Jacquemin, Antoine, Achille
Biographie
Né le 28 juillet 1794 à Paris. Homme de lettres. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut nommé commissaire de police du quartier du faubourg Saint-Antoine sans doute dès 1830. En 1830, E. G. Patrix, docteur en médecine, lui dédicaça sa Notice pour servir à l’histoire des blessés admis dans les salles de M. le baron Dupuytren pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, professeur particulier de matière médicale et de thérapeutique médico-chirurgicale, (consultable sous la cote 18308 n° 1 à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Ce fut lui qui, en qualité de commissaire de police du quartier Saint-Antoine et « décoré de Juillet » précisait-il légalisa les signatures des décorés de Juillet (dont Delamotte, Denis, Marie ; Frétigny, Cyr, Auguste ; Goubet, Nicolas, Joseph ; Blampin, Etienne ; Bazin, Jean-Baptiste, Michel ; Fallotte, Simon, François ; Millot, Jean-Marie ; Vicini, Joseph, Albert ; Sénéca, Achille, Henry ; Laont, Toussaint, Antoine ; Alexis, Henri, Guillaume, Marie ; Colin, Georges, Marin ; Aubrie, Philippe, Gabriel ; Faudin, Pierre, Charles) qui apostillaient la demande de secours présentée en juillet 1831 par Vautrin, François, Casimir, en certifiant qu’il y avait bien identité entre lui et le nom du médaillé Vautrin, Louis, François. Le 18 juillet 1831, il fut compris dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut cité dans un rapport de police, en date du 23 juillet 1831, concernant Lefranc femme Fanfernot, Cécile, Julie (voir ce nom), et ainsi rédigé : « La femme Fanfernon (sic), décorée de la médaille de Juillet sous le nom de Lefranc, désignée comme servant d’intermédiaire entre les conjurés, est chargée de transmettre la correspondance. Elle s’occupe en ce moment d’un écrit sur tout ce qui s’est passé depuis la Révolution de Juillet au Palais-Royal et à la police ; elle est en correspondance intime avec le sieur Jacquemin, commissaire de police au faubourg Saint-Antoine ; on a vu une de ses lettres dans laquelle la femme Fanfernon l’entretient de leur ancienne liaison et de l’ouvrage qu’elle se propose de publier. Les conjurés comptent beaucoup sur ce commissaire, contre lequel il ne faudrait cependant pas prendre encore de mesures ; cette correspondance devant nous être communiquée et présente, dit-on, beaucoup d’intérêt. » Jacquemin dirigea la perquisition, du 6 juin 1832, au domicile de Pepin et qui devait amener la découverte de treize fusils de munition avec leurs baïonnettes. Par la suite, il aurait été attaqué par Pepin dans la brochure que ce dernier fit publier. Il s’en plaignit auprès de lui, comme d’une attaque injustifiée et alors qu’il l’avait protégé ; Pepin lui rendit cette grâce (manque la référence). Quelques jours avant l’attentat du 28 juillet 1835, à l’occasion de l’arrestation des peintres Frémont et Rousseau, surpris en train de dessiner des poires sur la boutique de Pepin, Pepin lui donna sa parole d’honneur qu’il avait empêché ceux-ci de peindre de pareils dessins. « Je lui répondis, dit le commissaire, que je ne pouvais compter sur sa parole moi qu’il avait attaqué lâchement dans un pamphlet et qui avait cependant des droits à sa gratitude pour l’avoir soustrait à la fureur des citoyens et des gardes nationaux, le 6 juin 1832 quand des canons étaient braqué sur sa maison. Il reconnut qu’il me devait la vie et sortit en m’assurant qu’il se garderait bien de manifester des opinions contraires à ceux du plus grand nombre de ses concitoyens. » De la même manière, ce fut chez lui que Pepin alla, peu de temps avant l’attentat, pour prévenir qu’il serait absent de Paris pour la revue, à cause des troubles qu’on disait ne pas manquer d’y avoir. Jacquemin dit de la démarche de Pepin : « J’ai pu pensé qu’il s’était, par-là, préparé un moyen soit de justification soit d’atténuer les soupçons, en disant qu’il n’avait rien à craindre puisqu’il avait été prévenir l’autorité. » Jacquemin participa, juste après l’attentat, aux perquisitions dans l’appartement du boulevard du Temple ; il était donc sûrement en service pour la commémoration du 28 juillet 1835. Enfin, assigné comme témoin au procès, il ne déposa pas, excusé par un certificat médical. Le 29 juillet 1840, ce fut lui qui fut chargé de constater le dépôt des dépouilles mortelles des victimes de juillet 1830 dans les caveaux de la colonne dressée sur la place de la Bastille en commémoration de la victoire de Juillet. Il dressa à cet effet le procès-verbal suivant : « […] Nous […] nous sommes transportés dans lesdits caveaux et avons, après une exacte vérification, reconnu qu’ils renfermaient quarante-cinq cercueils [chaque cercueil reçut les ossements de plusieurs personnes N.D.A] dans lesquels se trouvaient les restes mortels des citoyens qui avaient été inhumés provisoirement au-devant de la colonnade du Louvre, au Champ-de-Mars, au marché des Innocents, rue Froidmanteau, dans plusieurs cimetières et dans diverses autres localités. Constatons, en outre, qu’à notre sortie desdits caveaux les dalles destinées à recouvrir les susdits cercueils ont été scellés avec tous les soins convenables dans l’intérêt de la salubrité publique et de la conservation des cercueils […]. » Il mourut le 14 janvier 1846 à Paris. Il demeurait 207, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1831 ; 8, rue Amelot en 1835 ; 7, rue des Carmes en 1846. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris pour l’année 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vautrin, François, Casimir ; Archives nationales F/1cI/33 pièce 657 ; Archives nationales CC 674 dossier Pepin p. 8 et 91-92 ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 2, Paris, 1836, p. 658 ; Archives de la préfecture de police AA 420 ; Inventaire aprè décès MC/RE/XIX/11. Il y a in Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Souplet, Alexandre un Jacquemin qui apostillait ainsi une lettre de ce dernier quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Ayant été témoin des services rendus par M. Souplet, je me plais à en rendre ici témoignage ainsi que de sa conduite patriotique dans les événements de juillet 1830. » C’est lui ? il y a la signature en tout cas...