Higonnet, Guillaume, Philippe, Joseph

Biographie


Né le 4 avril 1802 à Maubeuge. Architecte. Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Higonet : « La mairie des Petits-Pères avait été emportée par trois patriotes dont on connaissait déjà les noms : c’était MM. Degousée (voir Degousée, François, Joseph), Higonnet et Laperche (voir Laperche, Alexandre). [Sur l’arrivée du général Dubourg à la mairie des Petits-Pères] La veille, à la mairie des Petits-Pères, le général Dubourg s’était présenté devant Higonnet et Degousée. – Messieurs, avait-il demandé, avez-vous besoin d’un général ? – D’un général ? avait répondu Degousée. Dans les moments de révolution, il suffit d’un tailleur pour en faire un ; tant qu’il y aura des tailleurs, on ne manquera pas de généraux. [Sur l’expédition de Rambouillet] Notre fiacre était un des premiers après l’état-major du général. Cet état-major se composait de Jacqueminot, de Charras, de Charles Ledru, d’Higonnet, et de M. de Lagrange, de Vernon et de Bernadou (voir ce nom). Vernon et Bernadou étaient en élèves de l’Ecole. Charles Ledru, en garde national à cheval, ancien uniforme, avec le casque ; Higonnet portait l’uniforme d’élève de l’Ecole d’équitation de Saumur ; enfin M. de Lagrange portait celui des chasseurs. » Dumas cite aussi le nom de Higonnet parmi ceux des combattants qui ont le plus contribué à la victoire de Juillet : « Ceux qui ont fait la révolution de 1830, ce sont ceux que j’ai vus à l’œuvre, et qui m’y ont vu ; ceux qui entraient au Louvre et aux Tuileries par les grilles rompues et les fenêtres brisées ; c’est, hélas ! – qu’on nous pardonne cette funèbre exclamation, la plupart d’entre eux sont morts, prisonniers, exilés aujourd’hui ! – c’est Godefroy Cavaignac, c’est Baude, c’est Degousée, c’est Higonnet, c’est Grouvelle, c’est Coste, Guinard, Charras, Etienne Arago, Lothon, Millotte, d’Hostel, Chalas, Gauja, Baduel, Bixio, Goudchaux, Bastide, les trois frères Lebon – Olympiade, Charles et Napoléon, le premier tué, les deux autres blessés à l’attaque du Louvre –, Joubert, Charles Teste, Taschereau, Béranger... Je demande pardon à ceux que je ne nomme pas et que j’oublie ; je demande pardon aussi à quelques-uns de ceux que je nomme, et qui aimeraient peut-être autant ne pas être nommés. Ceux qui ont fait la révolution de 1830 c’est cette jeunesse ardente du prolétariat héroïque qui allume l’incendie, il est vrai, mais qui l’éteint avec son sang ; ce sont ces hommes du peuple qu’on écarte quand l’œuvre est achevée, et qui, mourant de faim, après avoir monté la garde à la porte du Trésor, se haussent sur leurs pieds nus pour voir, de la rue, les convives parasites du pouvoir, admis, à leur détriment, à la curée des charges, au festin des places, au partage des honneurs. » Dans le récit que faisait Tourrel ou Touzzel de sa propre participation aux événements de Juillet, on trouve de nombreuses indications sur celle d’Higonnet. Ce récit était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie sur l’honneur que, dans les affaires des 27, 28 et 29 juillet 1830, je me suis trouvé dans la matinée du 28 avec MM. Degousée (voir Degousée, François, Joseph), lieutenant-colonel attaché à l’état-major de la garde nationale et Higonnet, faisant fonction d’officier d’ordonnance de M. le général Pajol. Nous sommes partis de la rue d’Artois au nombre de huit et nous nous sommes rendus directement à la mairie des Petits-Pères, pour y réunir les vrais patriotes. Je fus prévenu que le télégraphe situé sur la caserne des Petits-Pères faisait des signaux. Je m’y transportai avec vingt hommes, que je réunis pour y abattre l’intérieur de leur mécanisme. Ce que j’ai fait exécuter. De là, nous nous sommes transportés au poste de la Banque, qui était commandé par un officier du 50e de ligne et que l’on fit occuper par des gardes nationaux. Je pris ma direction avec cent cinquante hommes et me dirigeai au marché des Prouvaires, où je me trouvai dans cette rue face au 15e