Henry, Jean-Baptiste, Victor

Biographie


Né le 20 mai 1805 à Laval (Mayenne). Etudiant en droit. Membre de l’Association de janvier 1830 et combattant de Juillet, selon Morhéry. Morrhéry devait écrire au sujet de l’Association de janvier 1830 dans Réponse aux outrages et aux calomnies dirigées contre moi : « Au commencement de janvier 1830, prévoyant le coup d’Etat dont la liberté était menacée, et voulant organiser des moyens de défense contre les mesures sanglantes que préparait le pouvoir, quelques patriotes, parmi lesquels je citerai MM. Danton) (voir Danton, Jean-François), Sempoil (voir ce nom), Divel (voir Divel, Amand, Adolphe), Guérin (voir ce nom), tous combattants de juillet, arrêtèrent en commun avec moi le projet de former une association ayant pour but de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui. Nous fîmes à ce sujet des ouvertures à plusieurs généraux qui nous donnèrent de belles promesses, mais ne voulurent jamais rien entreprendre. Enfin M. Danton (voir Danton, Jean-François) nous proposa d’en parler à l’auteur de la Guerre nationale, qu’il connaissait particulièrement, M. Auguste Fabre, et il avait un titre bien glorieux encore, celui de frère du grand écrivain, de l’illustre patriote dont la France déplorera longtemps la perte, de Victorin Fabre. Nous acceptâmes. M. Danton lui fit part de nos desseins. On convint qu’il commanderait en second l’association, et qu’il nous mettrait en rapport avec le général Lafayette que nous choisîmes pour commandant en chef. MM. Danton, Sempoil et moi, promoteurs de cette société patriotique, en formions le comité supérieur. Seuls nous avions des rapports directs avec les deux commandants. En très peu de temps nos ventes se répandirent parmi les citoyens de toutes les classes, députés, militaires, ouvriers et étudiants. Je pourrais donner les noms d’un grand nombre de pompiers qui livrèrent leurs armes à leurs coassociés au moment du combat de juillet ; mais je crains d’être taxé d’indiscrétion ; et pour le même motif je passe sous silence le nom de plusieurs députés et d’un grand nombre de militaires. Qu’il me suffise pour le moment d’appeler en témoignage quelques-uns de mes compatriotes qui tous, moins les absents, ont pris une part active à notre révolution. Tels sont MM. Emile Lebreton (voir ce nom), Guilhem (voir ce nom), fils du député, et le brave Kersausie (voir Kersausie, Guillard de, Joachim, René, Théophile) qui, à la première nouvelle des ordonnances, insurgea le 4e régiment de hussards dans lequel il était capitaine. Faut-il ajouter à ces patriotes MM. Le Calvé (voir ce nom), de Saint-Brieuc, qui s’est si bien montré en juillet ; Martin (voir ce nom), Genest (voir ce nom), Boullé (voir Boulay, Séverin, Constant) de Saint-Malo ; Richard (voir ce nom), Bertrand (voir Bertrand, François), décoré de juillet ; Jules Bernard (voir ce nom), fils du député ; son père (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), maintenant conseiller en Cassation ; son oncle (voir ce nom), ex-préfet des Hautes-Alpes, et le malheureux Papu (voir Papu, Nicolas, François), de Rennes qui remplaça dans ma vente mon compatriote Sébilot (voir Sébillot, Pierre), maintenant médecin à Matignon ; enfin Mestivier (voir ce nom), Chauveau (voir ce nom), Henri, de Lavalle (voir Henry, Jean-Baptiste, Victor) ; Potier (voir ce nom), de la Mayenne ; Barnio (voir ce nom, fiche à faire), de Pongibaud (voir Barnicaud, Jourdain, Antoine) ; Vimal (voir ce nom), de Clermont, tous les deux décorés de juillet ; Roger (voir ce nom), de la Vendée ; Bouvier (voir ce nom), du Jura et tant d’autres enfin qu’il serait trop long de nommer et qui se sont consacrés au triomphe de notre révolution. