Hubert, Paul, Michel
Biographie
Né vers 1768 à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne). Capitaine touchant une retraite de quatre cent cinquante francs par an, préposé au mesurage des bois et charbons, aux appointements de mille deux cents francs par an, recevant de plus quatre cents francs sur la liste civile. Il fut tué le 28 juillet vers 14 heures d’une balle qui lui cassa la tête, alors qu’il était assis dans sa chambre, 156, rue de la Mortellerie, au 2e étage, la maison du marchand de vin de la place de Grève, qui avait pour enseigne l’image de Notre-Dame. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Pauthier, Fereol, traiteur, demeurant 156, rue de la Mortellerie ; Richard, François, Augustin, cordonnier, demeurant 155, rue de la Mortellerie ; Rognier, Pierre, Robert, marchand de vin, demeurant 153, rue de la Mortellerie. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Hubert, Paul, Michel et « qu’ils savent que le 28 juillet dernier entre 1 heure et 2 heures de l’après-midi, le sieur Pauthier, étant dans une chambre au premier étage de sa maison, a vu un garde royale ajuster sous la fenêtre où le sieur Hubert était, assis dans l’intérieur de sa chambre ; qu’il a été atteint de la balle lancée par le garde royal, ce qui a tué le sieur Hubert ; et les deux autres comparants ainsi que ledit sieur Pauthier déclarent qu’étant allés dans la chambre dudit sieur Hubert le lendemain matin ils l’ont vu mort et qu’ils ont reconnu que le crâne de sa tête était entièrement fracturé et que le plafond et les murs de la chambre étaient couverts de sang et de sa cervelle ». Il laissait une veuve, Rousée, Suzanne, Jeanne, Jacqueline (mais Rousée, Suzanne, Jeanne, Joséphine in Archives nationales F/1dIII/82), née le 21 décembre 1777 ou le 22 décembre 1770 à Grandville deux fois (Manche), sans état, qui fut pensionnée (sous le nom de Rouzée dans les listes du Bulletin des lois), et cinq enfants, l’aîné né vers 1805, tambour-major au 2e régiment de la garde royale, le deuxième, né vers 1808, commissionnaire de chevaux, le troisième, né vers 1808 employé au spectacle de Bobino, la quatrième, Octavie, Clémentine, née le 20 juillet 1814 à Guernesey (Angleterre), qui fut pensionnée, la cinquième, Caroline, Pauline, née le 26 février 1820 (par erreur le 28 février 1820 in Archives nationales F/1dIII/36) à Paris, qui fut aussi pensionnée (sous les noms de Huben sur les listes du Moniteur universel). Le 24 août 1830, Méron, qui demeurait 2, rue Saint-Dominique au Gros Caillou, écrivait au maire du (ancien) VIIe arrondissement la lettre suivante : « Le soussigné a l’honneur de vous exposer qu’il a chez lui depuis quatre ans une nièce, fille du nommé Hubert qui fut tué le 28 juillet dernier dans son domicile, situé place de Grève, maison du marchand de vin qui a pour enseigne A l’image de Notre-Dame, qu’il s’est présenté à la veuve afin de faire participer cet enfant, Octavie, Clémentine Hubert, âgée de seize ans, qui est infirme d’une fraîcheur dans le genou droit, ce qui l’empêche quelquefois de sortir de sa chambre pendant cinq à six semaines, aux secours que l’on accorde aux veuves et orphelins des mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, mais sa mère ne voulut rien entendre et a éloigné d’elle tous ses enfants, même son fils aîné qui faisait partie du 2e régiment d’infanterie de l’ex-garde. Ce jeune homme qui vient d’être licencié à Versailles n’a trouvé d’autre asile que chez moi. C’est donc en faveur de ces deux orphelins et particulièrement de la jeune fille que j’ose appeler votre bienveillance, mes moyens ne sont point suffisant pour soutenir une charge aussi forte et jusqu’à ce jour même je n’ai pu faire pour ma nièce la dépense que son deuil nécessite […]. » La lettre était apostillée des signatures de (pour les signatures lisibles) : Leger, A., employé au ministère de la Marine, demeurant 2, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou ; Poudra, horloger ; Saint-Aubin, professeur de musique ; Guillotte, marchand mercier ; Houdaille jeune, marchand de bois ; Brossonneau, marchand de bois. Les renseignements de police, consignés par l’administration sur la lettre de Méron, indiquaient : « Les faits sont exacts. La femme se prend de vin. Les enfants sont intéressants. » Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Pagnon, employé à la mairie du (ancien) IXe arrondissement, subrogé-tuteur, demeurant 25, rue Geoffroy-Lasnier en 1831. En 1831, la mère demanda à garder sa fille, sans doute Caroline, Pauline, auprès d’elle et à recevoir les deux cent cinquante francs qui lui étaient alloués. Le maire de son arrondissement indiqua à son sujet qu’elle était « de vie et mœurs irréprochables, qu’elle jouit d’une très bonne réputation, qu’elle a les plus grands soins de sa fille, qu’elle lui a donnés jusqu’à ce jour l’éducation que ses moyens lui permettaient ». Caroline reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1832 et placée en pension, pour un prix annuel de quatre cent cinquante francs, chez Mme Ribes, 19, rue des Prêtres-Saint-Paul (mais 18, rue Geoffroy-Lasnier, en 1833, in Archives nationales F/15/2553 [ancien] IIIe arrondissement [par négligence de classement] et aussi in Archives nationales F/15/2555). La Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet qu’elle avait de bonnes qualités mais qu’elle était « un peu légère ». Elle fut, en 1835, placée en apprentissage chez Mme Bonnamy, couturière, 4, rue de Jouy. Octavie, Mélanie, était destinée à l’état de couturière et restait confiée aux soins de sa mère, qui se chargeait de la placer en apprentissage. Hubert, Paul, Michel demeurait 156, rue de la Mortellerie en juillet 1830 ; sa veuve, 14, rue du Monceau-Saint-Gervais en 1831. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 73 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-39 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) IXe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1838 IXe arrondissement ; année 1839 IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beguin ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Huet-Raillard ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IXe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2555 feuille de bulletin individuel de Pauline, Caroline ; idem F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IXe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.