Imbault, Alexandre, Hiacinthe, Aimé

Biographie


Né le 19 décembre 1779 à Thoury (Eure-et-Loir), d’Imbault, Alexandre, César, et de Gallien, Hiacinthe. Cavalier engagé volontaire du district de Janville (Eure-et-Loir), monté et équipé aux frais de sa famille, et entré au 23e régiment de chasseurs à cheval (ci-devant hussards) des Ardennes le 19 juillet 1793 (à l’âge de quatorze ans), fait brigadier le 7 octobre 1793, fourrier le 2 mars 1794, maréchal des logis chef le 3 avril 1796, adjudant sous-officier le 1er juin 1797, démissionnaire en cette qualité, profitant de la faculté accordée par l’arrêté du directoire exécutif et quitté le régiment pour rentrer dans les foyers le 20 août 1799, rentré au service au 12e régiment d’infanterie légère le 11 mai 1808, caporal le 19 mai 1808, sergent le 1er août 1809, détaché ledit jour, par ordre du ministère de la Guerre, pour remplir les fonctions d’adjudant sous-officier au bataillon des gardes nationales de Melun (Seine-et-Marne) et rentré au dépôt du régiment lors du licenciement de ces cohortes le 27 juin 1810, sergent-major le 20 juillet et congédié par ancienneté, rentrant des prisons d’Angleterre le 1er octobre 1814 ; il avait fait les campagnes de 1793, 1794, 1795, 1796 1797 et jusqu’y compris le mois de juillet 1799 en Brabant, Hollande, Suisse, Allemagne, Autriche, Bavière, Saxe et Prusse, celle de Flessingue en 1809 en Hollande, celles de 1810, 1811 et partie de 1812 en Espagne ; prisonnier de guerre à Leganes près de Madrid, le 24 mai 1812, rentré des prisons d’Angleterre ayant débarqué à Morlay le 24 juin 1814 ; blessé à Arhneim (Hollande) le 17 octobre 1795 de trois coups de sabre à la main gauche. Le 1er septembre 1830, depuis onze mois sans emploi malgré toutes ses sollicitations et ses démarches pour obtenir un emploi soit civil soit militaire, il sollicita de la Commission des récompenses nationales une récompense pour sa conduite pendant les trois journées. Le 16 janvier 1831, il renouvelait sa demande à la Commission des récompenses nationales, afin d’obtenir « une gratification quelconque, celle enfin dont je serai reconnu digne et qui, dans la position où je me trouve, sera pour moi un bienfait inappréciable. Militaire dès ma jeunesse, je ne connus jamais d’autre état ou profession que ma plume et mon épée ; depuis dix-huit mois je suis sans emploi et ne vous dissimulerai point que je ne suis pas heureux ». Il joignait à sa lettre le Détail des faits et circonstances qui constatent la conduite du soussigné pendant les journées de juillet 1830, ainsi rédigé : « Le 29 à 7 heures du matin, la présence à la barrière d’une trentaine d’individus qui terminaient l’incendie des bureaux et le pillage du butin des employés inspirait de justes alarmes à tous les habitants de Ménilmontant et des boulevards des Couronnes et des Amandiers. Un cri général Aux armes ! se fit entendre. N’ayant pour toute arme qu’un sabre de cavalerie, j’arrivai au corps de garde de la barrière, où M. le maire de Belleville voulait établir un poste de sûreté et où n’étaient encore réunis que MM. Pillevesse, Cholin et Grénon, faits provisoirement chefs par l’autorité locale. On me fit caporal provisoire. Dès qu’il y eut des hommes arrivés, je partis en patrouille, chargé de faire usage de toute la prudence et des moyens qu’exigeait la sûreté des habitants. Je restai constamment au poste depuis ce moment jusqu’au 31 à 6 heures du soir, où, excédé de fatigue, je fus chercher quelques moments de repos. Le 30 à 7 heures du matin, le propriétaire d’une maison située rue de Menilmontant près la barrière, accourut au poste se plaindre que deux individus à main armée étaient chez lui et le menaçaient d’incendier sa maison s’il ne leur donnait à chacun dix francs. Pendant ce temps, ces deux individus prirent la fuite, passèrent devant le poste et dirigèrent leurs pas par le boulevard, vers la barrière des Amandiers. Je me mis à leur poursuite, deux hommes commandés pour m’accompagner hésitèrent à me suivre, voyant que ces individus étaient armés de chacun un fusil et la baïonnette au canon. Seul, armé seulement de mon sabre, je