Jaccard, Henry, François
Biographie
Absent de Paris, il ne put faire établir ses droits à la décoration de Juillet, et, le 28 novembre 1832, sollicitait l’obtention de la Légion d’honneur en échange. Il écrivait : « […] J’ai combattu en juillet avec courage et patriotisme et dans toutes les occasions, j’ai donné des preuves non équivoques de mon attachement sincère à la nation, comme aussi de mon dévouement pour le maintien de l’ordre actuel que Votre Majesté, seule, pouvait établir, car, en trois jours nous avons commencé un ouvrage dont le plus difficile était de l’achever. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, tous voisins de M. Jaccard, domicilié rue du Harlay-Dauphine n° 2, attestons qu’il y jouit de la réputation d’un homme honnête, laborieux et plein de moralité ; qu’il a fait preuve d’un patriotisme et d’un courage remarquables pendant les trois journées de Juillet. Il est vraiment digne de la bienveillance de l’autorité. » Signé, le 5 octobre 1832 : Routhier, avocat au conseil du roi ; Dufaÿ, capitaine de la 3e ; Escoubé (voir Escoubé, Jacques, Philippe ?), lieutenant de la 3e ; Faÿ ; Bignault. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que M. Henry Jaccard a sorti de sa demeure rue des Martyrs n° 11 avec un fusil dans les trois jours de 1830. » Signé, le 24 août 1830 : Jacquinet, François, demeurant 11, rue des Martyrs. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que M. Henry, François Jaccard s’est distingué dans les trois journées en sortant avec son fusil pour se battre. Il a outre cela montré un zèle infatigable, le troisième jour au soir, en dépavant la rue et la cour de la maison rue des Martyrs n° 11, et monté les pavés au 4e étage pour les précipiter sur l’ennemi qui devait descendre, la nuit, par cette rue avec le parc d’artillerie. Il a ensuite passé la nuit avec nous, reposé sur les mêmes pavés. Voilà le fait que toute la maison peut lui attester. » Signé, le 20 août 1830 : Scola (voir ce nom), demeurant 11, rue des Martyrs. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Jaccard, ancien locataire de la maison rue des Martyrs n° 11, dans laquelle j’ai également demeuré, a concouru à la formation des barricades qui ont été établies dans la rue des Martyrs lors des journées de juillet 1830 ; qu’il a transporté des pavés dans le logement au 4e étage, donnant sur la rue, et qu’il a gardées les barricades sus-désignées. J’atteste en outre que ce jeune homme était sorti armé d’un fusil avec l’intention bien manifeste de se réunir aux défenseurs de nos libertés. » Signé, le 15 septembre 1830 : Daudin, secrétaire au commissaire de police du quartier Saint-Avoye. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, blessé et décoré de la croix spéciale de Juillet, certifie que M. Jaccard, Henry était le 29 juillet 1830 à côté de moi en face la porte du Louvre au moment où je brisais la serrure de la petite grille pour entrer sous le vestibule. M. Jaccard était armé d’un fusil de munition dont il se servait contre la garde royale. Pour rendre hommage à la vérité, je dois dire aussi que ce monsieur m’a été d’un grand secours au moment où je reçus une blessure à la tête, c’est lui qui m’a donné son foulard pour me l’envelopper m’a fait porter place du Carrousel. » Signé, le 4 octobre 1832 : Lacombe, blessé et décoré, demeurant 48, rue du Faubourg-Montmartre. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que M. Jaccard, Henry, François a donné des soins aux blessés que j’avais reçus à l’ambulance établie chez moi à l’époque de juillet 1830. » Signé, le 25 août 1830 : Hermé, pharmacien, demeurant 11, rue des Martyrs. Le septième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que M. Jaccard, Henry, François a prodigué ses soins aux blessés reçus à l’ambulance établie par M. Hermé, pharmacien, rue des Martyrs n° 11, dans les trois jours de juillet. » Signé, le 28 août 1832 : Desessement, demeurant 11, rue des Martyrs. Le huitième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, l’un des locataires de la maison rue des Martyrs n° 11, à Paris, certifie que le sieur Jaccard, demeurant dans ladite maison à l’époque des trois journées de juillet 1830, a donné des preuves non équivoques de bravoure et d’attachement à la cause nationale. » Signé, le 25 août 1830 : Dieu-Géron, inspecteur contrôleur de la salubrité, demeurant 11, rue des Martyrs. Il lui fut répondu que la décoration de la Légion d’honneur n’avait point été affectée pour récompenser les services rendus pendant la révolution de Juillet. Il demeurait 11, rue des Martyrs en 1830 ; 2, rue du Harlay-Dauphine en 1832. Archives nationales F/1dIII/59.