés par ce conseil de guerre, et il fut finalement condamné à dix ans de travaux forcés, commués en détention le 10 août 1832, pour avoir pris la tête d’une bande armée qui envahit un poste. En 1834, il fut l’un des vingt-neuf condamnés pour raisons politiques qui furent graciés ou leurs peines commuées, en raison du zèle et du courage dont ils firent preuve pendant l’incendie du Mont-Saint-Michel, où ils étaient détenus. Il sollicita, après la révolution de Février, une place d’inspecteur des cimetières parisiens. Il signa, le 27 juillet 1848 et en tant que « décoré de Juillet, vice-président du comité d’enquête des détenus politiques », le certificat suivant en faveur de Drunot, Henry, quand ce dernier sollicita un emploi devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Je certifie connaître Henry Drunot, né à Chelles, depuis 1815 et que je l’ai vu combattant dans les journées de juin 1832. » Le 22 juillet 1848, il délivra le certificat suivant en faveur de Folliot, Justine, veuve Bainse et de sa fille Euphrasie, afin que ces dernières pussent faire valoir leurs droits devant la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février : « Je, soussigné, certifie que la citoyenne Folliot, Justine, plus particulièrement connue de nous sous le nom de madame Bainse, a donné, depuis 1832 que nous l’avons connue, tant à Sainte-Pélagie qu’au Mont-Saint-Michel où elle nous avait suivis, des preuves de dévouement sans nombre, dont nous n’avons eu qu’à nous louer. » Il était célibataire en 1832, marié en 1848. Dans son livre, Le Roi et les Barricades, Bouchet donne les indications biographiques suivantes sur Hassenfratz, à prendre avec beaucoup de précautions et sans doute tirées de Maitron : « Hassenfratz, qui ne supporte ni la vie carcérale ni la compagnie de ses codétenus, s’enferme dans un mutisme complet. Il passe pour un original : il se goinfre des confitures et des truffes que lui envoient ses proches, il occupe son temps à de la tapisserie sur canevas et à la confection des pantoufles. Gracié le 27 septembre 1834, il reprend une vie normale et trouve un travail de technicien dans les travaux publics. » [sources Archives nationales F/16/411 et Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier]. Il avait épousé, le 11 septembre 1826 à Berné (Morbihan), Tallendeau, Claire, Elisabeth. Il était père d’un enfant en 1848. Hassenfratz demeurait à Châteauneuf (Finistère) en 1826 ; 23, rue de la Fosse à Nantes en 1830 ; 12, rue des Fossés-Saint-Victor en 1832 ; 54, quai de la Mégisserie aussi 70, quai de la Mégisserie en 1848. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Hazenfratz) ; LAmi de la religion, journal ecclésiastique politique et littéraire, tome 82, Paris, 1834, p. 407 ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Folliot, Justine, veuve Bainse et sa fille Euphrasie ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 (sous le nom de Hazenfratz, Henri, Pierre) ; Archives nationales BB/18/1330, Etat des individus condamnés par la cour d’assises de la Seine, du 31 juillet au 15 septembre 1832, pour avoir pris part aux événements des 5 et 6 juin ; Archives de la préfecture de police AA 366, Comité d’enquête de la Commission des récompenses nationales, détenus politiques de 1830 à 1848 ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Drunot, Henry ; Annuaire historique universel pour 1834, Tencé, Ulysse, Paris, chez Thoisnier-Desplaces, 1835, p. 55

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