Illisible

Biographie


Il rédigea sa participation aux combats de Juillet pour la faire parvenir à Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement. Son récit, conservé aux Archives de Paris, était intitulé Narration adressée à M. Auguste Viguier, adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement et ainsi rédigé : « Le lundi, aussitôt que j’eus connaissance des ordonnances, je me rendis au bureau du National. Nous y fixâmes avec M. Thiers (voir Thiers, Adolphe) une réunion d’électeurs pour le soir. Le mardi, après la saisie des presses du susdit journal, il y eut dans le même local une nouvelle réunion, plus nombreuse que celle du lundi et surtout beaucoup de personnes inconnues. Je proposai donc à M. Thiers de vouloir bien ne pas entamer la discussion, que chaque individu présent n’ai donné son nom et son adresse ; par crainte ou par prudence, ma proposition fut rejetée. Le nom de M. Charles Lemas (ou Lemor illisible) se trouva seul sur la liste avec le mien. Je quittai la séance et me rendis chez M. Loubers, agent de change, aujourd’hui colonel de la IIIe légion, demeurant rue des Jeûneurs, pour lui demander ce qu’il fallait faire : il me pria de me rendre avec deux officiers de l’ancienne armée (qui se trouvaient chez lui) dans les faubourgs pour soulever les ouvriers, ce que nous fîmes très promptement. Le soir du même jour, le frère de Mlle Delphine Gay et moi ne dûmes notre salut qu’au portier du n° 26, rue de Richelieu, autrement nous étions sabrés par les lanciers royaux. Nous nous dirigeâmes ensuite sur la demeure de M. Cadet de Gassicourt (voir Cadet de Gassicourt, Charles, Louis, Félix) pour assister à une réunion, nous prîmes en passant M. Duclos-Blerzy (voir Duclos-Blerzy, Pierre, Louis, Joseph, Etienne). Le mercredi matin, après une nouvelle séance au National, m’apercevant que toutes les personnes présentes perdaient en vaines délibérations un temps précieux, je sortis avec M. Raque (illisible), un de mes amis. Nous prîmes des armes et nous transportâmes aussitôt place des Victoires, où nous fûmes rejoints par les gardes nationaux des (anciens) IIIe et IVe arrondissements. En un instant, tous les postes de la Banque furent occupés par les bourgeois, conjointement avec les troupes de ligne. Lorsque nous revînmes par la rue Croix-des-Petits-Champs à la place des Victoires, le général qui commandait les 5e et 53e de ligne ordonna le feu, mais nous eûmes le bonheur de ne perdre aucun des nôtres. Après un intervalle assez long, voyant que le général se disposait à faire charger rue Montmartre, je me rendis encore chez M. Loubers, rue des Jeûneurs, pour lui faire part de ce que je prévoyais. Aussitôt, il pria M. Legrand, officier en 1815, de vouloir bien m’accompagner. Nous nous dirigeâmes donc sur la rue Montmartre à la hauteur des Messageries royales. Après avoir réuni le plus de monde possible derrière une barricade et avoir placé des hommes bien déterminés dans la petite rue Saint-Pierre, nous restâmes, MM. Legrand, Raque et moi rue Montmartre. A peine les deux régiments étaient-ils à la hauteur de la petite rue Saint-Pierre qu’une décharge violente mit en déroute complète les troupes dont je viens de vous parler. Avec les deux personnes ci-dessus désignées, nous descendîmes la rue Montmartre pour arriver à celle des Prouvaires. Nous restâmes assez longtemps à cet endroit car le combat fut opiniâtre. Je pense qu’il est inutile de vous dire le nombre de coups de fusils que nous avons tirés en cet endroit. Nous nous dirigeâmes ensuite du côté de l’Hôtel de ville, avec plusieurs ouvriers et, par un hasard extraordinaire, j’ai eu l’occasion de voir, il y a plusieurs jours, un de nos compagnons et si mon intention