Hérout, François, Napoléon

Biographie


Né le 27 janvier 1806 à Chambord (Eure). Enrôlé volontaire à la mairie du (ancien) IXe arrondissement le 2 juin 1825, au 14e régiment d’infanterie de ligne, caporal le 1er janvier 1827, passé aux grenadiers avec son grade le 15 janvier de la même année, il était en congé d’un an en juillet 1830 (et établi menuisier en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main). Il reçut un coup de crosse dans l’aine, et fut contusionné à la tête et au genou. Il reçut, comme blessé, un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fit parvenir à la Commission un Détails des affaires de Juillet par Hérout, François, Napoléon, ainsi rédigé : « Je partis de Rueil le 27. Quelque temps après les Suisses, je suis entré par la barrière de l’Etoile et fus droit à la Bourse, où se rassemblait la garde nationale (j’étais alors en blouse et en casquette de drap). M’étant mis dans les rangs, je les suivis un moment mais, dans l’espoir de me procurer des armes, je fus au marché des Innocents, du côté des porchers où il se trouve des fripiers. Là, après être resté un instant spectateur, je suppliai un bourgeois de me prêter un fusil de chasse, qu’il avait, et je pris part à l’action. Je tirai sur le 3e régiment de la garde qui occupait le marché des Innocents, positivement en face où se trouvent actuellement déposées les malheureuses victimes de la révolution. Je n’ai quitté de me battre que lorsque je n’ai plus eu de munitions. Je me suis mis à dépaver les rues avec tout le monde. J’étais avec un nommé Gauguin, garçon boulanger, et plusieurs de ses camarades. Nous fûmes nous rafraîchir chez un marchand de vins, que nous fîmes ouvrir. Un de ceux avec lequel j’étais, qu’on m’a dit être garçon boulanger (ayant une veste grise et une casquette) s’est emparé d’une pince et fit voler avec facilité les pavés, qu’on pouvait ôter. De là, voyant que je n’avais pas grand-chose à faire, je fus rue des Prouvaires. Je passai à côté d’un malheureux garde national qui était étendu mort près d’une borne. Nous fûmes repoussés par les Suisses, qui se dirigeaient sur Saint-Eustache. Je vis tomber près de moi trois bourgeois, d’une seule décharge, et nous fûmes vigoureusement poursuivis. Je reçus un coup de crosse de fusil à l’aine du côté droit, qui me fit bien souffrir et dont je me ressens encore. Je partis de là pour aller du côté de la Grève. Je passai par le Pont-Neuf. Je vis, au bout, de la troupe et plusieurs pièces de canon, dont les canonniers avaient la mèche allumée. Je vis encore, près la pompe, plusieurs pièces de canon et de la garde royale. Je crois avoir vu un maréchal de camp. Je vis aussi des grenadiers de la garde à cheval, au galop, escortant un chariot chargé de cartouches. En passant par le quai des Lunettes, je vis tuer un bourgeois par les gendarmes de la préfecture. Je ne pus le venger, n’ayant aucune arme. Je passai près la troupe, échelonnée au bout du Marché aux fleurs. Je gagnai très difficilement le pont d’Arcole, où je tirais plusieurs coups de fusil sur la troupe qui occupait la place de Grève. J’avais un fusil de munitions rouillé. Le pont était sur ma droite et derrière moi était une petite rue où il y a un trottoir. Là, il y eut une personne blessée très dangereusement à la tête. La personne qui m’avait prêté le fusil dont je me servais était assise près d’un petit grillage qui est au bout de la rue dont je viens de parler. Cet homme était habillé en veste et portait une casquette. Je remarquais encore un homme en pantalon garance et en chemise. Je crois bien que c’était un troupier d’un régiment de ligne. Il était de l’autre côté du pont et tirait aussi vivement sur la place de Grève. Après m’être battu longtemps, j’ai remis le fusil à son propriétaire et m’en suis allé du côté de Rueil me mettre en tenue et prendre mon sabre et mes pistolets que j’y avais déposés. En traversant les Champs-Elysées, je fus manqué de deux coups de fusil tirés par quelques troupiers de la garde royale et d’un coup de pistolet tiré par un lancier de la garde. Etant arrivé avec beaucoup de peine à Rueil, je fus obligé de me coucher, souffrant beaucoup du coup de crosse et du genou sur lequel j’étais tombé. Le surlendemain, étant un