léger, contre lequel j’ai combattu. Au moment de mon arrivée, M. le capitaine Miel venait d’y être tué. Afin que vous puissiez recevoir de plus amples informations, l’on peut interroger M. Degousée, qui demeure rue de Chabrol, et M. Higonnet, impasse de la Fidélité, 5 bis, en outre M. Domergue (à retrouver, pas retrouvé…), qui a eu le corps traversé d’une balle, peut enfin être appelé en témoignage. PS : les armes qui ont été délivrées à la mairie des Petits-Pères l’ont été par moi et cela par les ordres de M. Degousée. » Louis Blanc, dans son Histoire de dix ans, 1830-1840, donne le récit suivant de la participation de Higonnet aux journées de Juillet : « L’invasion de la mairie des Petits-Pères fut un des premiers épisodes de la journée du 28. Là s’étaient rendus de grand matin, armés de fusils et prêts pour le combat, MM. Degousée, Higonnet, Laperche. M. Degousée portait l’uniforme de la garde nationale, et beaucoup d’hommes du peuple s’étaient joints, le long des boulevards, à ce groupe de citoyens courageux. Bientôt le poste fut forcé, la mairie occupée, les fusils qu’elle contenait furent distribués au peuple, on battit le rappel. A ce bruit solennel du tambour annonçant l’émeute, plusieurs bourgeois s’émeuvent, revêtent leurs uniformes de gardes nationaux, et accourent en armes sur la place. Quelques-uns se détachent et vont garder le poste de la Banque, mêlés aux soldats de la ligne ; d’autres s’installent à la mairie pour y veiller à l’ordre public. C’étaient là pour des insurgés d’étranges auxiliaires. Cependant, l’agitation se répandait partout, et des coups de fusil retentissaient dans les rues voisines. Quelques-uns de ceux qui s’étaient emparé du poste veulent en sortir pour aller combattre. Les gardes nationaux les arrêtent, un d’eux s’écrie : “Que faites-vous ? l’on va nous croire hostiles ! – C’est bien ainsi que je l’entends”, répond M. Higonnet avec mépris, et il menace son interlocuteur de le coucher en joue. [Le 28 juillet au soir…] A la même heure, deux citoyens, MM. Higonnet et Degousée, se promenaient sur la place des Petits-Pères, devenue déserte. Un inconnu les aborde et leur dit : “Le combat recommence demain. Je suis militaire. Avez-vous besoin d’un général ? – D’un général, répond M. Degousée ? Pour en faire un en temps de révolution, il suffit d’un tailleur.” Et M. Higonnet ajoute : “Vous voulez être général ? eh bien, prenez un uniforme et courez où l’on se bat.” Cet inconnu se nommait Dubourg. Il trouva le conseil bon ; il le suivit, comme on verra plus bas, et le lendemain il fut roi de Paris pendant quelques heures. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Higonnet fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement (sous le nom dHigonnet, Guillaume, Philippe sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Dans le récit que faisait Gechter de sa propre participation aux combats de Juillet, il laissait les indications suivantes concernant Higonet : « J’ai eu l’honneur de déposer à la Commission des récompenses nationale, dans le courant de septembre dernier, les nombreux certificats dont je suis porteur, attestant ma conduite dans nos glorieuses journées de Juillet et revêtus entre autres signatures de celles de M. le général Pajol, de M. Higonnet, son aide de camp, de monsieur le maire de Versailles et de celui du maire du (ancien) XIe arrondissement. J’ai sollicité la décoration spéciale ou la médaille ; je n’ai reçu de la Commission aucun avis. J’ose vous prier d’avoir la bonté de vous faire représenter mon dossier ; vous y verrez que j’ai été assez heureux pour sauver la vie de M. Hygonnet, l’un des aides de camp de M. le général Pajol, que c’est entre mes mains que le premier régiment de grenadiers à cheval de l’ex-garde a déposé ses armes et qu’à la tête des volontaires que j’avais l’honneur de commander nous avons préservé du pillage le château de Versailles. » Higonnet ne put retirer sa croix, parce qu’il refusa de prêter le serment de fidélité au