Herfort, François, Joseph

Biographie


Né le 22 juillet 1802 à Wasselonne (Bas-Rhin). Serrurier-mécanicien (parfois coutelier in Archives de la préfecture de police AA 423 Attentat Fieschi). Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 27, aux rassemblements de la rue Saint-Honoré qui résistèrent contre les gendarmes. Le 28, il combattit à la rue Saint-Honoré, à la place des Victoires, à la Bourse, au marché des Innocents et à la place du Châtelet. Le 29, il partit de la place de l’Odéon, commandant le premier peloton qui fut combattre à Babylone. Il a empêché de tuer un Suisse prisonnier et a cassé les cruches à l’eau-de-vie pour que les combattants ne s’enivrassent pas. Il s’est ensuite rendu aux Tuileries, où il a contribué à rétablir l’ordre. » Il est répertorié (sous le numéro 1275) dans la liste supplémentaire des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il fit partie avec Delestre (président du jury), Condé Louis-Philippe Antoine, Chanonat Pierre Adolphe, Dufresne Olivier Claude, Grün Sébastien Jacques, Laugier Adolphe, Leuillier Antoine Pierre, Maës Nicolas Joseph, Mercier Célestin Joseph Valentin, Paris Théodore Marie Augustin, Parquet Charles Egalité, Prévost Henry François, Vayron François Benjamin, Vitry Pierre Hippolyte, Vitte Joseph Marie, des seize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIe. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 janvier 1831, à cinq voix pour la croix, deux voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Herfort sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout sous celui dHerfort, François, Joseph in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, le 8 août 1831, le certificat suivant en faveur de Levatois, Charles, Joseph, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, décorés de la Croix de Juillet, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Levatois, Charles, Joseph, imprimeur, est parti de l’imprimerie de M. de Courchant, où il était occupé le 27 juillet, pour se rendre au Palais-Royal ; que le lendemain i a combattu à l’Hôtel de ville ; que le 29 il est parti de la place de l’Odéon pour aller à la caserne de Babylone, où il est resté jusqu’à la reddition de cet endroit. Nous attestons en outre qu’il n’a point participé aux secours qui ont été délivrés aux combattants et qu’il est dans une situation à recevoir les bienfaits accordés par la Commission des récompenses nationales. » Il signa, le 24 août 1831, le certificat suivant, en faveur de Matissa, Charles, Joseph quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, combattants de notre glorieuse révolution, certifions pour rendre hommage à la vérité que le nommé Charles, Joseph Matissa, demeurant rue d’Ecosse n° 1, quartier Saint-Jacques, s’est montré avec courage et bravoure au désarmement du poste de la place Maubert et à la prise de la caserne de Babylone. » Il signa le certificat suivant, en faveur de Maubert, Emile quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Maubert, Emile a combattu dans nos glorieuses journées de Juillet et partout où il s’est trouvé pour la défense de nos libertés. Le 27, il se trouvait au Palais-Royal dans l’après-midi, à lire à haute voix les écrits pour exciter les braves patriotes au renversement du despotisme. Le 28, en quittant le quai en face la place de Grève, il alla sonner le tocsin à Notre-Dame et planta sur la tour avec sa cravate le drapeau de la liberté [sans doute dans la nuit du 28 au 29 selon sa fiche à la Commission, N. D. A.]. » Il signa, le 23 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Rogeron, Leobon, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Leobon Rogeron, exerçant l’état de maçon, demeurant rue des Sept-Voies n° 5, a donné des preuves de son dévouement pour la défense de sa patrie, en combattant dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet avec nous. Premièrement au faubourg Saint-Antoine et le soir à la Grève et le lendemain qui était le 29 à la caserne de Babylone et de là au Luxembourg pour arborer le drapeau tricolore et le 30 il a formé le poste avec nous au Collège de France, place Cambrai, d’où il n’a été relevé que le dimanche. