Hebert

Biographie


On trouve dans le Bulletin de Paris de la préfecture de police de Paris le compte rendu suivant de la Société du manège de la rue Montmartre, en date du 10 septembre 1830 : « Le nombre des membres présents a varié. Vers 10 heures il était de cent cinquante environ ; la totalité des affiliés est de trois cents. Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance, on s’est occupé du mode de réception des nouveaux membres mais un orateur avait fait observer avec beaucoup de vivacité que le but de la réunion était d’une tout autre importance et qu’on devait sans désemparer, prendre des mesures pour obtenir la liberté de MM. Hebert et Thierri, dont on connaissait l’arrestation par suite du manifeste imprimé, contenant une déclaration de principe à l’égard de la Chambre des députés et du ministère actuel. On a déposé sur le bureau une lettre à signer, destinée à M. le procureur général, pour lui déclarer que tous les membres ayant concouru à l’adoption du manifeste, ils voulaient tous aussi en partager les conséquences. Une longue discussion s’est engagée pour savoir si le bureau, seul, ou tous les membres réunis signeraient cette lettre. Le dernier parti a été pris et exécuté de suite. M. Hebert est arrivé à 9 heures ; de nombreux applaudissements, des accolades ont célébré son apparition. Il a raconté non les détails de son interrogatoire mais comment il était parvenu à obtenir sa mise en liberté sous caution de six mille francs et M. Thierri avec celle de trois mille francs. M. Hebert a dit que l’affaire devait être renvoyée en police correctionnelle mais que le procureur général s’était réservé le droit de l’évoquer à la cour royale : dans le premier cas ce ne serait que comme rassemblement illégal, dans le deuxième, ce serait comme tentative de renversement de la Chambre des députés et attaque contre le gouvernement établi. Après de longues discussions, il a été décidé premièrement que la lettre à M. le procureur général serait portée sans délai ; deuxièmement que le manifeste ne serait point réimprimé ni placardé, ainsi que beaucoup de membres l’avaient proposé ; troisièmement que la société continuerait de s’assembler aux mêmes jours et heures désignés dans le même local. Il a été dit dans cette discussion qu’on ne devait attendre rien de bon d’une cour royale, composée en grande partie des mêmes juges qui ont porté des condamnations contre les écrivains de la liberté ; que c’était plutôt à cette cour à redouter la vindicte publique ; que la société devait persister plus que jamais dans l’exigence de la dissolution de la Chambre et du ministère ; que si l’arrestation de tous les membres signataires avait lieu, la société tiendrait ses séances à la Force ou à la Conciergerie ; que la Chambre des pairs n’était qu’une haute aristocratie, incompatible avec le nouveau régime ; qu’on avait commis une iniquité en dressant un acte d’accusation sur le paragraphe du manifeste supprimé et modifié par la société et avant sa publication. En résumé, la séance a été très animée, quelques orateurs ont été violents, d’autres ont montré de la modération et même de la faiblesse. La moitié environ des membres a signé la lettre au procureur général, l’autre s’en est abstenue. La séance d’hier n’a pas présenté cependant consistance et tenue imposante. Il s’y trouvait des rédacteurs de journaux, des gens de lettres, des négociants et quelques agents d’affaires. Les entrées et les sorties ont été presque continuelles. Il y a eu du décousu dans cette réunion ; on y a remarqué des symptômes de jalousie de métier, des opinions divergentes. L’absence de la moitié des membres dans cette circonstance annonce de la crainte, de l’hésitation. M. Thierri n’a pas paru, quoique mis en liberté sur les 7 heures. M. de Corcelle fils était présent. Le reste des membres cités à l’appel nominal sont des personnes peu connues. Le sieur Cafin a paru au commencement et à la fin de la séance mais n’a rien signé. M. Fessart, son beau-frère, capitaine de la garde nationale, a relu une assignation pour comparaître devant le juge d’instruction quoiqu’il ne fasse point partie de la société ; il est à présumer que Cafin, fin et adroit, aura mis en avant le beau-frère pour la mise du local à la disposition de la société. » Archives nationales F 7 3884 préfecture de police de Paris, Bulletin de Paris, 1830. Cest lequel ? et cest qui ce Tierri ? ce Corcelle ? Fessart ? Cafin ?

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