roi. Il certifia, le 10 août 1830 et comme « aide de camp du général Pajol pendant la grande semaine », la lettre suivante envoyée par Bureau, Eugène, pour tenter de faire valoir ses droits à une décoration : « Eugène Bureau, ex-employé dans l’ancienne partie du manuscrit brûlé la compagnie française d’éclairage par le gaz, partie du manuscrit brûlé plein de moralité, de zèle et de dévouement, n’écoutant que son patriotisme, se met le 29 juillet au matin à la tête de quelques jeunes gens. Il partie du manuscrit brûlé aux portes du Théâtre italien, il y pénètre avec partie du manuscrit brûlé s’élance seul, armé d’un pistolet, sur trois gendarmes, que son audace effraye ; ils mettent bas les armes ; il les distribue à ses amis. Aussitôt cette petite partie du manuscrit brûlé de braves court au rendez-vous de la Bourse bien partie du manuscrit brûlé après leur courage trouve l’occasion de se signaler partie du manuscrit brûlé meurtriers attaqués de la rue de Rohan et des partie du manuscrit brûlé Bureau s’élance l’un des premiers sur la pièce de canon braquée au coin de la rue Saint-Nicaise et qui tomba aux mains des patriotes. C’est sur ce point d’attaques qu’il fut assez heureux pour renverser d’un coup de baïonnette un soldat suisse qui ajustait à bout portant un élève de l’Ecole polytechnique. Après cette action et partie du manuscrit brûlé ou la fuite complète des gardes royaux qui occupaient tout le quartier du Palais-Royal, Bureau, toujours à la tête de ses amis, dont le nombre avait déjà partie du manuscrit brûlé court à l’attaque des Tuileries, dont l’occupation subite couronna les efforts de cette foule de braves défenseurs. Enfin Bureau n’est rentré chez son père et ne s’est reposé qu’après la campagne de Rambouillet. Tous ces faits dignes d’admiration et de partie du manuscrit brûlé doivent attirer sur le jeune homme les regards partie du manuscrit brûlé dispensatrice des récompenses […]. » Il ajoutait en apostille : « Je certifie avoir vu M. Bureau à l’attaque du Palais-Royal et rues de Rohan et Richelieu, ainsi qu’à Rambouillet. » Il comparut, le 26 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement (il signe bien Higonnet), pour attester avoir parfaitement connu Duchemin, Jean-Louis et savoir que ce dernier avait « concouru activement à la défense de la liberté le 28 juillet 1830 ; qu’ils l’ont vu armé et combattant ledit jour notamment au faubourg Saint-Denis et près la porte Saint-Martin ; que sur la fin de cette journée et lorsqu’il venait de s’introduire dans la caserne de la gendarmerie du faubourg Saint-Martin, au moment où l’on en commençait la démolition, une tuile de la couverture lui est tombée sur la tête et a produit une commotion par l’effet de laquelle il est mort sur la fin du mois d’août suivant ». Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut l’un des témoins pendant le procès en janvier 1832 intenté contre les principaux membres de la Société des amis du peuple, et à l’issue duquel tous les accusés furent déclarés non coupables par le jury ; quelques-uns, dont Blanqui, Raspail, Bonnias, Henri, Gervais, François, Guillaume, Thouret, Vincent, Antoine furent condamnés cependant mais par les magistrats soit pour outrages envers le roi ou outrages envers la magistrature pendant le cours de l’audience. Il était alors sans doute membre de la Société des Amis du peuple. Il fut arrêté, le 13 avril 1834, pour provocation à des crimes et délits, en compagnie de : Charpentier, Charles, Nicolas, Isidore, né vers 1794 à Morare, architecte, officier de la garde nationale, demeurant 5, rue du 29-Juillet ; Rivail, Henry, né vers 1810 à Paris, imprimeur, demeurant 24, rue Notre-Dame-des-Victoires, condamné à six mois de prison le 23 juin 1832 pour participation à tentative de renversement du gouvernement ; Duchatelet, Armand, Ernest, né vers 1812 à Paris, élève en médecine, demeurant 23, quai de la Cité, déjà arrêté le 16 juillet 1831 pour délit politique, nouvel écrou le 13 août 