Henriot

Biographie


Il était élève de l’Ecole polytechnique en juillet 1830. Danré, George, Aimé (voir ce nom), dans le certificat qu’il signa en faveur de Le Rasle, Gabriel (voir ce nom), nous fournit sur le compte d’Henriot, les informations suivantes quant à sa participation aux événements : « Je certifie que le vendredi matin 30 juillet M. Gabriel Lerasle s’est réuni avec Heurtebise, Victor et moi sur la place de l’Odéon, où nous nous étions donné rendez-vous la veille ; que, de là, nous nous sommes rendus tout quatre à l’Hôtel de ville pour y prendre des ordres puis à la Bourse, où après nous avoir organisés en bataillon, on nous assigna les Tuileries pour poste. Que là, M. Lerasle a montré le plus grand zèle pour monter la garde et faire tout le service dont il fut chargé pendant trois jours que nous y sommes restés ensemble sous le commandement de M. Henriot de l’Ecole polytechnique, en attendant que la garde nationale pût nous relever. » Henriot signa le certificat suivant en faveur de Danré, George, Aimé (voir ce nom) et Heurtebise, Auguste, Prosper (voir ce nom) : « Je m’estime heureux, mon cher camarade, de pouvoir signaler à tes recherches deux noms qui assurément méritent une mention particulière. Ce sont ceux de MM. Heurtebise et Danré, deux jeunes employés dans le commerce que leurs occupations étrangères n’ont pas empêché de prendre aux mémorables journées une part des plus vives. Ils étaient entre autres lieux à l’attaque et à la prise de la caserne de Babylone. L’un d’eux, comme pourra te l’affirmer Liédot (voir Liedot, Antoine, Louis) (sous les ordres duquel ils s’étaient rangés), pénétra un des premiers dans la caserne et fit de sa main deux prisonniers. Dans l’espoir d’une sortie extérieure, ils étaient le lendemain au rendez-vous de la Bourse. Ils firent partie du bataillon dirigé sur les Tuileries, restèrent quatre jours au poste de l’Horloge, participant aux patrouilles et aux factions, veillant à ce que le pillage soit arrêté, l’ordre maintenu, le poste relevé, et ne consentirent à se retirer qu’à la condition qu’on les rappellerait au premier besoin. Prévenus, comme on le leur avait promis, du départ pour Rambouillet, ils accoururent au signal que je leur en donnai, aidèrent à régulariser la Xe légion et furent les premiers à demander le retour sur Paris dès que l’ordre en fut donné. Enfin, dans la matinée du 7 août, ils se joignirent encore à nous pour calmer et dissiper les attroupements auprès de la Chambre des députés, arrachèrent des mains de quelques gens suspects des affiches séditieuses, qu’ils foulèrent aux pieds, et ne se retirèrent qu’après le calme rétabli. Ces faits, personnellement connus de plusieurs d’entre nous et appuyés par un caractère plein de patriotisme et de loyauté me font espérer que tu voudras bien ne pas les oublier dans ton travail. » Il signa, dès le 7 août 1830 et avec Lacroix (voir Lacroix, Jean, Charles) et Liedot (voir Liedot, Antoine, Louis), autres élèves de l’Ecole polytechnique, le certificat suivant afin de faire connaître la conduite qu’avait tenue Mercier, Joséphine pendant les combats : « A une époque où l’on compte pour quelque chose la coopération de l’Ecole polytechnique au grand œuvre du rétablissement de nos libertés, il est de notre devoir, élèves de l’Ecole polytechnique, de signaler une personne qui y contribua plus assurément qu’aucun élève et plus peut-être que qui que ce soit. Dès la journée du 28 parut dans nos rangs un jeune homme annonçant une constitution faible, paraissant âgé de quinze à seize ans, parcourant les divers points de la mêlée au milieu des fusillades et prodiguant aux blessés les soins les plus empressés, au péril vingt fois répété de sa propre vie. Arraché de cette scène par une foule qui avait pitié de sa faiblesse, il s’arme d’un sabre et d’un coutelas et marche contre les ennemis du peuple : mais le peuple encore s’oppose à ses efforts et, malgré ses supplications, le dépouille de ses armes. Son patriotisme ne se refroidit pas pour cela. Il s’introduit dans les rangs ennemis, observe tout avec la feinte apparence de quelqu’un qui cherche un refuge, rapporte à son parti les renseignements qu’il a puisés et marche avec lui à la victoire. L’affaire de Babylone arrive ; ce fut lui qui, avant le feu, pénètre dans la caserne, vient rendre compte aux siens de ce qu’il a vu, engage l’affaire à leur tête, met le feu à la première botte de paille pour s’ouvrir une issue, lui qui, sans égard aux balles qui criblent ses victimes, s’empare des armes d’un garde suisse qu’il a vaincu, fouille la caserne jusqu’aux dernières retraites et ne se retire enfin qu’après d’être assuré lui-même que tout est évacué... Tant d’efforts étaient au-dessus de celui qui les avait tentés. Au sortir de la caserne, il tomba évanoui et les secours qu’on lui prodigua font reconnaître en lui une femme. Cette femme dont nous nous honorons de publier le nom est Mlle Joséphine Mercier, âgée de vingt-cinq ans, sage-femme reçue à la faculté de Paris, directrice du cours pratique d’accouchement de M. Velpeau, demeurant rue Monsieur-le-Prince n° 15. Son évanouissement ne ralentit pas son courage. Le vendredi 30, rendez-vous avait été donné aux hommes armés sur la place de la Bourse. Elle y fut des premiers et fit partie du détachement qu’on envoya aux Tuileries pour y protéger le poste en cas d’attaque. Elle demeura là deux jours et demi participant à toutes les patrouilles et à toutes les factions, admirée de tous mais ignorée de tous (deux de ses amis et un élève de l’Ecole polytechnique exceptés, sous la protection desquels elle s’était placée). Le dimanche 1er août, les choses étaient pacifiées ; il ne restait aucune apparence de danger, Mlle Joséphine Mercier se retira, après avoir toutefois obtenu la promesse qu’on la rappellerait à la première attaque. Cette attaque n’eut pas lieu. Elle se contenta alors, à la faveur du costume de son sexe, de s’introduire dans le fort de Vincennes et d’y observer ses moyens de défense. Telle fut pendant ces derniers jours et sous nos propres yeux la conduite de Mlle Joséphine Mercier. Etre utile à son pays, voilà le seul sentiment qui l’anime. Son courage, son instruction et les fonctions qu’elle remplit la mettent parfaitement à même d’arriver à son but. » Il signa, comme « chef d’un poste alors au château des Tuileries » un certificat en faveur de Cartal, André, pour attester que ce dernier avait « combattu vaillamment dans les trois mémorables journées et qu’il avait resté sans interruption depuis le jour de la prise de la caserne jusqu’au 3 août et que par sa fidélité et son zèle, il a constamment contribué au maintien du bon ordre et de la tranquillité ». Henriot ajouta l’apostille suivante à un certificat délivré par Durande (voir Durande, Etienne, Jules), élève de l’Ecole polytechnique en faveur de Cuvier, Frédéric : « J’atteste de plus que ledit Cuvier a reçu des contusions qui l’ont empêché de se rendre à ses travaux ordinaires mais qui ne l’ont pas empêché de garder le poste des Tuileries avec la plus grande constance. » Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 211 ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Danré, George, Aimé ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Le Rasle, Gabriel ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cuvier, Frédéric ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Cartal, André ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mercier, Joséphine.

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