Hell, Frédéric
Biographie
Né vers 1792 en Bavière. Ouvrier cordonnier. Il combattit les 28 et 29 juillet. Le 29, à la prise du Louvre, il fut tué de trois coups de feu. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 2 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Debugue, Louis, Victor (voir ce nom), né vers 1797, charretier, demeurant 28, rue Traversine ; Morel, Jean-François, né vers 1784, maître cordonnier, demeurant 34, rue des Boucheries-Saint-Germain ; Lépingle, Pierre, Nicolas, né vers 1795, ouvrier cordonnier, demeurant 52, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; Cognot, Jean-Baptiste, né vers 1808, ouvrier cordonnier, demeurant 17, rue d’Arras. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Hell, Frédéric, Jean (sic) et « savoir le sieur Debugue que ledit Hell a combattu dans les journées des 28 et 29 juillet dernier et qu’il a été tué le 29 à ses côtés de plusieurs balles qu’il a reçues dans le corps à la prise du Louvre, et les sieurs Morel, Lépingle et Cognot qu’ils n’ont pas vu revenir Hell à son domicile depuis le 29 juillet et qu’il est à leur parfaite connaissance que son corps a été déposé dans un des carrés du Louvre ». On trouve dans son dossier le certificat suivant : « Je certifie que le nommé Hell, Frédéric, demeurant dans ma maison depuis deux ans dans les journées 27, 28 et 29 juillet s’est battu avec courage et qu’il a succombé place du Louvre, percé de trois balles à côté des voisins qui étaient avec lui. Il laisse une femme bien malheureuse. » Signé, le 20 septembre 1830 : Gibois, propriétaire, demeurant 28, rue Traversine. Il laissait une concubine, Porlier, Bernardine, Joséphine (son nom ne semble pas être sur les pensionnées des listes du Bulletin des lois, mais il est bien in Archives nationales F/1dIII/38 B), née le 11 fructidor an VII à Paris (mais le 13 fructidor an VII in Archives nationales F 9 1157 ; mais bien le 11 fructidor an VII in Archives nationales F/1dIII/38 B), brodeuse et avec laquelle il vivait depuis dix ans. Le 11 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Giboy, Charles, Joseph, salpêtrier, demeurant 3, rue Saint-Victor ; Morel, Jean-François, né vers 1784, maître cordonnier, demeurant 34, rue des Boucheries-Saint-Germain ; Desmoulins, Jean, Joseph, cordonnier, demeurant 14, rue du Plâtre ; Patris, Jean-Louis, Joseph, tailleur, demeurant 19, rue d’Arras. Ils attestèrent que Hell, Frédéric « mort dans les événements de Juillet, vivait maritalement et habitait le même logement depuis dix années consécutives avec la demoiselle Joséphine, Bernardine Porlier, brodeuse, et que s’il ne s’était pas marié avec elle c’est qu’il existait des empêchements ». La préfecture de police donna sur elle les renseignements suivants : « […] Quelques autres voisins […] assurent n’avoir que des renseignements favorables à fournir sur le compte de la pétitionnaire, tant en ce qui touche sa moralité que sous tout autre rapport. Ils ajoutent aussi qu’ils l’estiment fort heureuse de n’être plus sous le joug de Frédéric Hell qui, fort brave homme d’ailleurs, était adonné à l’ivrognerie la plus dégoûtante et qu’alors, brutal à l’excès, il nourrissait de coups sa compagne non point parce qu’elle se fût attirée de pareils traitements par des reproches, observations ou tout autre cause mais bien parce qu’il était ivre et avait à ce qu’il paraît le vin méchant. Dans le nouveau domicile qu’elle occupe rue d’Arras n° 19, au 5e étage, on ne répète rien que de favorable à sa conduite et sa moralité. Elle continue à faire des ouvrages en broderie, qui lui valent un salaire d’un franc ou un franc vingt-cinq par jour et on ne lui connaît pas de ressources différentes ; on croit savoir toutefois qu’elle a reçu déjà une somme de soixante francs à titre de secours. » Elle reçut un secours de trente francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle fut pensionnée de cinq cents francs. Hell, Frédéric demeurait 28, rue Traversine-Saint-Marceau depuis 1828 ; sa veuve, 19, rue d’Arras en 1831. Le nom de Hell (F. Hell) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 116 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées (sous le nom de Helle, Frédéric) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées (où elle recherchée infructueusement au 28, rue Traversière-Saint-Antoine, où elle est inconnue et au 28, rue Traversière-Saint-Honoré, qui n’existe pas…) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (douze veuves) ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jean, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Labarbe. Porlier, Bernardine, Joséphine ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves ; Archives nationales F 9 1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après (liste où son nom est cité deux fois) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.