Jacquier, Jean-Pierre

Biographie


Né le 25 pluviôse an XII à Saint-Marcellin-de-Frette (Isère), fils de Jacquier, Louis, Sulpice, cultivateur, et de Perrioud-Perdraud, Marie-Thérèse, son épouse. Ouvrier menuisier ; il avait été employé pendant dix-huit mois dans la maison du duc d’Orléans. Armé d’un fusil, il combattit avec son frère, Pierre, André, avant d’être tué d’une balle reçue au cou, au Carrousel, au coin de la rue Saint-Thomas-du-Louvre, le 29 juillet pendant l’attaque du Louvre. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le certificat suivant établissait les conditions de sa mort : « Nous, soussignés, propriétaires et marchands patentés, certifions à qui il appartiendra, que le nommé Jean-Pierre Jacquier, menuisier, demeurant à Paris, rue des Trois-Canettes, n° 5, a eu le malheur, à notre connaissance, d’être atteint à la gorge dans la glorieuse journée du 29 juillet, d’un coup de balle, qui l’a privé de la vie, en combattant avec son frère André, pour la défense des libertés de la nation ; il a ainsi succombé glorieusement sur les 2 heures du soir rue Saint-Thomas-du-Louvre, prêt à entrer dans les écuries. Déclarons en outre que d’après un certificat délivré, le 11 courant, par M. le maire de La Guillotière, ville où demeure la mère dudit Jacquier, cette malheureuse femme est veuve et chargée d’une nombreuse famille, dont deux enfants sont au service militaire. » Signé, le 16 août 1830 : Sénéchal ; Constantin, demeurant 5, rue des Trois-Canettes, Tropel, demeurant 4, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs. Le 1831 devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Sénéchal, Auguste, traiteur, demeurant 16, place Maubert ; Constantin, Joseph, serrurier, demeurant 5, rue des Trois-Canettes, Tropel, Lin, serrurier, demeurant 4, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs. Ils attestèrent avoir connu Jacquier, Jean-Pierre et « qu’il est à la connaissance d’eux, Constantin et Sénéchal, que dans la matinée du 29 juillet dernier, ils l’ont vu armé d’un fusil, qu’il les a engagés d’aller avec lui dans les endroits où on se battait ; qu’ils n’ont pas cru devoir se rendre à son invitation ; qu’ayant ensuite été instruits qu’il avait été tué ils se sont transportés au Carrousel par la rue Saint-Thomas-du-Louvre, où était un homme par terre, décédé, et qu’ils ont reconnu pour être le cadavre dudit Jean-Pierre Jacquier ; que, l’examinant de plus près, ils ont reconnu qu’il avait été atteint par une balle au col. Et le sieur Tropel nous a déclaré que le 29 juillet sur les 9 heures et demie du matin, le sieur Jacquier l’a accosté ; qu’il était alors armé d’un fusil ; qu’il a engagé, lui déclarant, à le suivre dans les endroits où on se battait ; qu’il n’a pas voulu se rendre à son invitation ; qu’ils se sont séparés ; qu’il a bien appris qu’il avait été tué mais qu’il ne l’a pas vu mort ». Il laissait une mère, Perrioud-Perdraud, Marie-Thérèse, née le 16 avril 1779 au Grand-Lemps (Isère) (fille de Perrioud-Perdraud, Pierre et de Bourgeal, Thérèse, dans son acte de naissance) veuve Jacquier, mère de sept enfants, dont trois encore à sa charge et deux au service militaire. En date du 12 août 1830, le maire de La Guillotière lui délivra un certificat comme quoi elle était « sans fortune et chargée d’une nombreuse famille. Deux de six garçons sont au service militaire, l’un à Alger, l’autre à Clermont en Auvergne ». Le 17 janvier 1831, le docteur Baumès, médecin à La Guillotière, lui délivrait le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien major de la garde nationale de la Guillotière, certifie que la veuve Jacquier, âgée de cinquante-deux ans, domiciliée dans la même ville, se trouve dans l’impossibilité presque absolue d’exécuter aucun travail pour gagner sa vie, à cause de ses infirmités, qui consistent dans de violentes douleurs rhumatismales, notamment une sciatique du côté droit presque continuelle, qui l’empêche presque souvent de marcher et dans une gastro-entérite chronique qui, par de fréquentes exaspérations amène de grandes souffrances, force la malade à garder le lit et la prive ainsi même d’un simple travail de couture, seule et faible ressource qui lui reste pour soutenir sa triste existence. » Elle fut pensionnée de deux cents francs. Son fils qui était militaire au 8e de ligne à Clermont mourut « pour ainsi dire le même jour » où son frère était tué à Paris. Les parents s’étaient mariés le 10 messidor an à La Frette (Isère) ; sur l’acte de mariage, Jacquier, Louis, Sulpice est indiqué comme né le 29 août 1779 à La Frette fils de Jacquier, Jean-François et de Bonlu, Suzanne (mais Boullu dans l’acte de décès de Jacquier, Louis, Sulpice). Perrioux-Perdreaux (sic), Marie-Thérèse est indiquée comme étant la fille de Perrioux-Perdreaux, Pierre et de Bourjal, Thérèse. Jacquier, Louis, Sulpice devait décéder le 22 septembre 1829 à La Frette. La mère avait choisi comme fondé de pouvoirs pour la représenter auprès de la Commission des récompenses nationales MM. Jouet frères, négociants, 54, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Il demeurait 5, rue des Trois-Canettes, chez Constantin ; sa mère, à La Guillotière à Lyon (Rhône) en 1831. Le nom de Jacquier (J.-P. Jacquier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 111 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.