Henrion de Roisin, Rodolphe

Biographie


Né le 24 janvier 1801 à Ruremonde (Belgique), fils du baron et maréchal de camp Henrion. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il protesta auprès du roi et dans ces termes, pour obtenir la croix : « J’ai combattu, les trois jours de Juillet […]. Lorsqu’ils m’ont demandé à la Commission qui était à la ville, ils ne m’ont presque pas écouté, en me disant Racontez-nous à peu près ce que vous avez vu et fait. Est-ce là la manière de faire passer un examen ? […] Il existe des individus qui la portent et qui ne se sont montrés que le 30 juillet. Et voilà des hommes qui sont décorés aujourd’hui et moi qui ai exposé cent fois ma vie, je ne suis porté que pour la médaille. Dans tous les troubles qui ont eu lieu, j’ai toujours été un des premiers à les réprimer. Je suis sous-officier dans la VIIIe légion du 4e bataillon de la 3e compagnie. Estimé depuis mon colonel, qui pourra attester la bonne conduite que j’ai tenue dans toutes nos dernières affaires, jusqu’au chasseur de la compagnie. J’ai juré de vous défendre jusqu’à mon dernier soupir […]. » Il déposa, le 15 juin 1831, un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie, pour rendre justice au courage, avoir vu le sieur Henrion de Roissin, dans les combats qui ont eu lieu sur la Grève le 28 juillet 1831 et que sa conduite courageuse mérite des éloges de la part de tout bon patriote et pour s’être aussi montré à l’affaire du faubourg Saint-Antoine, où nous l’avons vu combattre. » Signé, le 8 octobre 1830 : Paul (voir Paul, François, Rigout ?), propriétaire, demeurant 63, bd Saint-Antoine. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, dire la pleine vérité que le nommé Rodolphe Henrion était présent lorsqu’on a, le 28 juillet, pris l’Hôtel de ville occupé à 10 heures par les gendarmes et que son courage mérite des éloges de la part de ses compatriotes et qu’il était présent aussi lorsque j’ai été blessé sur la place du Châtelet, où il a combattu aussi et il m’a transporté chez le liquoriste de la rue Planche-Mibray. » Signé, le 10 août 1830 : Gibert (voir Gibert, Pierre, Louis, Adrien), serrurier-mécanicien, demeurant 7, rue Laval. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné certifie que M. Henrion, sous-officier à la compagnie, est un homme distingué sous tous les rapports et qu’il est à sa connaissance intime qu’il s’est comporté d’une manière toute particulière par sa bravoure dans la grande semaine de Juillet. » Signé, le 14 janvier 1831 : H. Devillier (voir Hérard, Devillier, Denis, Aimé, Marie), lieutenant de la 3e compagnie du 4e bataillon de la VIIIe légion de la garde nationale, décoré de Juillet et membre de la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Et cet autre du même : « Je me rappelle parfaitement que le sieur Henrion était un de ceux que nous avions appelés au jury des récompenses nationales à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et qu’une erreur de numéro est la cause que ce citoyen n’a pu s’y présenter. Sans doute que par ce fait il est devenu victime de cette méprise ; c’est pour quoi je verrais avec plaisir qu’on fît droit à sa juste réclamation. » Suivait la confirmation suivante : « Je, soussigné, secrétaire de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, certifie que M. Henrion, demeurant boulevard Saint-Antoine n° 63, n’a pu se présenter devant le jury des récompenses nationales, sa lettre de convocation lui ayant été adressée boulevard Saint-Antoine n° 75. » Signé, le 16 mai 1831 : Tarry. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Henrion, sous-officier de la VIIIe légion, m’est connu depuis plusieurs années et que dans mes relations avec lui, je n’ai eu qu’à me louer des sentiments d’honneur et de probité qui le distinguent. » Signé, le 4 mars 1831 : Jeanneret, capitaine en premier de la VIIIe légion de la garde nationale. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Le capitaine de la 3e compagnie du 4e bataillon de la VIIIe légion saisit avec empressement l’occasion de rendre hommage à la vérité, en déclarant que M. Henrion, caporal dans sa compagnie, a toujours apporté un zèle remarquable dans son service et que dans les différentes circonstances où la compagnie a été appelée à marcher pour rétablir l’ordre public, il était des premiers sous les armes. » Signé, le 14 mars 1831 : Fouache, A., membre de la Légion d’honneur ; le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, en certifiant la signature de Fouache, recommandait Henrion comme digne de toute bienveillance. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Le major de la VIIIe légion, officier de la Légion d’honneur, certifie et atteste avec plaisir que M. Henrion, sous-officier du 4e bataillon de la VIIIe légion, 3e compagnie, s’est toujours conduit d’une manière très recommandable dans son service et que toutes les fois que la légion a eu à prendre les armes en tout ou en partie pour repousser les rassemblements ou émeutes qui ont été assez fréquents dans l’arrondissement je l’ai toujours trouvé un des premiers rendus à l’appel qui lui en a été fait, ce qui lui a acquis, à juste titre, l’estime de ses chefs et de moi en particulier. » Signé, le 14 janvier 1831 : Bilsione, chevalier de la Légion d’honneur. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Henrion, caporal à la 3e compagnie du 4e bataillon, a été remarqué dans toutes les prises d’armes comme un citoyen zélé et toujours un des premiers sous les armes. C’est comme ayant une connaissance parfaite de son dévouement que je lui donne le présent certificat. » Signé, le 19 janvier 1831 : Deveaux, capitaine adjudant-major du 3e bataillon. Le huitième certificat, ainsi rédigé : « Le colonel et le lieutenant-colonel de la VIIIe légion prennent la liberté de joindre leurs témoignages favorables à tous ceux déjà exprimés par leurs camarades de la légion en faveur de M. Henrion de Boissin. » Signé : Rieussec ; illisible. Le neuvième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Henrion, actuellement sous-officier de la VIIIe légion, a été caporal dans la 4e compagnie du 3e bataillon de la IVe légion en 1816, qu’il y a fait son service avec zèle et que depuis qu’il est entré dans la VIIIe légion il s’est montré dans les derniers troubles avec le même zèle. » Signé, le 14 mars 1831 : Dumont, capitaine de la 4e compagnie, 1er bataillon de la VIIIe légion, ci-devant capitaine dans la 4e compagnie du 3e bataillon de la IVe légion. Le 18 juillet 1831, il fut compris dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le seul nom d’Henrion), auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était employé à la guerre. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1849, deux secours de soixante-quinze francs en 1851 et en 1852, chaque fois à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 63, bd Saint-Antoine en 1830-1831 ; 9, rue Lesdiguières ou 22, rue des Tournelles en 1849 ; 22, rue des Tournelles et 170, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1851 ; 16, petite rue Saint-Pierre en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 (sous le seul nom de Henrion) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72 (sous le nom de Henrion, Rodolphe), idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92 (sous le nom de Henrion, Rodolphe), idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de 1851 (secours à divers titres), minutes 153-155 (sous le nom de Henrion, Rodolphe), idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Henrion, Rodolphe), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Henrion, Rodolphe) ; Archives de la préfecture de police AA 392 (sous le seul nom de Henrion). Il y a dans Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gibert, Pierre, Louis, Adrien, un Henrion, Rodolphe, employé, demeurant 63, bd Beaumarchais en 1831, et qui témoigne connaître Gibert, Pierre, Louis, Adrien et savoir quil avait été blessé le 28 juillet sur la place du Châtelet.

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