1831, condamné à trois mois le 3 décembre 1831 pour son premier écrou et libéré le 1er mars 1832 de son second écrou ; Delescluze, Charles, né vers 1810 à Dreux (Eure), clerc d’avoué, demeurant 21, rue Coquenard ; Plagniol, Eugène (voir Plaignol, Eugène), né vers 1795 à Serrières (Ardèche), économiste, demeurant 3, rue Feydeau ; Marius, Georges, Louis, né vers 1803 à Grandson, artiste, demeurant 36, rue d’Argenteuil ; Delsart, Adolphe, né vers 1806 à Valenciennes (Nord), sténographe, demeurant 44, rue Basse-du-Rempart ; Planel, Jules, né vers 1814 à Noyon (Osie), étudiant en droit, demeurant 57, rue de Seine ; Gervais, François, Guillaume (voir ce nom), né vers 1804 à Caen (Calvados), médecin, demeurant 36, rue de la Verrerie, déjà arrêté le 31 août 1831 pour délit politique et libéré le 29 décembre 1831. Leur arrestation fut l’objet du procès-verbal suivant : « Hier, à 9 heures trois quarts du soir, agissant en vertu et pour l’exécution d’un mandat de M. le conseiller d’Etat portant de cerner la maison rue Notre-Dames-des-Victoires où sont établis les bureaux du journal La Tribune et d’arrêter toutes les personnes qui se trouveraient dans lesdits bureaux ainsi que celles qui en sortiraient ou qui viendraient à y entrer, MM. Bouilhon et Lafontaine, commissaires de police aux délégations, le sieur David, officier de paix, et des agents sous leurs ordres ont arrêté les trois premiers individus dénommés d’autre part, comme il sortaient des bureaux, les six autres comme ils se tenaient cachés dans un couloir en face de la porte d’entrée lequel conduit à un escalier donnant dans la cour à droite, et le dixième au moment où il venait de l’extérieur pour entrer dans les bureaux du journal La Tribune. Ces sept derniers individus protestèrent d’abord contre leur arrestation qu’ils considéraient comme arbitraire et refusèrent de décliner leurs noms jusqu’à ce qu’ils ont été écroués au dépôt de la préfecture. Après leur arrestation les scellés ont été apposés en vertu du mandat sur trois portes fermant tous les bureaux dudit journal et ils ont été confiés à la garde du sieur Oudaille, garçon de bureau du journal, qui a dit s’en rendre responsable sous toutes les peines portées par la loi en tant que cela dépendra de lui. » Il fut arrêté dans l’affaire du 15 mai 1839. Le cabinet du préfet de police précisait au sujet de Higonnet : « Ce dernier est d’ailleurs connu comme un homme fort hostile à l’ordre de choses actuel et comme usant de sa fortune récente et de sa position pour exciter les malintentionnés, mais apportant dans ses intrigues beaucoup d’adresse et de mystère. […] Le sieur Higonnet est l’un des fondateurs d’une association, dite Société plâtrière de Paris, formée pour l’exploitation des carrières de plâtre de La Villette et de Belleville et occupe, comme directeur-gérant de la société, un grand nombre d’ouvriers, sur lesquels il exerce, dit-on, une puissante influence. Le 6 ou le 7 avril dernier, il a renvoyé de ses chantiers cent cinquante de ces ouvriers. D’après les opinions connues de cet individu et en raison des circonstances politiques, on dut penser que ce renvoi était fait dans un but hostile à la tranquillité publique ; les attroupements séditieux qui eurent lieu alors et les événements qui ont éclaté depuis sont venus corroborer cette présomption et il est permis de croire que le sieur Hygonnet n’était pas étranger aux manœuvres qui les ont préparés. On assure l’avoir vu, quelques jours auparavant, circulant à Paris, dans son cabriolet, avec le contumace Marrast (voir Marrast, Armand). Ce renseignement, provenant d’une source digne de confiance, vient à l’appui de ceux que j’avais reçus précédemment sur les rapports intimes qu’il entretiendrait avec ce condamné. Enfin, de nouveaux avis appellent mon attention sur le grand nombre d’ouvriers qu’occupe le sieur Higonnet, qui lui sont, dit-on, tout dévoués et descendraient à son premier signal sur la place publique. » Des perquisitions s’ensuivirent à la fois