était d’obtenir une récompense je viendrais devant votre jury, escorté de M. Legrand, Raque et de cet ouvrier ; mais qu’il vous suffise de savoir que j’ai combattu à l’Hôtel de ville comme au Palais-Royal, comme à la rue Montmartre et à celle des Prouvaires. Exténués de fatigue et croyant la cause de la liberté perdue, nous regagnâmes promptement le bureau du National, pour y faire part de ce que nous avions vu ou adopter à l’unanimité qu’il fallait se rendre dans tous les quartiers, faire dépaver les rues et élever des barricades. Un procès-verbal, signé du même jour au National pourrait sans doute vous convaincre. Le jeudi, je passais une partie de la matinée avec M. Duclos (voir Duclos-Blerzy, Pierre, Louis, Joseph, Etienne) ; seulement lorsque nous voulûmes nous diriger sur le Palais-Royal, nous prîmes une route différente, M. Duclos (voir Duclos-Blerzy, Pierre, Louis, Joseph, Etienne) descendit la rue des Bons-Enfants, moi celle de Valois. En traversant la cour des Fontaines dans la rue de Valois, M. Piquot (voir Piquot, Etienne, François) fut tué à mes côtés. Dans un moment où la fusillade paraissait avoir cessé, je me dirigeais sur la place du Palais-Royal. Plusieurs personnes suivirent mon exemple. Nous arrivâmes bientôt à la grille du côté de la galerie de Nemours. Ce fut en cet endroit que le commandant du château, qui voulait nous prouver que son intention n’était pas de faire tirer sur nous, donna un de ses officiers pour nous servir de parlementaire. Mais nous étions à peine arrivés à la rue de Rohan que plusieurs de nos camarades tombèrent victimes de leur courage. Les autres furent très heureux de pouvoir se réfugier sous le Théâtre-Français. Nous eûmes pendant plus d’une heure à soutenir le feu des gardes royaux et des Suisses placés aux fenêtres des maisons. M. Jeannisson (voir Jeannisson, Pierre, François), propriétaire des bains Saint-Guillaume, fut tué comme je venais de me mettre derrière une colonne pour charger mon fusil. Nous profitâmes encore d’un moment de calme pour regagner la place du Palais-Royal. A peine une demi-heure s’était écoulée que nous étions maîtres du château. Deux gardes royaux qui ont été pendant trois jours [manque des mots] pourront vous confirmer une partie de cette narration. Nous avions encore à nous rendre maîtres des maisons où étaient les gardes royaux. Je me dirigeais de préférence sur celle qui fait le coin des rues Saint-Honoré et Valois-Batave, connaissant et le propriétaire et le capitaine commandant. Je dois dire avec peine que pour ne pas être sacrifié par mes camarades je fus obligé d’abandonner à leur vengeance et le capitaine Menuissier et les propriétés du sieur Perrody (voir Perrody, Louis). S’il était nécessaire de plus amples renseignements (sic), je pourrais en faire donner premièrement par un nommé Hurnig, qui se trouvait ledit jour chez le sieur Perrody (voir Perrody, Louis). Deuxièmement par le colonel Thierry (voir Thierry, Gaspard, François), commandant pendant plusieurs jours du château de notre nouveau roi. Enfin par les signataires nombreux d’une pétition que j’ai gardée et dans laquelle mes amis réclament pour moi la décoration de la Légion d’honneur, que j’aurai aujourd’hui à ma boutonnière si une décoration avait un très grand prix à mes yeux. Voilà, mon cher M. Viguier, tout ce que j’avais à vous dire, attachant le plus grand prix à votre estime, je crois en outre que cette pièce ne sortira pas de vos mains. Votre tout dévoué. P.S. Pressé par le temps, il ne m’a pas été possible de relire cette narration ; je compte sur votre indulgence. : signature illisible Dumet, Vunnet, Vurmet, A. ? Archives de Paris VD6 281 n° 1.

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