Hotelin, Georges, Hilaire
Biographie
Né vers 1800 à Hambourg, fils d’un ancien militaire pensionné. Sans profession (mais ex-employé in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II). Il fut contusionné à la poitrine. Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le sieur Hautelin (sic), le 29 juillet, se battre à la prise du Louvre, avec un fusil, a foncé à la première entrée du Louvre et revenu, conduisant un garde royal de sous son bras. » Signé, le 22 août 1830 : Pérot (voir Pérot, Louis, Nicolas), fruitier, demeurant 12, rue de la Vieille-Draperie. Le second certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que le citoyen Hotelin m’a amené un garde royal du poste du Carrousel et sans lui il aurait été assassiné. » Signé, le 9 août 1830 : Drin, demeurant dans le quartier Saint-Honoré ; Beuve, demeurant dans le quartier Saint-Honoré . Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. On trouve en face de son nom sur les listes de la mairie l’apostille suivante : « Bons renseignements. » Il reçut (sous le nom d’Hottelin) un secours de trente francs, le 31 octobre 1830, un secours de dix francs, le 12 novembre 1830, un secours de trente francs, le 17 décembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis (sous le nom d’Hottelin, Georges) dans la 1re classe des blessés, avec une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut de la part de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à titre de blessé non décoré, un habillement (soit une redingote, un gilet, un pantalon de coutil gris avec ses guêtres, un chapeau et des souliers). Il était père de deux filles : Augustine, née vers 1826 à Paris, et Rosalie, Albertine, née vers 1829 à Paris. Il était garde national à la 1re compagnie du 4e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. En 1839, n’ayant touché aucun secours depuis cinq ans, son père venant de décéder et laissant une veuve et deux enfants en bas âge, lui-même veuf après avoir gardé son épouse malade durant cinq ans, père d’une jeune fille encore incapable de gagner sa vie, sans emploi, ses ressources épuisées, il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Veuf et père de famille. Il travaille chez un libraire mais son salaire a peine à lui suffire. Sa conduite est bonne. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1839. En 1840, sa demande de secours était appuyée par De Crusy, maître des requêtes, directeur au ministère de la Justice et chef de bataillon à la XIe légion. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, ayant éprouvé une maladie de plusieurs mois, chargé d’une nombreuse famille, étant « dans une position bien difficile », il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1842, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié en secondes noces, sa femme est occupée chez un tailleur, où elle gagne fort peu. Quant à lui, occupé comme écrivain en échoppe au palais de justice, il peut se faire de un franc vingt-cinq à un franc cinquante par jour. Cet homme jouit d’une excellente réputation sous tous les rapports et il mérite le secours qu’il sollicite comme ayant combattu en juillet 1830. » Il reçut un secours de cinquante francs et un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs en 1845, un secours de quarante francs en 1846. En 1847, « depuis deux ans continuellement souffrant comme un malheureux, ne pouvant plus subvenir à mes stricts besoins, ayant épuisé le peu d’économies que je possédais », il sollicita un secours. Il mourut le 23 novembre 1847. Il laissait une veuve, Giraud, Radegonde, née vers 1808, porteuse de pains, ne sachant ni lire, ni écrire, ni signer. En janvier 1848, « dans la plus malheureuse position », ayant gardé son mari durant un an et demi malade, ayant été obligé de vendre tous ses effets pour payer les soins que l’état de son mari avait nécessité, arriérée de trois termes de son loyer, « ne sachant que devenir dans une saison aussi rigoureuse », elle sollicita un secours et reçut quarante francs, à titre de veuve d’un combattant de Juillet. En 1850, la police renseignait à son sujet : « La veuve Hotelin, Georges, Hilaire, âgée de trente-neuf ans, n’a pas d’état. Sa misère est effrayante. Elle a vendu ou engagé tout ce qu’elle possédait pendant la maladie de son mari et, aujourd’hui, elle est à bout de ressources, dénuée de tout et manquant enfin des choses les plus indispensables. On la représente sous les meilleurs rapports. » Elle reçut un secours de quarante francs en janvier 1850, un secours de cinquante francs en mai 1850, à titre de veuve d’un combattant de Juillet blessé. En novembre, elle sollicita un secours pour « ne pas mourir ou d’inanition ou de désespoir, sans chauffage, sans vêtements et quelquefois sans pain ». Elle reçut un secours de quarante francs en 1851. Elle mourut le 11 janvier 1852, sans avoir touché le secours de quarante francs qui lui avait été alloué en décembre 1851. Il demeurait 7, rue de la Contrescarpe en 1830-1831 ; 19, rue Mazarine en 1839 ; 2, rue des Mauvais-Garçons-Saint-Germain en 1841 ; 21, rue Sainte-Marguerite en 1842 ; 10, rue Grégoire-de-Tours en 1847-1849 ; 57, rue de Charonne en 1849-1850 ; sa veuve, 41, chaussée Clignancourt à Montmartre ou 46, rue des Amandiers-Popincourt en 1851. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 86 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement, liste des citoyens blessés non décorés à habiller ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem fourniture d’habillements faites aux blessés non décorés domiciliés dans le XIe arrondissement de Paris (sous le nom d’Hottelin), idem liste des citoyens blessés non décorés du XIe arrondissement, qui viennent d’être habillés, idem bulletin des blessés non décorés, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 6, tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et état nominatif des sommes payées par la (ancienne) onzième mairie de Paris pour fournitures d’habillement aux blessés de Juillet, non décorés et domiciliés dans cet arrondissement (chaque fois sous le nom d’Hottelin) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 83, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204.