Heroult, Louis, Pierre
Biographie
Né le 8 avril 1807 à Roncheville (Calvados). Etalier-boucher. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. En septembre 1830, il sollicita une place d’officier dans la garde municipale à cheval ou dans tout autre régiment de cavalerie, ou son admission à l’Ecole de Saint-Cyr, ou une place de garde forestier dans les Eaux et Forêts, précisant : « Ayant […] perdu ma place par la mort de l’homme intrépide qui m’utilisait, […], ma situation devenant chaque jour plus difficile ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 4 août, par procuration de sa femme, et son brevet le 17 août 1831. En 1831, il était maréchal des logis au 7e régiment des chasseurs à cheval, en garnison à Sarreguemines (Moselle) (mais au 13e chasseurs à Compiègne in Archives nationales F/1dIII/39, mais bien au 7e régiment des chasseurs à cheval, en garnison à Sarreguemines in Archives de Paris VD6 281 n° 1). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne des indications supplémentaires sur lui-même et sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressait, en effet le 26 juin 1848, la lettre suivante (qu’il signait bien Héroult et non Heroult) à cette Commission : « Un malheur vient de frapper en ma personne un enfant des barricades de Juillet, et décoré à ce titre, ayant servi jusqu’en 1836 comme maréchal des logis au 7e chasseurs à cheval. Rentré à cette époque à Paris, je me suis livré au commerce jusqu’en 1845. Ensuite j’ai voyagé pendant deux ans pour mes affaires, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Russie. A mon retour, j’ai rassemblé mes économies et les ai placées puis je fus habiter à cent cinquante lieues de la capitale pour y vivre de mon modique revenu. Depuis un an, j’habite cette retraite, où je suis frappé aujourd’hui par une faillite, qui me ruine entièrement et m’oblige à travailler de nouveau. C’est à cet effet que j’ai l’honneur de solliciter de votre bienveillante bonté de vouloir bien transmettre ma supplique à la Commission des récompenses nationales, à laquelle je m’adresse en toute confiance, pour lui demander un emploi, quel qu’il soit car le pressant besoin de travailler dans lequel je me trouve est et sera toujours pour la Commission et le gouvernement de la république un sûr garant de mon dévouement et de ma reconnaissance éternelle […]. » Il joignait à sa demande les deux certificats suivants. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, voulant rendre justice à la vérité et payer un dévouement patriotique, attestons que notre concitoyen Héroult, Louis, Pierre, âgé de vingt-trois ans, demeurant rue de la Bibliothèque n° 8, cédant à l’enthousiasme inspiré par l’amour de la liberté et n’apercevant ni les baïonnettes ni la mort, se précipita en armes au coin de la rue du Roule, à la tête d’un détachement qui, d’après sa bravoure, l’adopta comme capitaine, le 28 juillet, où il soutint avec ardeur le feu du 15e léger, formé en carré pour exterminer le peuple et qu’il résista aux feux suivis de la troupe, bravant le danger et encourageant les citoyens que l’ennemi assassinait et auquel il rendait un courageux représail ( ?). Forcé de battre en retraite jusqu’à la rue Tirechappe, où il se défendit à outrance en perdant quelques hommes, il força les voisins du combat à enlever indistinctement les morts et les blessés des deux partis et vint reprendre avec les débris de ses partisans une position plus avantageuse dans la rue des Deux-Ecus, où il a su soutenir avec intrépidité le feu croisé de trois régiments, qui lui a tué plusieurs braves malgré ses précautions d’embuscade. Mais, après avoir honorablement résisté, il vint se placer au marché des Innocents, où il eut le bonheur d’arracher à une mort certaine un brave citoyen qui allait être victime de deux misérables gendarmes, dont il tua l’un et dont, malgré tous ses efforts il ne put sauver l’autre qui fut fait prisonnier et dont le peuple fit justice, malgré sa bonne volonté de le sauver. » Signé : Ceheux, marchand boucher, demeurant 7, rue des Deux-Ecus ; Natter, limonadier, demeurant 9, rue des Deux-Ecus ; Thomin (voir Thomin, Antoine), demeurant 29, rue de Viarmes, qui certifiait être celui à qui Héroult avait sauvé la vie : Gibert aîné, marchand quincaillier, demeurant 11, rue des Deux-Ecus ; Masson, demeurant 3, rue des Deux-Ecus. Le second certificat, ainsi rédigé : « 29 juillet. Journée de gloire et immortelle. Héroult, couvert d’honneur eu toujours plus d’enthousiasme, trouva de nouveau le champ où il devait combattre et toujours intrépide il se porta rapidement au Louvre et aux Ecuries du roi, dont il aida l’évacuation et fut un des premiers qui s’emparèrent de la pièce de canon en batterie à l’angle de la rue de Rohan et, après avoir conduit cette pièce à la Bourse, Héroult, aussi humain que brave, revenant par la rue Vivienne, s’élança au milieu du peuple irrité, qui voulait se venger de deux soldats du 15e, en combattant pour l’humanité contre la fureur qui était sourde à ses cris. Il parvint à sauver un de soldats, qu’il conduisit au quartier général de la Bourse, se contentant de prendre trois cartouches dans son sac et de revenir combattre sur la place du Louvre, où il continua à donner des preuves d’intrépidité, en se battant en homme d’honneur, en Français, et avons signé en citoyens reconnaissants en le voyant continuer malgré ses fatigues son service volontaire à la Bourse. » Signé : Hardy (voir Hardy, Claude, Abraham), marchand de vin, demeurant 8, rue de la Bibliothèque ; Lesné, demeurant 17, rue de la Bibliothèque ; Charpentier, demeurant, 13, rue de la Bibliothèque ; Dusutart, demeurant 23, rue de la Bibliothèque ; Renaud, demeurant 23, rue de la Bibliothèque ; Prodhomme, demeurant 13, rue de la Bibliothèque ; Prost, demeurant rue de la Bibliothèque ; Doneau, demeurant 17, rue de la Bibliothèque ou 19, rue de la Bibliothèque le manuscrit est brûlé ; Thoussaint, demeurant 10, rue de la Bibliothèque (voir sans doute Toussaint, demeurant 10, rue de la Bibliothèque, qui signe pour Fourcade, Clément) ; Mottin, demeurant 12, rue de la Bibliothèque. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 8, rue de la Bibliothèque en septembre 1830, 24, rue Montmartre en 1830 ; puis à Compiègne en 1830 ; à Sarreguemines en 1831 ; sa femme, 3, rue du Bons-Puits, la même année ; à Gentres près de Libourne (Gironde) en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 392.