Hoin, Pierre, François, Jules
Biographie
Né le 16 fructidor an XII (4 septembre 1804 mais 3 septembre 1804 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Abbeville (Somme). Ouvrier bottier. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans la mâchoire et au cou. Il reçut un secours de quarante francs et un autre de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut un secours de trente francs, le 3 août 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, il reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (son nom est absent des listes du Bulletin des lois). Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 22 juin et son brevet le 10 août 1831. En 1838, il sollicita un secours et le préfet de police donna, à cette occasion, les renseignements suivants sur sa conduite : « […] Marié, sans enfant, et il exerce la profession de bottier. Sa femme travaille avec lui. Il passe pour être enclin à l’ivrognerie ; d’ailleurs il n’est nullement dans le besoin. » Il obtint un secours de vingt francs en 1839, de soixante-cinq francs en 1840, de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, la même administration rapportait : « […] Homme laborieux, se conduisant bien et faisant honneur à ses affaires. » Il obtint un secours de vingt-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, de vingt-cinq francs en 1844, de soixante-cinq francs en 1845, de vingt-cinq francs en 1846, de la même somme en 1847, et de quarante francs en 1848. En 1849, la préfecture de police témoignait qu’il jouissait « du reste d’une bonne réputation ». Il toucha soixante-quinze francs de secours en 1849. En 1850, « ayant manqué d’ouvrage depuis assez longtemps, n’étant d’ailleurs plus assez jeune pour travailler à longue journée et ne pouvant conséquemment que gagner peu », il sollicita un secours et obtint soixante-quinze francs. Il toucha deux secours de soixante-quinze francs en 1851. En 1853, l’administration indiquait qu’il était veuf et père de trois enfants, ajoutant : « […] Travaille depuis vingt-cinq ans chez le même patron […]. La conduite du sieur Hoin est régulière et on assure qu’il ne s’occupe pas de politique. » En 1853, il retourna à Abbeville. Les renseignements de police indiquaient à son sujet : « […] Il demeurait à Paris où sa femme l’a quitté, il y a six ou sept ans par suite de son inconduite d’ivrognerie et autres débauches. Depuis son retour à Abbeville, il travaille de son état de cordonnier. Etant assez mauvais ouvrier, il gagne environ un franc par jour et demeure chez un logeur où il vit assez maigrement à l’aide d’un secours mensuel de dix francs que lui donne l’une de ses sœurs qui demeure à Paris. Elle l’entretient aussi de linge et quelquefois d’habillement. Sa conduite est beaucoup meilleure depuis qu’il est revenu à Abbeville parce qu’il n’a plus de crédit, qu’il est assez surveillé par deux autres sœurs qui y demeurent et qui je crois lui donnent aussi quelques secours. Cet homme, que l’on nomme vulgairement un fléau de famille quoique n’ayant aucune charge d’enfant et d’assez mauvais antécédents, n’est pas encore assez taré pour n’être plus digne de commisération. Si vous le trouviez encore assez digne d’intérêt, il serait peut-être urgent d’adresser à M. le maire d’Abbeville le secours qui lui serait accordé, en priant ce magistrat de prendre des mesures pour qu’il lui soit profitable. » Il toucha soixante-quinze francs de secours en 1853, soixante francs en 1854, cinquante francs en 1855 et en 1856. En 1860, à l’occasion d’une nouvelle demande de secours, Hoin protesta n’avoir jamais donné lieu à aucun reproche, et le maire d’Abbeville apostilla sa demande, certifiant qu’il était de bonne vie et mœurs. Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. En 1862, il était ouvrier chez M. Dufestel, marchand cordonnier, 16, rue des Carmes, et de nouveaux renseignements de police indiquaient : « […] Position très malheureuse ; il ne gagne que quatre francs par semaine ; il joint à ce faible produit de son travail une somme de dix francs par mois que lui donne une de ses sœurs qui habite Paris, ce qui lui fait à peu près un franc par jour pour payer son garni, sa nourriture et son tabac. Il est vrai de dire que cet homme a eu de mauvais précédents, qui ont obligé sa femme à se séparer de lui ; il était enclin à l’ivrognerie et à la débauche mais, avec l’âge, il est revenu à de meilleurs sentiments et maintenant sa conduite est sinon tout à fait bonne du moins presque exempte de reproche. Je pense qu’il y aurait encore lieu de lui accorder un secours. » Il reçut un secours annuel de trente francs chaque année entre 1862 et 1869. En 1865, le préfet de la Somme le décrit encore dans une position toujours nécessiteuse et d’une conduite qui ne donne lieu à aucune remarque défavorable. Il demeurait à Abbeville jusqu’en 1828 puis à Paris ; 6, rue de Vanne en 1830 ; 49, rue de la Grande-Truanderie en 1831 ; 9, rue de la Cordonnerie en 1838 et au moins jusqu’en 1842; 11, rue Montorgueil en 1849-1850 ; 5, rue des Déchargeurs en 1851 ; 21, rue Montorgueil en 1853 ; chez M. Obeniche, 49, rue Grenetat en 1853 ; 18, rue des Carmes à Abbeville en 1855 et 1856 ; 16 de la même rue de 1858 à 1868. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 63 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 73 ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à des secours temporaires avec détermination de temps (deux ans) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem Etat de répartition de secours imputables sue le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853.