Hugo, Michel, Alexandre

Biographie


Né le 31 août 1805 à Saint-Germain (Seine-et-Oise), fils de Jacques-Isaac, receveur des droits de passe, barrière et porte de Poissy, et de Marie-Marthe-Sophie Lenormand.. Ancien militaire. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. En 1831, il était employé au greffe du tribunal de Château-Thierry (Aisne) et fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 29e régiment d’infanterie de ligne. Il était lieutenant au 11e régiment en 1845 et 1846. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, deux secours de soixante francs en 1851, un secours de soixante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. L’ouvrage La Célèbre mademoiselle Lenormand donne sur le compte de Hugon les informations qu’il « s’engagea en 1833 au 20e régiment d’infanterie légère, fut promu sous-lieutenant en 1837 et réformé le 8 juin 1846 par mesure de discipline. II épousa Rose-Blanche Delahaye », avant d’ajouter qu’il fut le donataire désigné pour la succession de la très célèbre Mademoiselle Lenormand :« Mademoiselle Lenormand ne légua que 120.000 francs, sa fortune entière, à son neveu unique héritier, Michel-Alexandre Hugo, lieutenant d’infanterie. Celui-ci qui connaissait le dessous des cartes – c’est bien le mot – hésita pendant deux jours à accepter l’héritage mais le courage qui veille en tout soldat finit par le pousser de l’avant, quoique la totalité des legs particuliers se montât à près de 80.000 francs. A peine avait-il donné son assentiment que les créanciers surgirent. C’était Me Picon, huissier, qui demandait 1.700 francs pour un de ses clients ; c’était Flammermont, le vieux serviteur presqu’un ami, qui réclamait 700 francs de rente viagère et une somme de 6.000 francs avancée à la prophétesse en 1816 ; c’était Triboul le quasi-secrétaire qui prétendait toucher 1.300 francs d’appointements dus ; c’était Madame Alouix, la femme de charge ; c’était Tamponet, fils du fameux fleuriste distingué par l’impératrice Joséphine ; c’était l’entourage, c’étaient des adeptes inconnus ; jamais Mademoiselle Lenormand n’avait prédit à son neveu cette surprise qui dut lui paraître bien amère. Comment penser que Flammermont n’avait pas été remboursé d’un prêt consenti trente-cinq ans auparavant ? Jadis à différentes reprises des difficultés s’élevèrent au sujet de cette créance, le brave homme même se fâcha et partit habiter Mignaux mais vieux, sans le sou et subissant l’ascendant de la sibylle, il revint se mettre à sa disposition. De son côté elle avait éprouvé des remords et par un acte olographe s’était reconnue débitrice envers son fidèle introducteur d’un total de 6.000 francs, seulement avec son caractère dominateur, au lieu de lui bailler le papier, elle le plaça dans une cassette où on le retrouva après le décès. Comment croire que Triboul, pauvre Alençonnais recueilli par sa célèbre compatriote qui l’avait logé, nourri et soutenu dans ses études médicales, viendrait revendiquer en qualité de secrétaire, lui qui n’avait aucun droit à ce titre ? L’officier ne devait pas fonder de grands espoirs sur le reliquat de la succession après règlement ; sa seule consolation résidait dans les bijoux, autographes, tableaux et souvenirs composant la collection de la défunte, à supposer que ces trésors aient réellement existé et surtout aient été bien authentiques. Francis Girault assure que l’Impératrice Joséphine avait fait don à Mademoiselle Lenormand de son portrait en miniature six mois avant le divorce. Elle était représentée en robe de velours bleu de roi brodée à collerette droite, laissant la poitrine à découvert au milieu; sur la tête une toque de même nuance que la robe et surmontée d’une plume blanche. On racontait que ce bibelot avait été acheté par un Anglais : “C’est faux, protestait Girault avec indignation, M. Hugo a l’âme trop française pour le céder à nos voisins d’outre-manche, il le conserve avec religion. Nous savons seulement que le prince Louis Bonaparte vient de faire des démarches pour le posséder. L’impératrice avait donné aussi à Mademoiselle Lenormand, outre une bague enrichie d’un rubis, une admirable coupe en vermeil. Ces trois souvenirs inappréciables sont entre les mains de M. Hugo qui ne veut s’en défaire à aucun prix.” Voilà certes une promesse dont il ne faut jamais se porter garant à propos d’héritiers. Quand Hugo eut constaté chez le banquier Rothschild les valeurs composant la fortune de sa tante, il crut nécessaire d’arrêter la débandade des capitaux et demanda à la justice d’intervenir dans les réclamations présentées par les créanciers. Thémis qui, sans être alors extra-lucide, y voyait quand même plus clair qu’aujourd’hui, mit ses poids tantôt à droite tantôt à gauche de la balance; le lieutenant fut condamné à payer 6.000 francs à Flammermont en plus d’une pension viagère de 700 francs, il dut verser 4.000 francs à Tamponet mais Triboul n’obtint pas le moindre écu. Voilà donc réglée la succession de la sibylle dont le nom prononcé par toutes les bouches souveraines et princières durant un demi-siècle, traînait maintenant au Palais devant de simples juges. » Hugo demeurait à Château-Thierry en 1831 ; 233, rue du Faubourg-Saint-Antoine (deux fois) ou 13 bis, avenue du Bel-Air à Saint-Mandé en 1849-1850 ; 232, rue du Faubourg-Saint-Antoine et 10, rue Saint-Bernard-Saint-Antoine en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie, idem Etat des citoyens décorés de la médaille de Juillet, absents de Paris ou non trouvés au domicile indiqué, auxquels n’ont pu parvenir les lettres d’avis qui leur ont été adressées pour les inviter à retirer leurs médailles ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom dHugot, Alexandre) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers (sous le nom dHugot, Alexandre) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 (sous le nom d’Hugon, Michel), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 83, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852 ; Annuaire de létat militaire de la France pour lannée 1845, publié sur les documents du ministère de la Guerre, avec lautorisation du roi, Paris, Chez Levrault, 1845, p. 151 ; Annuaire de létat militaire de la France pour lannée 1846, publié sur les documents du ministère de la Guerre, avec lautorisation du roi, Paris, Chez Levrault, 1846, p. 151 ; la Gazette des tribunaux, 9 mai 1844 ; la Gazette des tribunaux, 14 août 1846 ; La Célèbre mademoiselle Lenormand, chez Honoré Champion, Paris, 1911, p. 148-150.

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