Husson, Antoine
Biographie
Ancien militaire, devenu employé dans un établissement de serrurerie. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il relatait ainsi à la Commission sa participation aux combats de Juillet : « […] 1°) J’ai désarmé plusieurs soldats de la garde royale qui tiraient sur le peuple dans les Champs-Elysées. 2°) J’ai contribué à la prise de la caserne de la petite rue Verte et au désarmement des gardes royaux. 3°) J’ai aidé à faire les barricades dans le faubourg Saint-Honoré. 4°) J’ai fait des balles et des cartouches dans l’atelier de M. Roussel, que j’ai distribuées aux combattants. 5°) J’ai poursuivi la garde royale jusqu’aux barrières et enfin j’ai commencé mon service dans la garde nationale, dans laquelle je sers volontairement depuis le 29 juillet 1830, sous les ordres de M. Roussel, chef du 3e bataillon au poste de l’Elysée-Bourbon, où je suis resté de garde jusqu’au 1er août dernier. Depuis cette époque, je n’ai cessé de faire mon service comme garde national et je me suis trouvé à toutes les prises d’armes qu’a eues le 3e bataillon […]. » Les faits étaient attestés par : Laisné, demeurant 8, rue de Ponthieu ; Depetasse, demeurant 2, rue de Ponthieu ; Bernard, demeurant 9 bis, rue du Colisée ; Silher ou Ficher, demeurant 3, rue de Ponthieu ; Gervais, demeurant place Matignon ; Tremblay frères, demeurant 8, avenue Matignon ; Petit, capitaine en second du 3e bataillon de la Ire légion, demeurant 55 bis, rue de la Pépinière, certifiait que Husson avait « toujours bien fait son service depuis le 29 juillet 1830 » ; Roussel, commandant le 3e bataillon de la Ire légion, qui attestait que Husson méritait la faveur qu’il sollicitait ; de Marmier, qui attestait que ce serait justice d’accorder à Husson la décoration qu’il réclamait. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, propriétaires et habitants patentés de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, certifions à qui de droit que le sieur Husson, Antoine, commis dans une entreprise de serrurerie, demeurant rue du Colisé n° 9, s’est empressé de quitter ses occupations dès le 27 juillet 1830 pour la défense de la liberté, qu’il a aidé à faire les barricades de la rue Saint-Honoré avec une voiture omnibus et à repousser les détachements de la garde royale qui tirait déjà sur le peuple ; que, le 28, il a été occupé toute la journée à faire des balles, d’une quantité d’environ deux mille, que dès le matin du 29 il a désarmé plusieurs gardes royaux dans les Champs-Elysées, qu’ensuite il a participé au désarmement du dépôt de la caserne de la rue Verte, où furent tués trois patriotes ; qu’il a poursuivi après la prise du Louvre et des Tuileries les gardes royaux jusqu’à la barrière de l’Etoile et que tout le reste du jour il a aidé à faire toutes les barricades du faubourg Saint-Honoré et du faubourg du Roule et qu’enfin il a fait partie du poste de l’Elysée-Bourbon depuis la nuit du 29 jusqu’au 31 inclus. Nous devons dire, pour rendre hommage à la vérité, que ce brave patriote a exposé sa vie dans les plus grands périls et mérité, par le courage et le patriotisme qu’il a prouvé dans les trois mémorables journées, l’estime de tous les bons citoyens et une part aux récompenses nationales. » Signé, le 1er septembre 1831 : Coppin, propriétaire, demeurant 2, rue Montaigne ; Depetasse, demeurant rue de Ponthieu ; Dièche, demeurant rue de Ponthieu ; Ficher, demeurant 3, rue de Ponthieu ; Laisné, demeurant 8, rue de Ponthieu ; Lemaire, Bernard, demeurant 9 bis, rue du Colisée. En 1830, il était voltigeur dans le 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il demeurait 9, rue du Colisée en 1831. Archives de la préfecture de police AA 393.