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut l’un des signataires, comme « grenadier », (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut condamné à cinq jours de prison, le 15 juillet 1834, pour refus de service de garde national. Il fit partie de la Société des Amis du Peuple puis de la Société des Droits de l’Homme jusqu’à sa dissolution en 1833. Selon ses déclarations, il connaissait Morey (voir Morey, Pierre), compromis dans l’attentat de Fieschi : « Je connais [...] Morey, qui est décoré de Juillet et qui habitait le même arrondissement que moi ; j’ai fait connaissance avec lui à la Commission des récompenses nationales de notre arrondissement. Je l’ai fréquenté souvent dans le commencement de l’année 1835 ; il me parlait quelquefois de son habileté au tir du fusil, il est même à ma connaissance qu’il a gagné à cet exercice. » Il connaissait aussi Pepin (voir Pepin, Pierre, Théodore), lui aussi compromis dans l’affaire Fieschi : « Je me suis trouvé une fois à la noce avec M. Pepin. » Fieschi dit à son sujet : « Je l’ai vu deux fois [Herford] ; c’est un décoré de Juillet qui faisait le républicain et qui s’est fait donner de l’argent par les carlistes. En juin 1832, il avait fait faire des pétards qui contenaient chacun douze balles ; je ne les ai pas vus mais je sais qu’ils ont existé. Il faut qu’il ait reçu beaucoup d’argent, car il était fort embarrassé dans ses affaires, et il est à son aise maintenant. Il s’est établi à son compte. » Sur sa participation à la révolte de juin 1832 et sur la fabrication de projectiles, il dit : « Je n’ai jamais fabriqué de projectiles ; on m’a reproché à cette époque d’avoir reçu de l’argent des carlistes, pour mon propre compte. Il est vrai que mon frère qui était à cette époque, soldat au 6e dragons et qui se trouvait à ce moment en permission à Paris s’est mêlé de ces affaires-là et a été poursuivi ; je l’ai caché jusqu’en décembre 1832, époque à laquelle je l’ai fait partir pour l’expédition de Don Pedro. Je crois qu’il a été tué au Portugal. [...] [Mon frère] avait été dans le 2e régiment de la garde royale à pied, après quoi il était entré dans le 6e dragons. Il m’a dit à l’époque des événements de juin qu’il avait cédé, en se mêlant de ces affaires aux suggestions d’un jeune légitimiste, fils d’un ancien pair sous Charles X mais il ne m’a jamais fait connaître son nom. Je sais cependant que mon frère a distribué de l’argent le 5 juin et je crois qu’il le tenait de ce jeune homme. Quant à moi, je répète que je n’ai pris aucune part à ces événements et qu’étant d’une opinion toute contraire à celle de mon frère il se serait bien gardé de me parler de ses projets. » Une note du cabinet du préfet de police dit au sujet de la fabrication des cartouches : « Le sieur Gontier, quincaillier, place Maubert, n° 33, m’a prié de passer chez lui et m’a déclaré qu’ayant lu dans les journaux les aveux de Bescher à la Cour des pairs, par lesquels ce dernier révèle qu’il lui a été donné par un nommé Herford un certain nombre de cartouches, lui, Gontier, s’était rappelé avoir vendu six à sept livres de poudre audit Herford, demeurant cour Saint-Jean-de-Latran, sous la date du 9 mai 1832, ainsi qu’il est constaté sur son registre. Le sieur Gontier, ayant une permission pour débiter de la poudre, ne craint pas, dit-on, d’être compromis ; mais il a cru qu’il était utile de me faire cette déclaration dans les cas où Herford, qui a nié avoir fourni des cartouches à Bescher, viendrait à donner de faux renseignements ou chercherait à l’inculper.[...] Signé, le commissaire de police du quartier Saint-Jacques. » Boireau convint aussi qu’il le connaissait et qu’il avait été sur le point d’avoir un duel avec lui, que Fieschi devait être son témoin et Maurice, autant qu’il pouvait le savoir, celui de Herford. Au procès, Fieschi donna des indications supplémentaires : « [...] Lorsque j’étais chez Morey, on parlait un jour des affaires de juin ; Morey parlait avec Bescher, Bescher dit : “Il y a un nommé Herford, un décoré de juillet, qui, à ce qu’il paraît, est comme les confiseurs, vend des dragées pour tous les baptêmes.” A cette époque, il aurait eu l’argent des carlistes. Je ne vois pas que Bescher soit mon complice, mais peut-être sa conscience le poussera à dire la vérité. Il vous dira qu’il a dit qu’Herford avait fait des pétards chargés de douze balles pour jeter dans les pelotons de cavalerie, qu’il l’avait vu un jour près de la Madeleine avec un sac d’argent, que Herford lui en avait offert et qu’il avait accepté cinq francs ; qu’il avait dit enfin que Herford avait bien fait son affaire, qu’il avait eu les écus des carlistes, qu’il était établi après avoir été ouvrier. » Bescher, quant à lui, ne se rappelait de rien, prétextant une fièvre cérébrale qu’il avait eue et qui lui avait laissé très peu de mémoire. Sur le duel, Fieschi dit encore : « Le matin nous sommes allés dans la rue Saint-Jacques pour déjeuner, Brocard, moi, Morey et Boireau ; Herford descendait de la barrière ; il paraît