joignis les délinquants, les sommai de déposer leurs armes et de me suivre au corps de garde. Après quelques résistances, que je sus vaincre par ma fermeté et ma contenance, ils obéirent enfin à ma sommation, déposèrent leurs armes près d’un arbre et je les amenai tous deux au corps de garde, d’où ils furent conduits devant M. le maire de Belleville, et, de là, envoyés à la préfecture. Ledit jour à 11 heures du soir, chargé de l’ouverture de la grille aux seuls habitants de Ménilmontant rentrant de Paris, j’arrêtai deux gardes royaux du 5e régiment, travestis en garçons boulangers et qui, à leur marche, me parurent suspects. Ils furent conduits, le lendemain, à l’Hôtel de ville. Le 31 à midi, j’aperçus un homme qui, le long des murs de ronde allant à la barrière des Couronnes, aiguisait sur le pavé la pointe d’une sonde enlevée aux commis de barrière. Cet homme, sous tous les rapports, paraissait suspect. Je fus à lui, seul. Après quelque résistance, je le désarmai, l’amenai au poste, d’où il fut conduit à Belleville et de là à la préfecture. Le 4 août, réuni à Belleville à tous mes concitoyens sous les armes, on demanda des hommes de bonne volonté pour aller à Rambouillet. L’un des premiers, je sortis des rangs et fus comblé de félicitations de la part de MM. le commandant Bourdon, le capitaine Chevalier le sieur Pillevesse, qui déjà depuis quelques jours avaient eu occasion de remarquer mon zèle et mon assiduité au poste. Ce sont tous ces faits et circonstances qui me méritèrent le certificat qui, le 11 août, me fut délivré par les signataires qui en avaient été témoins. » Le certificat était ainsi rédigé, à en-tête de la 7e compagnie de la garde nationale de Belleville : « Nous, soussignés, officiers et sous-officiers de ladite compagnie, certifions que le sieur Imbault, Alexandre, ancien adjudant sous-officier au 23e régiment de chasseurs à cheval, domicilié depuis trois ans en cette commune et demeurant chaussée de Ménilmontant n° 28, s’est conduit pendant les mémorables journées qui ont amené l’affranchissement de la patrie, en véritable Français et a montré pour l’honneur et l’indépendance de la nation, un dévouement digne des plus grands éloges. » Signé, le 11 août 1830 : Pillevesse, sous-lieutenant ; Capriola, sergent-major ; Lardier, fourrier ; Cholin, chef de poste de la barrière de Ménilmontant. Le commissaire de police de Belleville lui avait délivré, en date du 29 octobre 1830, un certificat comme quoi sa conduite avait toujours été « régulière et de manière à s’attirer l’estime publique. Différents revers qu’il a essuyés l’ont mis dans un état qui tient du besoin ; jusqu’à présent, il a su remédier à sa position par son travail ». Le 16 janvier 1831 Il comparut devant le jury de l’arrondissement de Saint-Denis le 22 janvier 1831, sous le numéro 195. Le 16 mars 1831, le chef de la division de la police générale au ministère de l’Intérieur demandait à la Commission des récompenses nationales « s’il est vrai qu’un sieur Imbault, Alexandre, Hiacinthe, Aimé soit compris au nombre des personnes qui doivent obtenir la décoration de la Légion d’honneur ou quelque autre récompense nationale pour leur conduite pendant les trois journées de Juillet. Dans l’affirmative, je serais en mesure de vous communiquer sur ses antécédents des renseignements qui me paraissent s’opposer à ce qu’il soit donné une suite favorable à cette proposition ». Le 26 mars, la Commission répondit que le sieur Imbault n’avait fait aucune demande à la Commission et n’était point porté pour la décoration spéciale jusqu’à présent mais qu’il se pourrait qu’il fût sur le travail de l’un des arrondissements qui n’avaient pas encore terminé leur travail. Son nom n’apparaît en tout cas pas sur les listes définitives de la Commission. Imbault demeurait à Ménilmontant depuis 1828 ; 28, chaussée de Ménilmontant en 1830. Archives nationales F/1dIII/33 dossier récompenses de juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 46. F/1dIII/33 dossier récompenses de juillet 1830 lettres concernant Dunan, Marie, Frédéric.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.