Henry, Louis, Marie, Auguste
Biographie
Né le 5 août 1804 à Semur (Côte-d’Or). Elève en médecine. Il s’illustra à la Grève, au désarmement des postes de l’Hôtel-Dieu, de l’Odéon, de Saint-Thomas-Aquin, à la prise de la caserne des Suisses de la rue de Babylone. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il donna, le 22 mai 1831 les explications suivantes sur le fait qu’il n’avait pu participer à la distribution des récompenses honorifiques : « Dans l’intérêt des réclamants, j’ai cru nécessaire, en vous adressant mes pièces, de vous rapporter quelques circonstances qui vous prouveront jusqu’à quel point les commissions ont méconnu le devoir dont elles devaient s’acquitter dans toute son étendue. Quand la révolution de Juillet éclata, comme vous, messieurs, je crus de mon devoir d’y prendre part et la lutte étant terminée, j’allais passer mes vacances en province dans ma famille. Les journaux annoncèrent bientôt que des récompenses nationales avait été votées à ceux qui s’étaient distingués pendant les journées de Juillet et que des commissions avaient été nommées pour reconnaître les titres des ayant-droit. […]. Je fis les démarches nécessaires à cet effet, je recueillis donc les témoignages des personnes qui avaient été témoins de ma conduite dans les trois jours et mes certificats légalisés, j’allai (le 9 de partie du manuscrit brûlée) trouver M. Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), ancien élève de l’Ecole polytechnique, président du jury de mon arrondissement, pour les lui présenter ; il me dit qu’il était trop tard, qu’il avait reçu ordre de ne plus recevoir de pièces ni de réclamations, ce qui était faux car il devait les recevoir, comme vous le savez, jusqu’au partie du manuscrit brûlée avril. J’observai à M. Lannoy que je n’avais pu me présenter plus tôt, qu’une maladie m’avait retenu dans mon pays jusqu’à cette époque ; je lui présentai un certificat légalisé par le maire et le sous-préfet, qui prouvait que ce que je j’avançais était vrai et qu’il n’y avait aucune négligence de ma part. A cette attestation, M. Lannoy crut répondre victorieusement, en me disant Tant pis, vous ne deviez pas être malade... Un membre du jury (M. Dufour [voir sans doute Dufour, Louis]), que je connaissais, lui ayant observé qu’il avait porté pour la décoration spéciale des individus dont les titres ne valaient pas, à beaucoup près, les miens et qu’il avait tort de ne pas recevoir mes réclamations, fut rayé, dès le lendemain, de la liste des membres qui composaient son jury. Je crus trouver ailleurs plus de bonne volonté et me rendis chez M. Bétou (voir Bétou Edouard François), élève en droit et membre d’une autre commission, avec mes certificats ; il me refusa pareillement d’en prendre connaissance, me disant que les commissions avaient résolu entre elles de ne plus recevoir de réclamations, afin de terminer plus promptement leurs travaux. M. Betou m’avait donné l’adresse d’un membre d’une troisième commission, M. Guyot (voir Guyot Jules), élève en médecine ; j’y fus et il reçut en effet mes certificats mais la commission en devait plus avoir qu’une seule séance et peut-être me dit-il, elle n’aura pas le temps de les voir. Cependant, il me fit interroger par son jury, qui me prévint auparavant que ne devant plus se réunir qu’une fois il était probable que mes pièces ne seraient pas examinées. Je restai un mois dans cette incertitude, faisant à M. Guyot billets sur billets, visites sur visites pour connaître le résultat de ce que j’avais fait jusque-là. Je ne pus en recevoir de réponse. Enfin, craignant de perdre tout à fait un temps que je savais être précieux, je demandai un réponse ou mes pièces et je reçus mes pièces avec cette réponse que M. Guyot allait donner sa démission de membre de la commission et qu’il ne voulait plus s’occuper de rien. A cette époque, j’appris que la commission de Belleville n’avait pas encore terminé son travail. Je m’y présentai, on me répondit qu’on ne pouvait recevoir mes réclamations parce que je ne demeurais pas à Belleville. Je résolus, car c’était ma dernière ressource, de prendre domicile dans ce pays. Je subis, en cette qualité un second interrogatoire à l’Hôtel de ville, interrogatoire qui n’a duré que quelques minutes tant ces messieurs me pressaient, disant qu’ils n’avait pas le temps de m’entendre pas plus que d’examiner les pièces que je leur remettais et m’engagèrent même à mettre au dos d’un de mes certificats, en quelques mots, ce que j’avais fait pendant les trois jours. Après de telles réceptions de la part des commissions, je n’ai pas été étonné de ne pas voir figurer mon nom dans le Moniteur ; mais ce qui m’a étonné c’est d’y avoir lu les noms d’individus qui se sont présentés après moi et qui, de leur propre aveu, ne s’étaient pas battus, se sont trouvés mériter la décoration mieux que moi mais comme protecteurs je n’avais que des droits très bien partie du manuscrit brûlée et l’événement a prouvé que ce n’était pas assez. Voilà quelles furent mes démarches et leur résultat. Je n’ai rien avancé