Jamin, François, Onésime

Biographie


Né le 16 fructidor an VIII (mais le 17 fructidor an VIII in Archives nationales F/1dIII/38 A) (3 septembre 1800) à Vannes (Morbihan), fils de Jamin, Joseph, loueur de chevaux, et de Goustigue, Michelle, son épouse. Bourrelier. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe gauche. Il fut transféré à l’hôpital de la Charité. Soutien de sa mère, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la hanche du côté gauche, de sa partie antérieure vers sa partie postérieure, en traversant les chairs situées entre le grand trochanter et la crête de l’os des îles ; blessure cicatrisée mais avec difficultés et douleurs dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa le certificat suivant en faveur de Moreau, Pierre, Ferdinand : « Certificat de la conduite courageuse qu’a tenue le sieur Pierre, Ferdinand Moreau, maréchal ferrant, demeurant à Vanves, rue Normande, dans les journées des 26 juillet (soir), 27, 28 et 29, 30 et 31 sous les ordres de M. Vincent, chef du 2e bataillon de la IIIe légion (extra-muros) lequel Moreau par son zèle patriotique à montré les plus grand dévouement pour la cause de la liberté. Le 26 à 7 heures du soir, il apprend qu’il existe à Paris quelques présages d’une révolution. Il part de suite afin de coopérer aux grands événements qui ont suivi cette journée. Le 27, il est retourné à Paris à 5 heures du matin pour suivre les événements de ce jour où il est rentré chez lui à minuit. Le 28, étant reparti à 6 heures du matin, il se rendit place de la Révolution, où il vit une quantité de gardes royaux ; il a suivi leur mouvement jusqu’à l’Hôtel de ville. Là, le feu ayant commencé et se voyant sans arme, il courut chez plusieurs de ses connaissances s’en pouvoir en obtenir. Son courage le porte à désarmer au poste du pont de l’Hôtel-Dieu un soldat du 15e léger. Se trouvant armé, il se rend au nouveau pont d’Arcole, où il s’est battu avec le courage d’un Français. Il est un des sept qui se sont portés en avant jusque de l’autre côté de l’arcade et, là, quatre de ses frères d’armes ont succombé avec honneur. Il s’est retranché derrière le parapet du quai. Un boulet est passé si près de lui qu’il en fut renversé. Ses autres camarades le croyant blessé l’engagèrent à se retirer, il leur répondit Ce nest rien ! et il resta à son poste. Voyant que le parti de la liberté avait triomphé, il est rentré auprès de sa famille, qui se compose de quatre enfants en bas âge. Le 29, le matin, se disposant à repartir pour Paris, il entend sonner le tocsin et battre la générale. Il se rend sur la place d’armes de Vanves, où il trouve le commandant du bataillon qui l’invite à faire partie des braves qui partaient pour Paris. Son zèle bien connu ne le fit pas balancer un instant. Il se place au premier rang et l’on part. Arrivé à Paris, le bataillon, d’après des avis reçus, se rend à la caserne de Babylone. Là, s’engage une fusillade terrible. On propose de mettre le feu aux portes. Un seau d’essence est apporté ; le susdit Moreau s’en saisit et, malgré le feu nourri des Suisses, il arrose la porte de la rue Plumet de cette essence et y met le feu. Il se retire au poste qui lui était assigné, faisant toujours feu jusqu’à la fin. Le 30, il s’est rendu avec le même bataillon, moins nombreux, à l’état-major général où le commandant reçut l’ordre de se rendre au poste de la barrière d’Enfer pour y attendre les Suisses venant d’Orléans. Il y a passé la journée et la nuit. Le 31, l’ordre est donné de marcher sur Saint-Cloud. Le susdit Moreau ne se lasse pas, il est un des premiers à marcher et à encourager ses frères d’armes de faire cause commune pour le bonheur de la France. On part. Arrivés à Saint-Cloud, plusieurs attaques ont lieu. Il est toujours à son poste. Depuis cette époque, il est resté dans la commune, au sien de sa famille. » Il cosigna le certificat suivant en faveur de la dame Vieillescazes : « Nous, soussignés, blessés dans les combats du 29 juillet, ayant reçu les premiers soins à la pharmacie du château des Tuileries, certifions que madame Vieillescazes nous a prodigué les soins avec un entier dévouement et que nous l’avons vu affronter le feu le plus meurtrier pour porter ses secours aux blessés et que de plus elle s’est empressée de donner de nos nouvelles à nos familles. Nous formons le vœu sincère que l’autorité puisse reconnaître cette conduite vraiment patriotique. » Son nom était compris dans une liste de cinq personnes (les autres étant : Peuvrier, Jean-Baptiste ; Moreau, Pierre, Ferdinand ; Durequ, Jérôme, Victor ; Darras, Louis, Nicolas, Marie ; Pichon, Jean-Pierre) établie en juillet 1839 par le maire de Vanves, de citoyens résidant à Vanves, décorés de juillet 1830 et susceptibles, parce que se trouvant dans une position malheureuse, de bénéficier des récompenses distribuées à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet ; il était alors journalier et sourd. Il demeurait à Vanves (Seine) en 1831-1839. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 64 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de larrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 92 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Vieillescazes dame ; Archives de Paris VK3 13, lettre en date du 10 juillet 1839 par le maire de Vanves ; Archives de Paris VK3 37, état des décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Moreau, Pierre, Ferdinand ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe.

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