peu mieux, je mis mon habit militaire, mes deux pistolets dans ma ceinture que je m’étais faite, je pris mon sabre que je cachais le mieux que je pus sous une blouse. En arrivant à Neuilly, je déposai ma blouse chez un marchand de vin où je pris avec quelques ouvriers deux bouteilles de bière. Nous nous dirigeâmes ensuite tous ensemble sur Paris. En arrivant à la barrière de l’Etoile, nous prîmes encore deux bouteilles de bière. Le maître du café me prêta un couteau pour couper les fleurs de lys qui étaient à mon bonnet de police. Je fus de là à la Bourse, où je me trouvai épuisé de fatigue et de souffrances. Je fus obligé de me coucher sur un banc. Un élève de l’Ecole polytechnique me donna du pain et un morceau de viande. Je pris également un verre de vin, qu’un homme me donna d’une pièce défoncée par un bout, qui était au milieu de la Bourse près des blessés. Un nommé Arrochart, tailleur, me remarqua. Venant du dehors, tout en nage, rapportant du pain et de la viande que je m’étais fait donner chez des restaurateurs près de la Bourse, je distribuai à tous ceux qui m’en demandèrent, coupant avec mon sabre morceau par morceau. Je n’en gardai pas même pour moi. J’étais alors sur les marches de la Bourse. Je fus ensuite dans la Bourse remplir de ferraille des petits sacs que j’avais. Quand cela fut fait, je pris un ruban tricolore qu’une petite femme bossue qui était dans la Bourse, occupée à en faire, me présenta. Un sergent-major du 15e léger, faisant fonction de secrétaire au bureau qui était dans la Bourse, prit mes noms et mon grade et le numéro du corps auquel j’appartenais. Je fus après prendre le fusil du factionnaire qui était à la porte de l’endroit où l’on faisait des cartouches. Je suis resté près d’une demi-heure à sa place. Après je fus me promener rue de Richelieu, où je vis deux soldats du train d’artillerie qui s’étaient mal comportés envers un bourgeois et qui blasphémaient contre la garde nationale. Je les arrêtai et, avec l’aide de quelques bourgeois, je les ai conduits à la Bourse. On les fit passer au bureau pour les interroger. J’ignore ce qu’ils devinrent après. Un bourgeois vint me dire Caporal vous devez avoir besoin [de manger, N.D.A.]. Sur ma réponse affirmative, il me pria de le suivre ainsi que plusieurs autres qui étaient là. Il nous mena dans la grande cour d’un hôtel peu éloigné de la Bourse. On nous fit mettre à table au milieu de la cour. Nous étions quatorze. On nous servit chacun un potage, une portion de viande, un litre de vin pour deux, du pain à discrétion. Nous laissâmes ensuite notre place à d’autres qui attendaient impatiemment le moment de nous remplacer. En sortant de là, je fus avec un sapeur-pompier à la Grève voir ce qu’il s’y passait. En arrivant, deux élèves de l’Ecole de nous firent partir avec eux et cinquante hommes environ. Ils me nommèrent sous-lieutenant provisoire et mon camarade, sergent. Nous fûmes d’après les ordres de l’état-major de l’Hôtel de ville sur la route de Fontainebleau pour attendre un convoi de poudre qui devait y passer et qui était destiné pour la garde. Il devait être escorté par la cavalerie. Nous avions l’ordre de nous en emparer. Nous y passâmes la nuit, ayant placé des factionnaires en ligne à une grande distance sur la route avec l’ordre de se reployer sur nous dès qu’ils apercevaient quelque chose. Mais notre attente fut vaine. Il ne vint rien. Nous nous en dédommageâmes en saisissant ailleurs une vingtaine de livres de poudre, que nous portâmes le lendemain à l’Hôtel de ville. L’élève de l’Ecole qui commandait en chef le détachement me promit qu’il me porterait sur son rapport, j’ignore s’il l’a fait. Me trouvant alors trop souffrant pour continuer, je suis parti à Rueil avec un pan d’habit de Suisse que j’avais arraché. Je suis resté encore longtemps à la barrière de l’Etoile avec les hommes de garde. Nous partîmes ensuite pour aller donner la chasse aux soldats de la garde qui étaient dans le bois de Boulogne. Ayant recruté un fusil, je partis avec les autres pour Rambouillet. A Versailles les souffrances que j’éprouvais me forcèrent à rebrousser chemin. Je partis dans la nuit pour aller à Mantes mais en passant par Saint-Germain je fus obligé de laisser mon fusil et mon