Imbert, Auguste
Biographie
Homme de lettres. Il apostilla la réclamation de Nicolle, qui, non compris sur les listes des décorés parues au Moniteur, réclamait, en date du 11 septembre 1831 dans une lettre adressée au roi, la Croix de Juillet. En 1837, il sollicita, dans ces termes et pour lui-même, la Croix de Juillet :
« Précis de la conduite du sieur Imbert, Auguste pendant les 26, 27, 28 et 29 juillet 1830.
Le 26 juillet, jour où les ordonnances parurent, je m’empressai de rédiger, d’écrire et de signer des placards que j’affichai moi-même dans le faubourg Saint-Germain, en invitant le peuple à résister avec force contre des actes qui étaient la plus éclatante violation des lois (Voir L’Histoire de la révolution des 96 heures, de ses causes et de ses effets, par Auguste Imbert, 1 volume, ainsi que tous les ouvrages sur la révolution de Juillet ; on y parle de l’auteur).
Le 27 juillet, à 4 heures du matin, j’affichai encore de nombreux placards. Au moment où je placardais mon dernier dans la rue de l’Odéon, un gendarme courut à moi mais, lui ayant présenté mes pistolets, je le forçai à se retirer. Vers 10 heures du matin, je me rendis au Palais-Royal. On y lisait à haute voix les journaux du jour. Etant monté sur une chaise, je lus à mon tour les proclamations affichées dans le faubourg Saint-Germain. A peine avais-je terminé, qu’un homme vint à moi et se permit les propos les plus inconvenants ; peu s’en fallut qu’il payât de sa vie sa témérité, car mes auditeurs voulurent le jeter dans le bassin afin de le noyer. J’eus le bonheur de lui sauver la vie, en lui faisant prendre un passage qui se trouve auprès du café Valois et en faisant front à ceux qui le poursuivaient. Le 28, les cris Aux armes retentissaient de toutes parts. Armé d’un fusil, je courus à l’hôtel de ville mais je ne pus en ce moment y parvenir. Ce fut alors que, suivi de quatre individus, parmi lesquels se trouvait M. d’Origny, maire du Xe arrondissement, je me rendis au port aux tuiles ; ayant détaché un batelet, nous traversâmes la rivière et descendîmes au port au blé. De là, nous parvînmes à gagner l’arcade Saint-Jean, au moment où les citoyens venaient d’être repoussés par les lanciers et les Suisses. Malgré le feu et la mitraille que les Suisses vomissaient sur nous, je m’avançai et me trouvai avec un Suisse qui chargeait son arme. Sa présence, loin de me déconcerter, ranima mon courage et je lui portai vivement un coup de baïonnette dans les reins. Des coups de feu furent dirigés sur moi, mais j’eus le bonheur de les éviter dans ma retraite. Le 29, au matin, je rencontrai quatre jeune élèves de l’Ecole polytechnique qui venaient de prendre les chevaux du manège du Luxembourg ; ils m’engagèrent à me rendre avec eux sur la place de l’Odéon afin d’aller attaquer la caserne Babylone ; j’y fus en effet et cette journée fut trop glorieuse pour ne pas s’enorgueillir d’y avoir participé. Telle est, en peu de mots, la conduite que je tins pendant les trois jours de Juillet. Conduite qui a été évaluée à trop peu de valeur pour avoir obtenu seulement la plus légère mention de la Commission des récompenses. Cependant les pièces à l’appui lui furent envoyées à cette époque peut-être ont-elles été perdues !… Plus tard, j’adressai encore à la Commission des réclamations des combattants de Juillet de nouvelles pièces à l’appui de ma pétition, qui fut enregistrée sous le numéro d’ordre 1537 ; mes papiers furent encore sans doute perdus car je n’en ai plus entendu parler… Quoi qu’il en soit, ce court précis de ma conduite fera connaître que l’on a rejeté la pétition d’un écrivain dont la plume avait su mériter le courroux des agents de Charles X et d’un citoyen qui ne craignait pas de verser son sang pour la cause de la liberté, comme il est prêt encore de le verser pour la dynastie régnante ! Vive le roi ! » Il lui fut répondu qu’il ne pouvait être donné suite à sa demande, les travaux de la Commission des récompenses nationales étant terminés. Il demeurait 38 ter, rue Notre-Dame-des-Champs en 1831 ; 89, rue Saint-Honoré en 1837. Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Nicolle.