que de son côté il avait passé la nuit. – (Herford) Je venais de la noce d’un de mes ouvriers. – (Fieschi) Nous avons été alors à la place Cambrai. Nous sommes entrés à gauche dans un enfoncement. Là, on s’est mis à boire. Moi je n’avais pas soif. Il s’éleva plusieurs questions ; et quand j’ai vu que l’affaire s’engageait pour arriver aux coups de poing, moi qui n’en étais pas, je sortis et je dis à Boireau : “Comment, vous qui vous dites mon ami, et qui savez que je suis poursuivi, vous me menez dans des endroits où je puis être arrêté. J’allais chez Salis, où je vis bientôt arriver Boireau, qui me dit que Herford lui avait donné un soufflet avec le poing fermé, (On rit.) que son chapeau ne pouvait plus tenir à la tête. Il ajouta qu’il avait demandé raison à Herford, et qu’il fallait que je sois son second. Je lui répondis : “Tu sais bien que je ne peux pas, à cause de la position ; je suis toujours en campagne, comme la clé de Mahomet.” Boireau me dit : “C’est égal, nous avons rendez-vous au Café des Sept-Billards.” Je lui demandai si moi qui étais poursuivi, je devais fréquenter le Café des Sept-Billards. Je l’engageai à aller sur la place de l’Archevêché. J’allai de ce côté, et je me tins sur le pont. J’attendis que Boireau arrivât. Je le laissai chercher, et je regardai si quelqu’un venait après lui : je craignais que ces messieurs ne voulussent me jouer le tour. Je vis Boireau tout seul, et alors je l’appelai et lui dis : “Tu étais en ribote, c’est ton habitude : tu as fait de l’embarras, on t’a frappé ; j’arrangerai cette affaire, sois tranquille. Je parlais à Maurice, et le duel n’eut pas lieu. – (M. Martin du Nord à Boireau) Avez-vous souvenance de ces faits ? – Boireau. – Oui, mais l’affaire ne s’est pas passée ainsi. Quand j’ai reçu cette insulte, j’ai voulu que Herford me rendît raison. Il me donna rendez-vous au Café des Sept-Billards ; je pris Fieschi pour mon second. Quand je fus au café, j’attendis une demi-heure Herford, il ne me vint pas ; je lui écrivis, il resta chez lui. » Herford demeurait place Cambrai, 75, cour Saint-Jean depuis le mois de mars 1830, y était établi en boutique et payait un loyer de 300 francs. Voir Brocard et Petitjean. En 1836, il fut arrêté dans l’affaire de la rue de Lourcine, où une perquisition permit de découvrir une fabrication clandestine de poudre et de balles, et condamné à un an de prison et mille francs d’amende. Il signa, le 25 août 1848 et comme commissaire d’enquête, le certificat suivant en faveur de Mercier, Hippolyte, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, tous décorés de Juillet, certifions qu’il est à notre connaissance que le citoyen Hippolyte Mercier, ancien officier de cavalerie, a été mis en réforme en 1838, par suite de dénonciations au ministre de la Guerre et renvoyé comme officier dangereux. Nous attestons également que depuis dix-huit années nous l’avons toujours reconnu comme un bon et zélé patriote, sacrifiant tous ses intérêts personnels à ses opinions politiques. » Il reçut une allocation de quarante francs entre 1849 et 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 15, clos Saint-Jean-de-Latran (mais 17, clos Saint-Jean-de-Latran in Archives nationales F/15/2557-2559 ; 15, passage Saint-Jean-de-Latran dans le certificat quil signe in Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Maubert, Emile) en 1830-1831 ; 4, rue du Coq-Héron à une date indéterminée entre 1849 et 1853 ; 15, rue Frémicourt à Grenelle en 1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste supplémentaire des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 15 janvier 1831 ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, interrogatoire de Fieschi du 19 août 1835 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 1275) ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 46 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives nationales CC//687 D 3, voir aussi Barthélemy CC//689 ; Archives nationales CC//692 3e liasse ; Gisquet p. 181 ; Procès de Fieschi et de ses complices, chez A. E. Bourdin, Paris, 1836, p. 210 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72 ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Levatois, Charles, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Matissa, Charles, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Maubert, Emile ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mercier, Hippolyte ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Rogeron, Leobon ; Archives de la préfecture de police AA 423 Attentat Fieschi.

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