Hyrvoix ou Hirvoix
Biographie
Né le 26 novembre 1800 à Angoulême. Coiffeur. Il fit partie des cinq blessés nantais, avec Grignon-Dumoulin aîné, Léon Petit, Jean de Hersant et Bernard, qui accompagnèrent la délégation envoyée par la ville de Nantes pour féliciter le roi Louis-Philippe quelques jours après sa proclamation comme roi des Français. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831.Il fit partie de la députation des blessés nantais, qui furent désignés par les autres blessés, le 12 septembre 1830, pour, sous la présidence de Grignon-Dumoulin, féliciter Louis-Philippe de son avènement au trône et lui formuler des vœux de « voir enfin succéder l’ordre légal au régime arbitraire et despotique » « Le 14, au soir, relatait cette députation, nous quittions Nantes, et le 17 à midi nous étions à Paris, après avoir recueilli sur notre route les marques nombreuses d’approbation de la part des populations au milieu desquelles nous passâmes. Partout nous fûmes accueillis par ce cri de ralliement de nos immortelles journées de juillet : vive la Charte ! vive la Liberté !… » Arrivée à Paris, la députation fut d’abord reçue par Lafayette puis par Benjamin Constant. Elle eut à souffrir de nombreuses entraves qui lui furent faites pour l’empêcher d’être présentée au roi, et ne le rencontra finalement que le 22, en même temps que les autres députations de la ville de Nantes, celles de la mairie, de la garde nationale, de la chambre de commerce, et du tribunal de commerce. Toutes les députations furent présentées au roi, revêtu de son uniforme de colonel de la garde nationale et entouré de la reine et des princes. Le roi adressa « à M. Léon Petit, au sujet de sa blessure, des paroles pleines de bonté et d’intérêt, avec une expression qui laisse apercevoir toute la sensibilité de son cœur ». Le soir, seul Grignon-Dumoulin, comme président de la députation, fut invité à dîner à la table du roi. La députation fut de retour à Nantes le 28 septembre et rendit compte à ses mandants de son séjour à Paris. Il fut décoré de la Croix de Juillet sur proposition de la Commission des récompenses de la ville de Nantes. Il apostilla, avec de Hersant (voir Hersant de, Jean, Fidèle), blessé et membre de la députation, et Cabanne (voir Cabanne, Jean-René) la demande de Lahaye, François (voir ce nom), quand celui-ci demanda pour récompense d’obtenir de l’avancement dans le 14e léger, où il venait de s’engager : « Je certifie que M. F. Lahaye était au cours le 30 juillet dernier et qu’il a supporté le feu du 10e de ligne. En foi de quoi, je lui ai signé cette pétition. » Il signa, le 6 août 1831 et comme décoré de Juillet, avec Sirat (voir Sirat, Pierre, François), décoré de Juillet, Catheaugrue (voir Catheaugrue aîné), Ginselo (voir Ginselo, François), décoré de Juillet, Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Poubeau (voir Poubeau, Henri), Minié (voir Minié, Auguste) et Legorgeux le certificat suivant en faveur de Dugas, Toussaint, quand ce dernier tenta avec retard de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Nantes, décorés de Juillet, certifions que le sieur Dugas, Toussaint, demeurant chaussée de la Magdeleine n° 6, s’est comporté avec un courage digne d’admiration à l’affaire du cours, le 30 juillet 1830 entre la troupe de ligne et les habitants. C’est pourquoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, le 2 août 1831, avec Minié, Auguste (voir ce nom), Ginselo (voir Ginselo, François) le certificat suivant en faveur de Trouillard, André, François aîné, afin de remplacer la médaille de Juillet, qu’il avait obtenue, par la croix : « Nous, soussignés, certifions que le sieur André, François Trouillard, de Château-Gontier, s’est conduit en brave aux journées de juillet 1830 ; qu’il a coopéré de tout son pouvoir à la défense de nos libertés et qu’il a droit à la décoration spéciale. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, le 3 août 1831 et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir ce nom), Ginselo (voir Ginselo, François), Poubeau (voir Poubeau, Henri), Durand (voir Durand, Emile, ou Durand, Pierre), Minié (voir Minié, Auguste), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), le certificat suivant en faveur de Chupin, Pierre, Henri : « Nous, soussignés, domiciliés de la ville Nantes, département de Loire-Inférieure, certifions et attestons sur notre honneur qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Chupin, Pierre, Henri, ancien militaire, père de six enfants encore en bas âge, a pris les armes le 30 juillet 1830 et a combattu sur la place. Il fut chargé par sept ou huit grenadiers de la garnison qui se disposaient à faire feu sur lui lorsqu’ils en furent empêchés par un de leurs officiers qui leur cria Ne tirez pas, c’est un brave. En se retirant, il fut un de ceux qui relevèrent le sieur Rozeau qui fut tué avec plusieurs autres. De retour au Port-au-vin, il concourut à la prise du poste et au désarmement de la troupe qui l’occupait. Il fut un des premiers qui entrèrent dedans ; quelques instants après, il s’opposa avec d’autres habitants au passage de six pelotons de douane qui voulaient jonctionner avec les troupes et qui furent contraintes de rétrograder. Dans toutes ces circonstance, le sieur Chupin a déployé le plus intrépide courage et a dû allier au plus grand dévouement le sang-froid et l’humanité. Nous attestons en outre qu’il est d’une moralité exempte de tout reproche. En foi de tout ce que dessus, nous lui avons délivré le présent, que lui a mérité sa belle conduite, en témoignage de notre satisfaction et pour lui servir et valoir au besoin. » Il demeurait place Royale à Nantes en 1830. Rapport de la députation des blessés nantais, du 17 octobre 1830, Grignon-Dumoulin, président, 1830, imprimerie de Mellinet ; Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835 ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 ; Nantes en 1830 et les journées de Juillet, Giraud-Mangin, in Revue d’histoire moderne et contemporaine, année 1931, p. 465.