Hottin, François, Marie

Biographie


Né vers 1761 à Paris. Portier. Il fut contusionné à la cuisse gauche et reçut deux légers coups de baïonnette à la jambe, rue de Richelieu, selon un certificat médical établi par le docteur Perraudin du quartier de la Banque de France. Père d’un enfant, il reçut un secours de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme combattant, un total de francs de cinquante francs secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Le 16 décembre 1831, toujours malade, hors d’état de pouvoir travailler, chargé de famille, dans une extrême misère, il sollicitait qu’on s’intéressât à son sort. Dans une lettre adressée à la Commission, il donnait de nombreuses indications biographiques, que nous tentons de reproduire malgré les difficultés de compréhension dues aux erreurs orthographiques et syntaxiques. Il expliquait qu’il était garde national en 1789 à Paris ; qu’il avait, par ses déclarations, sauvé la princesse de Rohan, des poursuites du tribunal révolutionnaire ; que le 19 juillet 1793, militaire en Vendée, l’armée étant en pleine déroute et l’ennemi voulant prendre Saumur, il fut condamné à mort par le général Murat pour ne pas avoir traversé la rivière avec le corps d’armée et avoir préféré ramasser les effets abandonnés dans la fuite et les avoir recueillis dans huit voitures qu’il avait réquisitionnées ; mais des généraux lui donnèrent raison et le jugement fut cassé ; il fut poursuivi par le tribunal de Tours aussi pour avoir cherché à protéger un émigré et là aussi les poursuites cessèrent et lui valurent l’estime générale. Il fut ensuite réformé de l’armée à cause de fatigues et vécut de la physique, de la pyrotechnique, de la danse et de la peinture. Il fut, grâce à la protection de Lemercier, pair de France en 1831, nommé garde-magasin à Fontevrault, qu’il occupa durant huit ans puis premier guichetier. Il fut disgracié par Toqueville, préfet d’Angers, et retourna à Paris en 1818. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que, le 28 juillet dernier, le sieur Hottin, demeurant rue de la Vrillière n° 4, nous a remis ses armes et munitions, son grand âge ne lui permettant pas de pouvoir s’en servir. Nous aimons à rendre justice au patriotisme de ce brave citoyen, qui nous a mis à même de nous joindre aux défenseurs de nos libertés. Nous attestons en outre que le sieur Hottin, lorsque nous lui avons rendu ses armes, a témoigné un bien vif regret de n’avoir pu lui-même en faire usage. » Signé, le 8 août 1830 : Michel, Eugène ; Desnoyelles, demeurant 4, rue de la Vrillière ; Proust, Gustave, associé de Desnoyelles, demeurant 4, rue de la Vrillière ; Biarnois. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Connaissant le nommé Hottin, portier, rue de la Vrillière n° 4, je certifie l’avoir vu dans une mêlée nombreuse de combattants pour la liberté rue de Richelieu près celle Traversière, le 28 juillet dernier, sur les 3 à 4 heures, ne pouvant parvenir à lui, je fus le soir à son domicile où il me supplia de ne point en parler à personne de son aventure, vu qu’il ne devait pas s’absenter de sa maison. » Signé, le 26 octobre 1830 : Borat, Michel, demeurant 13, barrière de l’Ecole près de Grenelle. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le nommé François Hottin, rue de la Vrillière n° 4, le 28 juillet dernier, vers 3 heures de l’après-midi, entre la rue des Boucheries et celle Traversière, faisant partie d’un rassemblement armé et non armé, concourant à la destruction du despotisme et la conquête de la liberté. Je lui ai délivré la présente attestation à sa réquisition pour lui servir en cas de besoin, le connaissant particulièrement depuis 1793, dans la guerre de la Vendée, où il se distingua en bon patriote. » Signé, le 20 novembre 1830 : Tissot aîné, horloger-mécanicien, breveté d’invention sous les trois derniers règnes, trois fois médaillés aux expositions des produits de l’industrie française au Louvre, demeurant 261, rue Saint-Martin. Il donna procuration à sa fille, Florence, pour recevoir en son nom toute gratification qui lui serait versée. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il avait une sœur, Augustine, Chantale, religieuse à Vienne. Il demeurait 4, rue de la Vrillière en 1830-1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 63 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives de la préfecture de police AA 393.

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