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom dHenri, Victor, Jean-Baptiste sur les listes du Bulletin de lois, sur celles du Moniteur universel et sous le nom dHenry, Victor, Jean-Baptiste, sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa le certificat suivant en faveur de Guignon, Pierre, Michel : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Charles Guignon (sic) a montré, pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet, le plus grand dévouement à la cause de la liberté, en se battant avec nous le 28 pendant la journée à l’Hôtel de ville et le 29 à l’attaque de la caserne de Babylone, ainsi que sur divers points où il a fait preuve de zèle et de courage, en faisant le coup de fusil dans les endroits les plus dangereux. » Il signa, le 12 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Michel, Charles, Louis : « Les soussignés certifient que M. Michel, Charles, Louis, né le 23 mars 1800 à Paris, a toujours professé des opinions conformes à l’honneur et embrassé sincèrement la cause de la liberté dès les premiers instants de l’émission des fatales ordonnance. Il fit partie des groupes improbateurs qui parcouraient le Palais-Royal le 27. Il donna dans la rue Saint-Honoré l’exemple des cris de Vive la Charte ! Le 28, il était armé dès le matin et il parcourait les différents points attaqués avec les défenseurs de nos libertés. Le 29, il accomplit avec énergie et loyauté la mission périlleuse dont il fut chargé en provoquant et décidant l’insurrection de l’Ecole d’Alfort, mouvement qui amena les résultats les plus favorables à la cause nationale. Depuis les immortelles journées, il jouit modestement du témoignage que lui rend sa conscience, de l’estime de ses camarades, de ses amis, qui rendent justice à son courage et à son dévouement à la patrie. Tous ses efforts, ses actions ont été consacrés à l’établissement de l’ordre public, à la conservation des droits et à l’accomplissement des devoirs auxquels a donné naissance notre glorieuse révolution. » Il signa, le 25 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Fayol, Joseph : « Nous, soussignés, certifions que, dans la matinée du 28 juillet 1830, nous avons vu sur le boulevard Saint-Denis le sieur Fayol, interne dans la maison royale de Charenton, armé d’un fusil de soldat, se précipiter au milieu du danger avec un courage digne de la cause que nous défendions, que, plus tard et dans la même journée, étant posté en tirailleur, il a essuyé à lui seul la charge d’un cavalier et qu’il n’a quitté le champ de bataille qu’après l’évacuation des troupes contre lesquelles nous nous battions. Nous attestons encore qu’il est à notre connaissance qu’il a donné tous ses soins à plusieurs blessés. » Il prêta, le 8 août 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il signa bien du nom d’Henry, Jean-Baptiste, Victor. Il sollicita, à titre de récompense nationale, la dispense du paiement de ses droits universitaires. L’annotation suivante était inscrite par l’administration en face de son nom : « S’est bien battu. » Il fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales du paiement des frais universitaires pour parvenir au grade de licencié en droit. Il reçut, comme décoré de la Croix de Juillet, non blessé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. En 1837, professeur ès lettres, il sollicita d’être compris sur la liste des décorés qui devait recevoir une gratification à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il se disait désespéré de l’avenir, la fortune lui ayant échappé et ses études lui étant presque stériles. Il demeurait 4, rue Percée-Saint-André-des-Arts, hôtel de la Paix, en 1830-1837 (4, rue Percée à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements). Réponse aux outrages et aux calomnies dirigés contre moi par M. Bigrel et consorts, chez Auffray, 1832 (par erreur sous le nom de Henri de Lavalle) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie (une fois sur deux sous le nom dHenry, Victor, Jean-Baptiste) ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Guignon, Pierre, Michel ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs (sous le seul nom dHenry) ; Archives de Paris VI1 1, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, idem une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements ; Archives de Paris VK3 19, Mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs (sous le seul nom dHenry) ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 44 in dossier Fayol, Joseph ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Michel, Charles, Louis ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, état de demandes de dispenses de droits universitaires aussi état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement.

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