Hude

Biographie


Son fils, Hude, Alfred, commis, demeurant 15, rue des Bourdonnais, écrivit au roi, en date du 7 aout 1845, afin d’obtenir son intervention en faveur de son père, chef des bureaux de l’état civil à la mairie du (ancien) Ve arrondissement et qui allait être victime d’une injustice dans l’avancement de sa carrière. Dans sa lettre, il donnait des indications sur la conduite de son père pendant la révolution de Juillet. Cette lettre était ainsi rédigée : « Excusez-moi si je me permets de venir vous importuner et vous déranger de vos occupations de tout un royaume pour vous occuper d’un fait qui concerne un de vos sujets dévoués. Au moment où je me permets de vous écrire, il existe dans le ancien) Ve arrondissement de Paris, un homme qui depuis trente ans est attaché à cet arrondissement et qui aujourd’hui est chef des bureaux de l’état civil ; aujourd’hui mon père, car c’est lui, éprouve une peine bien grande. Par suite de la retraite que mon oncle prend comme secrétaire de la mairie, mon père espérait, comme étant le plus ancien, lui succéder ; mais monsieur le maire a eu pour agréable de vouloir y placer un protégé, qui est au bureau de bienfaisance. Pour mon pauvre père, ce coup a été terrible, car après trente ans de service, qui ont toujours eu l’estime des maires qui ont précédé celui de maintenant, il lui a été bien cruel de se voir supplanter par un protégé. S’il avait eu quelque tort à se reprocher, il n’oserait pas parler aujourd’hui contre ce qui arrive ; mais après avoir rempli intégralement ses devoirs comme citoyen, comme époux et comme père, ce passe-droit l’a justement indigné. Comme citoyen, lorsqu’en 1830 de grands événement politiques se sont manifestés, il a pris sa part dans la défense de son pays et c’est dans une de ces actions qu’un jour il s’est trouvé assez près de vous pour vous préserver de l’enthousiasme public et être assez heureux pour obtenir comme récompense un serrement de main de son roi. Souvent, il se plaisait à le raconter. Plus tard, lorsque de nouveaux troubles se sont manifestés, aussitôt que la moindre crainte s’est fait pressentie, il était à son poste et sous les armes ; voilà quelle a été sa vie comme citoyen. Je ne serai pas assez importun pour vous raconter sa vie privée, comme époux et comme père. Qu’il vous suffise de savoir que, jeune encore et devenu veuf au bout de quatre ans passés dans la maladie continuelle de ma mère, il s’est trouvé à vingt-neuf ans, seul avec deux enfants, dont l’aîné avait trois ans à peine, et que depuis seize ans il a travaillé sans relâche afin de pouvoir nous faire donner un peu d’éducation ; que pour cela il s’est privé de plaisirs, pour nous élever convenablement et que de plus il n’a jamais voulu remplacer notre mère. Aussi, il jouit de l’estime de tout le monde. Il a obligé comme il a pu tous ses concitoyens ; il a mérité par ses services l’amitié de tous ; dans le (ancien) Ve arrondissement, l’on peut dire que M. Hude jeune est un honnête homme, sans que la moindre marque d’improbation puisse s’y faire entendre. Eh bien ! Sire, aujourd’hui, pour toute récompense, au moment où il pourrait jouir du fruit de ses travaux et se voir heureux, il lui faut renoncer à cet horizon d’espérance et être soumis au commandement d’un homme qui est aujourd’hui tout au plus son égal et qui dans trois mois sera son supérieur, tout cela sans raison aucune et par le caprice d’un seul homme. Pour mon père, Sire, cette décision est un coup terrible, c’est une mort du moral, qui le conduira à la mort physique sous peu de temps ; ces émotions le tuent et le consument petit à petit ; je connais mon père et il n’y survivra pas. O Sire ! vous êtes bon et juste, vous !!!! Vous pouvez, par votre puissante interposition, empêcher ces projets, qui seraient si sinistres pour nous, car, Sire, ce n’est pas par ambition que je fais cette démarche auprès de Votre Majesté ; mon père ignore ma demande, car s’il en eût connaissance il m’en aurait détourné ; mais lorsque, hier, je l’ai quitté en apprenant cet événement, mon cœur s’est brisé en voyant sa douleur et c’est alors que j’ai pris la résolution ferme et inébranlable d’implorer l’appui de celui qui peut tout dans notre belle France. Du reste, Sire, ce n’est pas une faveur, c’est la justice de Votre Royale Majesté que j’implore pour mon père, il est si bon et le mérite tant. O Sire ! si vous pouviez obtenir ce que je vous demande, je vous bénirai mille fois ; vous rendriez la vie à mon pauvre père et vous donneriez le bonheur à ses enfants, et de je ne demanderai à Dieu qu’une chose, ce serait de pouvoir vous prouver ma reconnaissance, fût-ce même en donnant ma vie ; j’en ferais le sacrifice, au nom de mon père, que j’aime. C’est de sang-froid et sans aucune exaltation que je me suis permis de vous écrire, Sire. Ecrire à son souverain c’est une liberté bien grande, que je n’aurais pas dû prendre. Mais le roi est bon et généreux, il verra que ma prière vient du fond du cœur, que c’est un fils, qui lui demande la vie et le bonheur de son père ; il excusera, dans sa bonté, ma hardiesse et je l’espère, dans sa clémence, exaucera mon humble prière. Tels sont les vœux que je forme, Sire. En même temps que ceux de votre longue conservation sur le trône de France. Je vous demande pardon, Sire, de mon manque de convenance, à Votre Royale Majesté, mais excusez-moi et protégez-nous. Je vous demanderai encore une grâce, ô Sire, ce serait quelques mots de consolation qui me prouveraient que vous avez daigné me lire. Oh ! que de fois je baiserai avec respect le papier où votre royale majesté aurait signé quelques mots d’espérance. » Archives nationales F/1dIV/H/3 récompenses honorifiques.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.