sabre au corps de garde ; ils doivent même y être encore, n’ayant pas été les réclamer. Dès que je fus arrivé à Mantes, j’ai gardé le lit quelque temps. Ayant entendu dire que nous avions la guerre du côté de l’Espagne, j’engageai ma montre pour payer les frais de l’auberge où j’avais été forcé de rester et je partis à Evreux prendre une feuille de route pour rejoindre mon régiment qui était à Perpignan. Y étant arrivé avec beaucoup de mal, j’eus la douleur de me voir casser des grenadiers et remis dans le illisible, sans aucun autre motif que de m’être trouvé aux affaires de Paris. J’ai pensé que cela me venait de M. Maugelas, commandant et filleul de Charles X. A la revue de l’inspecteur je fis ma réclamation, qu’il trouva juste et me fit passer aux voltigeurs et me promit un avancement rapide. J’étais le plus ancien caporal de ma compagnie et tous les jours j’en voyais passer de moins ancien que moi. Dégoûté du service, j’ai tout fait pour obtenir un congé de réforme et je suis revenu à Paris. En arrivant, je sollicite la récompense nationale. La fatigue a empiré la blessure que j’ai reçue et me force à garder le lit. Sans aucun secours que de ma sœur qui avec le produit de sa journée nous soutient tous deux, n’ayant plus ni père ni mère. Je me recommande donc à la Commission pour obtenir des secours et dès que je serai rétabli si on veut m’accorder du service, avec un grade honorable je serai prêt encore à partir et à remplir les devoirs d’un bon militaire français. J’espère, messieurs, que vous aurez quelques bontés pour moi. Ayant doublement exposé ma vie, étant militaire si j’avais été pris par la troupe, j’aurais été fusillé de suite. Si vous ne pouvez m’accorder un grade honorable et qu’il vous soit facile de me donner une place de commissaire dans quelque sous-préfecture, je pourrais vous présenter de bons certificats d’une conduite intacte. Je vous prie, messieurs, d’avoir égard à ma position malheureuse et de ne pas m’abandonner. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il sollicitait de passer maréchal des logis dans la cavalerie. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (il est aussi sur la liste des médaillés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement in Archives de Paris VD6 3 ; MAIS IL EST SURTOUT SUR LA LISTE DES MÉDAILLÉS DU 1ER ARRONDISSEMENT IN Archives nationales F/1dIII/39 et sur la liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement in Archives de Paris VK3 25 bonne date de naissance, adresse et métier). Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté dans la cavalerie comme maréchal des logis au 2e escadron du 4e régiment des lanciers, en garnison à Stenay (Meuse) en 1831. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 22 octobre 1831. Il demeurait 8, rue Saint-Nicolas-d’Antin en 1830 ; 4, rue Estienne en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 (sous le nom d Héroult, François, Napoléon) ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du mais sans doute par confusion darrondissement il y en a tellement dans cette liste (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom dHéroult, François, Napoléon) ; Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement (encore une erreur mais il est bien sur la liste avec le nom dHerout, demeurant 8, rue Saint-Nicolas-dAntin) ; (il signe bien Hérout, François, Napoléon) ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom dHéroult, François, Napoléon) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement (bien sous le nom dHerout, François, Napoléon, né le 27 janvier 1806 à Chambord, menuisier, demeurant 8, rue Saint-Nicolas-dAntin comme in Archives de Paris VK3 25), Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement (bien sous le nom dHéroult, François, Napoléon, ancien militaire, demeurant 4, rue Estienne) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom d Héroult, François, Napoléon). Il y a bien sur les listes des journaux un Héroult, François, Napoléon et un Hérout, François, Napoléon… Il y en aurait deux ? un dans le 1er et un dans le 4e arrondissement ? il ny en a pourtant quun sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39.

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