Henry, Michel, François
Biographie
Né le 17 floréal an X à Paris. Ebéniste ou journalier. Il fut blessé d’une balle reçue dans la cuisse gauche, boulevard du Temple. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, L., J., F., Levéville, chirurgien à Charonne, certifie avoir donné mes soins au nommé Henry, Michel, François pour deux plaies à la partie inférieure et postérieure de la cuisse, résultantes du passage d’une balle dans cette partie, lesquelles plaies laissent encore au susdit beaucoup de difficultés à se mouvoir. » Signé, le 9 septembre 1830 : Levéville, officier de santé et chirurgien, demeurant à Charonne. Il reçut deux cent soixante francs de secours après les combats, dont soixante francs en août sur la liste du Constitutionnel. Il fut signalé, le 30 août 1830, par le maire de la commune de Charonne comme « blessé grièvement, chargé d’une nombreuse famille et sans ressources ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Henry, Michel, François demeure aux Amandiers maison Pinson, sans numéro ; qu’il n’était nullement blessé avant le 28 juillet et qu’il travaillait de son état et dans la journée du 28 fut atteint d’une balle à la cuisse gauche au boulevard du Temple pour défendre la patrie. » Signé, le 17 août 1830, les voisins : Bellement : Noirat ; Bauche. Le maire de la commune de Charonne apostilla le certificat, en attestant la véracité des faits avancés dans le certificat et que Henry était chargé d’une nombreuse famille et dénué de ressources. En octobre 1830, il fut l’objet d’une lettre de dénonciation ainsi rédigée et signée de Curot (illisible) : « Je crois en bon citoyen devoir vous prévenir que le nommé Henry, Michel, François, demeurant rue des Amandiers, n° 24, commune de Charonne, vous en a imposé ainsi qu’à monsieur le maire : qu’il était chargé d’une nombreuse famille et qu’il soutient ses père et mère, auxquels il ne donne pas un sou. Tandis qu’il est garçon et vit avec une femme prostituée qui a un enfant. Le nommé ci-dessus n’est qu’un ivrogne qui ne quitte pas le cabaret que tout ne soit bu et cherche dispute à tout le monde. Tout le monde murmure de la vie qu’il mène et moi je dis que c’est offenser Dieu de donner des secours à un être qui en fait de si mauvais usages, tant il est vrai qu’il est en état de travailler depuis plus de deux mois. Demandez-lui son acte de mariage et qu’il vous montre sa blessure. » Ces dénonciations étaient sans doute calomnieuses puisque Henry fut convoqué devant la Commission des récompenses nationales, cependant admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (sous le nom de Henri, Michel, François, sur les listes du Bulletin des lois). Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il avait une fille Antoinette, Françoise, née le 4 mai 1823 et vivait avec sa concubine Vilain, Henriette. Il demeurait 20, rue Montorgueil en 1830 ; 21, rue des Amandiers en 1830-1831. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 28 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 30 ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 ; Archives de Paris VK3 41 (sous le nom d’Henry, Michel, François) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom d’Henry, Michel, François). Voir Henri, Michel, François ?