Humbert, Emile
Biographie
Enfant naturel né le 26 avril 1810 à Besançon (Doubs), fille de Humbert, Jeanne, Claude, Séraphine, décédée le 27 août 1819 à Besançon. Imprimeur chez Renouard, 5, rue Garancière. Il fut tué le 29 juillet place Saint-Germain-l’Auxerrois, alors qu’il participait à l’attaque du Louvre. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. La chronique de l’époque relatait ainsi sur sa participation aux combats : « Humbert Emile […] périt au Louvre victime de son dévouement à la cause de la liberté. Ce brave citoyen laisse une jeune sœur et un jeune frère déjà orphelin, dont il était l’unique soutien. » Plusieurs certificats constataient sa disparition. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare avoir vu le nommé Emile Humbert, le 29 juillet 1830, entre 10 et 11 heures du matin ; que je lui ai parlé, rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, près l’église ; qu’il était armé et prenait part au combat pour la prise du Louvre et qu’ayant été séparé l’un de l’autre par le feu des Suisses, je ne l’ai pas revu depuis, ce qui me fait croire qu’il a perdu la vie glorieusement pour la défense de son pays. » Signé, le 2 octobre 1830 : Dieudonné (voir ce nom), demeurant 26, rue Tirechappe. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, régisseur de la maison et cour rue des Vieilles-Tuileries n° 44, appartenant à M. Buzeau, agent de change près la Bourse de Paris, certifie à qui de droit que M. Emile Humbert, compositeur, occupait un logement dans ladite maison depuis six mois et qu’il n’a pas reparu depuis le 29 juillet dernier, jour où il partit en armes, à la connaissance de plus de vingt personnes de sa connaissance et habitants dans la dite maison. » Signé, le 18 août 1830 : Rambouillet. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare que le nommé Emile Humbert demeurait avec moi depuis un an (il travaillait aussi dans la même imprimerie de M. Renouard, rue Garancière n° 5) et qu’il est sorti le 29 juillet étant armé, se dirigeant vers le Louvre et que depuis ce jour il n’a pas paru. Je déclare aussi qu’une parfaite sympathie régnait entre nous deux et qu’aucun motif ne le porterait à se cacher, ce qui me fonde à croire qu’il a été une des victimes qui ont succombé en défendant la cause de la liberté. » Signé, le 20 août 1830 : Combes, demeurant 44, rue des Vieilles-Tuileries. Il laissait une sœur, Héloïse Humbert, née le 9 prairial an XII (bien le 9 prairial an XII dans son acte de naissance ; mais le 12 prairial an XII in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Besançon, elle aussi orpheline et enfant naturelle de Humbert, Séraphine (elle-même née vers 1787 à Narbief dans le Doubs, fille de Humbert, François-Xavier et de Dard, Jeanne, Claude), et un autre frère né vers 1816, dont il était le soutien et qui demeurait avec sa sœur (cet enfant n’apparaît pas dans les orphelins pensionnés...). La sœur reçut un secours de vingt francs, le 11 février 1831, un secours de trente francs, le 18 février 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Sa demande de pension fut rejetée par la Commission des récompenses nationales, étant âgée de plus de dix-huit ans. Elle fut admise dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut une indemnité définitive de cent vingt francs. Il demeurait depuis six mois 44, rue des Vieilles-Tuileries. Héloïse habitait 48, rue du Petit-Carreau en 1830 puis 43, rue Neuve-Saint-Eustache (et une fois 40, rue Neuve-Saint-Eustache dans le récapitulatif final in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 et aussi deux fois in Archives nationales F/1dIII/37 ; mais 43, rue Neuve-Saint-Eustache in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 20, rue Neuve-Guillemain in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II) en 1831. Le nom d’Humbert (E. Humbert) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 168 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées, et morts de Juillet, inscrits au Panthéon sans avoir donné lieu à liquider de pension ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/9/1156 in dossier Tola, Adolphe ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841. Pourquoi le frère n’est pas assimilé aux orphelins ?