Hébrard, Jules aîné

Biographie


Né vers 1800. Ancien militaire, devenu associé de la maison Baour de Bordeaux. En mars 1831, il sollicita une récompense nationale ou la décoration de la Légion d’honneur pour la part qu’il avait prise aux affaires de Juillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la préfecture des Bouches-du-Rhône, au nom de la Commission des récompenses nationales. Il expliquait : « Livré depuis mon enfance aux opérations commerciales et maintenant associé de la maison Baour de Bordeaux, je me trouvais à Marseille à l’époque où parurent les ordonnances de Juillet. Le courrier resta deux jours sans venir ; mais quelques bruits répandus purent nous faire croire que la capitale faisait résistance et que l’on se battait dans les rues de Paris. Je partis aussitôt de Marseille en chaise de poste, déguisé en courrier extraordinaire, un écusson et les insignes nationaux sur la poitrine. Je parcourus ainsi les quatre départements les plus inconstitutionnels de France : les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault et la Haute-Garonne, où, le premier, je fis adopter partout les couleurs nationales. Je laisse à votre justice, monsieur le ministre, le soin d’apprécier les dangers que j’ai courus. Me faisant passer comme courrier extraordinaire, porteur des ordres d’un gouvernement provisoire, Votre Excellence jugera du sort qui m’attendait si la révolution de Juillet eût été propice à ses ennemis. J’ajouterai que plusieurs fois sur la route, et notamment aux environs de Nîmes, j’ai failli être victime de mon dévouement à la cause constitutionnelle et que maintes fois couché en joue je n’ai dû mon salut qu’à mon sang-froid et à une bonne contenance. » Sa demande était apostillée par le député Alexandre Delaborde et un autre député dont la signature est illisible. Une dépêche indiquait à son sujet : Demande la croix d’honneur, en récompense de sa conduite pendant les journées de Juillet. » Et une autre: « Prétend avoir fait arborer dans plusieurs villes du midi de la France le drapeau tricolore et avoir annoncé le premier les événements de Paris. » La Commission des récompenses nationales de Bordeaux répondit ne pouvoir statuer au sujet de ses réclamations, les faits ne s’étant pas passés dans le département de la Gironde. En janvier 1832, la commission pensa que les faits sur lesquels le pétitionnaire se fondait ne constituaient pas un droit suffisant à une récompense. Hébrard demeurait 49, passage Choiseul (sans doute à Paris) en avril 1831 ; 11, rue Rameau, chez M. Plantay à Paris en 1832. Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Bruel ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Bouches-du-Rhône ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Gironde.

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