dans cette lettre que je ne puis prouver au besoin […]. » Le 24 octobre 1831, il faisait à la Commission des réclamants le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « […] Le mardi, je fis mettre sur un brancard un ouvrier qui venait d’être tué à côté de moi, rue Saint-Honoré. Je le fis transporter dans plusieurs rues du faubourg Saint-Germain, afin d’exciter le peuple à la révolte. Le mercredi, j’ai participé au désarmement de plusieurs postes, tels que ceux de la place Saint-Michel, du petit pont de l’Hôtel-Dieu, de l’Odéon, de celui de gendarmerie près Saint-Sulpice, etc. J’ai assisté au combat de la place de Grève. Le jeudi, je fus au Musée d’artillerie, de là au Conseil de guerre, situé rue du Cherche-Midi et enfin à la caserne de Babylone, où je me suis battu tout le temps qu’a duré l’attaque. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, atteste que le nommé Henry, Louis, Marie, Auguste, élève en médecine, était présent à l’attaque de la caserne de Babylone, le 29 juillet 1830, et lui avoir moi-même donné de la poudre pour lui servir à cet effet. » Signé, le 7 décembre 1830 : Monsaingland, marchand boucher, demeurant 3, rue des Vieilles-Tuileries. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Moi, Delaistre, artiste dramatique au théâtre de l’Odéon, grenadier au 3e bataillon de la XIe légion, j’atteste que M. Henry, élève en médecine, s’est présenté le mercredi 28 juillet 1830, au théâtre de l’Odéon, pour se procurer des armes et aider de ses partie du manuscrit brûlée à secouer le joug du despotisme. Etant parvenu à s’armer d’un fusil, il s’est porté partout où sa présence a pu être utile et je l’ai vu plusieurs fois pendant les trois journées revenir chercher des cartouches et la figure noircie par la poudre. Je désire que ce certificat puisse lui être de quelque utilité. » Signé, le 7 décembre 1830 : Delaistre, demeurant 5, rue Corneille. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie […] que le nommé Henry, Louis, Marie, Auguste, élève en médecine, était le 29 juillet 1830 partie du manuscrit brûlée et qu’il y a fait son service en zélé patriote. » Signé, le 13 décembre 1830 : Richard (voir Richard, Louis, Philippe), 1er lieutenant des voltigeurs du 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale, demeurant 20, rue des Mathurins-Saint-Jacques. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussignée, supérieure de la maison de la Providence, rue des Brodeurs n° 10, atteste qu’une de mes sœurs reconnaît M. Henry, pour être venu chez nous, aussitôt après la prise de la caserne de Babylone, à laquelle il paraissait avoir pris une part très active, qu’il a fait transporter dans notre maison un grand nombre d’objets, tels que guêtres, pantalons, chemises, souliers, etc., afin d’éviter la perte de ces objets, qu’il nous a ensuite donné son fusil à garder, pour panser les blessés qui avaient été apportés chez nous pour y recevoir les premiers soins. » Signé, le 7 décembre 1830 : sœur Magdeleine. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, conservateur du Musée de l’artillerie, certifie que M. Henry, élève en médecine, est venu, le 29 juillet de cette année, chercher au Musée des armes pour contribuer à la défense de la liberté et qu’ayant été prié par moi de m’aider à rétablir le bon ordre dans l’établissement partie du manuscrit brûlée et qui n’étaient d’aucune utilité pour la défense s’y est prêté avec le plus grand zèle et avec succès. » Signé, le 7 décembre 1830 : de Carpegnas, conservateur du Musée d’artillerie. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Emile Terrillon, demeurant rue de Bucy, n° 23, certifie reconnaître le sieur Henry, élève en médecine, pour m’avoir remis, le 29 juillet 1830, un fusil qu’il venait de prendre dans une des salles du conseil de guerre, situé rue du Cherche-Midi, où il s’en trouvait plusieurs, qu’il a distribués à différentes personnes. J’atteste en outre l’avoir vu, le même jour, se battre avec acharnement pendant tout le temps qu’a duré l’attaque de la caserne de Babylone, à laquelle il a contribué le plus qu’il a été en son pouvoir et où il est entré un des premiers. » Signé le 7 septembre 1830 : Terrillon, Edme, demeurant 23, rue de Bucy. Il fut reçu docteur en médecine le 22 août 1834. Son titre de docteur en médecine lui donnait, en 1846, le droit d’être sur la liste des jurés mais non électeurs. Henry demeurait 4, rue du Cloître-Saint-Benoît en 1831 ; 4, rue de l’Echiquier en 1838-1854. Archives de Paris VD 6 196, listes électorales 1846 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Leroux, François, Benjamin (sous le seul nom d’Henry) ; Archives de Paris VD 4 11, pièce 3164 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1838 (sous le nom de Henry, Louis, Marie, Augustin), idem pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843 (sous le nom de Henry, Louis, Marie, Augustin), idem pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 (sous le nom de Henry, Louis, Marie, Augustin) ; Archives de la préfecture de police AA 392.