Jamet, Léon, Clément, Antoine

Biographie


Né le 10 mai 1807 à Beauvais. Médecin. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 10 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « En 1830, je demeurais sur la place de Grève. Je pansais pendant deux jours, au milieu de la fusillade tous les blessés qui tombaient sur cette place. Je fis ces pansements avec une grande partie de mon linge, que je détruisis à cet effet. Le 28 juillet, à 8 heures du soir, je fus blessé par une balle qui me frappa dans l’aine du côté droit, au coin de la rue des Coquilles. Couché parterre, je me relevais promptement et je reçus au front un coup d’épée. Le gouvernement établi alors n’était pas ce que j’avais espéré, je ne voulus rien accepter en fait de récompense, mon travail me procurant plus que le nécessaire. Le 24 février, vient de tomber ce gouvernement dans la juste punition qu’il avait méritée ; le 23 et le 24, je fondis chez moi des balles avec des lingots de plomb et d’étain, qui servaient à mon travail. Le 24 au matin, je distribuais chez moi des cartouches que j’avais confectionnées avec cinq livres de poudre de chasse que j’avais. Je distribuais le restant des balles à quelques gardes nationaux qui n’avaient que de la poudre. Après cette distribution, je me dirigeai vers l’ex-Palais-Royal où je pus dans les ex-rues de Valois et Richelieu panser des blessés, que je fis ensuite porter dans différents hôpitaux. Le 25, je faillis être fusillé à La Chapelle-Saint-Denis, et sur le boulevard du même nom, où je passais revenant chez moi, n’ayant pu accomplir, à mon grand regret, jusqu’au bout la mission dont j’avais été chargé par le ministre de la Guerre et dont le certificat ci-joint justifie. Je viens donc, en conséquence de ces faits, demander au gouvernement provisoire ce que j’ai refusé en 1830, la récompense qu’il jugera dans sa haute sagesse de m’accorder. » Il joignait à sa demande la copie d’un certificat, en date du 26 février 1848, qui attestait l’ordre qu’il avait reçu du ministère de la Guerre d’accompagner à Vincennes le capitaine Joinville, chargé d’aller porter l’ordre au commandement de la forteresse de commencer les distributions d’armes au peuple, mission qu’il ne put accomplir jusqu’à son terme. Sa demande fut rejetée, Jamet ne s’étant pas présenté aux convocations de la Commission. Il demeurait 29, rue du Faubourg-du-Temple en 1848. Archives de la préfecture de police AA 394.

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