Héribel, Victor, Edouard
Biographie
Né le 25 juin 1804 à Rouen (Seine-Maritime). Ancien militaire ayant servi six années dans le 47e de ligne, devenu sellier. Il ne fit qu’en 1831 les démarches nécessaires à l’obtention de la décoration de Juillet, forcé qu’il avait été jusque-là de se rendre à Rouen, pour affaires de famille. Il joignit à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Héribel, Edouard, Victor (sic), sellier, âgé de vingt-sept ans, demeurant rue de la Pépinière n° 25, s’est distingué par sa bravoure et son courage dans les journées à jamais mémorables des 27, 28 et 29 juillet, qu’entre autres choses il a sauvé de la rage des gardes royaux une malheureuse victime qui avait eu les deux jambes coupées par la mitraille et avait reçu un coup de baïonnette à la poitrine, malgré la fusillade qui ne discontinuait pas. Il s’est aussi trouvé à la prise de la caserne de la Pépinière où il a également montré le plus grand courage et après la prise de cette caserne, s’est exposé à de nouveaux dangers pour distribuer des cartouches aux braves défenseurs de la liberté. Ledit Héribel, forcé de se rendre peu de temps après à Rouen pour des affaires de famille, dont il n’est que de retour, il n’a pu faire ses réclamations et nous prions messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales de vouloir bien examiner la conduite du susnommé et le récompenser selon son mérite. » Signé, le 15 juin 1831 : Boyer, limonadier, demeurant 23, rue de la Pépinière. Suivait les apostilles de Marjolin (voir ce nom) : « Le sieur Sellier (sic) a effectivement aidé à transporter un blessé à l’hôpital Beaujon le 28 juillet 1830. » De Delannoy, capitaine en retraite : « Il est à ma connaissance que le sieur Héribel a contribué à la prise de la caserne de la Pépinière. » De Tremblay, père : J’atteste avoir vu le nommé Heridel (sic) passer devant chez moi et portant un homme qui avait reçu deux balles à la jambe. » Il lui fut répondu que sa demande avait été présentée trop tardivement et que le travail de la Commission des récompenses nationales était terminé. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Certificat constatant que le sieur Heribel s’est battu vaillamment pendant les trois journées et que le 29 il a fortement participé à la prise de la caserne de Babylone, suivant les apostilles de six témoins, dont plusieurs décorés qui déclarent avoir vu les faits. Suit une apostille de M. le général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales, ainsi conçue : “La demande du pétitionnaire étant trop tardive, la Commission ne peut s’en occuper : ce serait aller contre l’ordonnance du roi, qui a clos ce travail. Je regrette que le pétitionnaire n’ait pas suivi plus tôt la marche indiquée par la Commission, en s’adressant à la mairie. » Nota : le sieur Héribel était absent de Paris depuis longtemps. » Il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « A la Pépinière et aux portes Saint-Denis et Saint-Martin. Demande la Croix de Juillet, du service militaire ou un emploi civil. Ancien militaire, il mérite ce qu’il sollicite. » Il demeurait 25, rue de la Pépinière en 1831 ; 23, rue de Pépinière en 1832 in Archives nationales F/1dIII/82. Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations et aussi la liste de Lacroix (sous le nom d’Héribel, Edouard, Victor). reporter les noms cités.