dans son logement, rue des Prés-Saint-Gervais, dans ses bureaux situés à La Villette et rue et hôtel Laffitte, mais sans résultat. Il fit l’objet d’un non-lieu. On retrouve sa trace dans un certificat qu’il signa (du nom dHigonnet), à La Villette le 9 juin 1848, en faveur de plusieurs hommes qui étaient partis les premiers de La Villette, pendant la Révolution de Février et avaient participé à la prise du Palais-Royal puis, en revenant de Paris à la préservation des bureaux de l’octroi des barrières de La Villette et de Pantin. On trouve comme indication biographiques sur son compte qu’il avait lui-même participé à la Révolution de Février ; il précisait en effet : « […] Tous ces hommes mentionnés ci-dessus faisaient partie des cent cinquante à peu près qui ont, le 24 février, arrêté le 29e régiment de ligne, qui était chargé d’annoncer à toutes les barrières de Paris que tout était fini, que Barrot et Thiers étaient nommés ministres. Ils se sont joints à mes ouvriers et, commandés par moi, mon fils et Roux, ont forcé le régiment de prendre la route de Pantin. Après le défilé du régiment, ils sont descendus avec nous au Palais-Royal. Je puis t’assurer que sur tous aucun n’a reculé bien qu’à notre arrivée sur la place du Palais-Royal, six soient tombés morts et quatre blessés. Je ne voudrais pas que ces braves gens perdent ce qui leur revient dans les récompenses honorifiques parce que je n’ai pu plus tôt te remettre leur demande. Ce qui m’en a empêché c’est que depuis samedi seulement je suis libre, ainsi que mon fils, car depuis juin nous avons été constamment traqués (allusion sans doute à l’insurrection de juin, N.D.A.). Je tiens, s’il est donné une décoration que mon fils l’obtienne. Il l’a méritée à tous égards, je t’en réponds […]. » Il avait été condamné à trois jours de prison par défaut, le 17 août 1826, pour voies de fait. Son nom apparaît, Higonnet, Guillaume, plâtrier, comme un des insurgés de juin 1848, jugé par contumace par le conseil de guerre. Il demeurait 5, rue de la Fidélité (mais 5 bis, rue de la Fidélité in Archives de Paris VK3 45 in dossier Gournay dArnouville de, Abel) en 1830-1831 ; 29, rue de La Villette à Belleville en 1834 ; 15, rue des Petites-Ecuries à Belleville en 1839 ; carrière de l’Amérique à Belleville en 1848. Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 215 ; Histoire de dix ans, 1830-1840, Louis Blanc, Paris, Pagnerre, 1841, tome I, pp. 201, 237 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement (sous le nom de Hygonnet, Guillaume, Philippe, Joseph) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Bonnefond, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Gechter (pour lequel il signe un certificat, absent du dossier les pièces de Gechter ayant été perdues) ; Archives nationales in dossier Gournay d’Arnouville de, Abel (où il est classé par erreur) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement, idem Préfecture de la Seine, noms des individus qui, ayant obtenu la décoration de Juillet ne se sont pas présentés pour la retirer et dont les croix sont restées déposées à la mairie ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Duchemin, Jean-Louis ; Archives nationales CC//747, Cour des pairs, attentat du 15 mai 1839 (sous le nom de Higonnet, Guillaume) ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bourla, Benoît, Alexandre (Bourla lui reprochant de n’avoir pas communiqué les pièces le concernant auprès de la Commission des récompenses nationales) ; Archives de la préfecture de police AA 392 ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers collectifs 3 février-27 décembre 1834 (549 à 793 ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, p. 61 ; Les Architectes élèves des Beaux-Arts (1783-1907), Roux, Librairie de la construction moderne, 1907 ; Service historique de la Défense, dossier 11440 cote 6 J 158. voir Hygonnet dans le dossier Bayeul, François, Casimir ?

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