Jandret, François, Bonnet (ou aussi Gandret, François, Bonnet et Jendret, François, Bonnet aux Archives nationales)
Biographie
Né le 15 janvier 1778 à Arfeuilles (Allier), fils de Jendret, Joseph (sic dans l’acte de mariage de Jandret, François, Bonnet), teinturier, et de Rousseau, Gilberte, son épouse. Ancien militaire réformé pour blessure, établi ouvrier fouleur ou chapelier. Il sortit de son domicile, le 28 juillet, armé d’un fusil et participa à la prise du corps de garde des gendarmes de la place du Châtelet. Au cours des combats, il reçut des coups de crosse de fusil dans les reins et dans le côté gauche, qui lui occasionnèrent de nombreuses pertes de sang et de étourdissements. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie donner des soins au nommé Gendret, demeurant rue de l’Aiguillerie n° 5, pour des douleurs qu’il m’a déclaré provenir de coups de crosse de fusil qu’il aurait reçus à la place du Châtelet le 28 juillet dernier, que les accidents qu’il a éprouvés ont été très graves et qu’il n’est pas encore dans le cas de travailler ». Signé, le 17 septembre 1830 : Moret, médecin. Marié et père de deux enfants, il reçut (sous le nom de Gendret) un secours de cent dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Longtemps crachant du sang par la bouche, il resta six mois sans pouvoir travailler. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Beylich, Adolphe voir ce nom), sellier, demeurant 48 bis, rue de la Grande-Truanderie ; Gaudissart (voir ce nom), bottier, demeurant 159, rue Saint-Martin ; Boklage, Tobie voir ce nom), tailleur, demeurant 2, rue Quincampoix. Ils attestèrent parfaitement connaître Jandret, François, Bonnet « et savoir que ledit sieur Jandret est sorti de son domicile le 28 juillet dernier, armé d’un fusil, pour combattre pour la liberté et qu’à la prise du corps de garde sis place du Châtelet, il a reçu des coups de crosse de fusil dans les reins et dans le côté gauche et que, par suite de ces contusions, il ne peut se livrer à aucun travail fort sans ressentir des douleurs qui le forcent de l’abandonner ». Le 13 avril 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Jouanne, marchand de farine, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Laumonier, Jacques, fabricant de chapeaux, 14, rue de l’Aiguillerie ; Rousseau, Jean-Baptiste, aubergiste, demeurant 39, rue des Lavandières-Sainte-Opportune. Ils attestèrent que Jandret, François, Bonnet « blessé dans la journée du 28 juillet, marié, père de deux enfants et ne pouvant plus exercer sa profession, se trouve aujourd’hui sans ressources et hors d’état de pouvoir soutenir sa famille ». Jandret était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions que le nommé François, Bonnet Gandrai (sic), demeurant rue de l’Aiguillerie n° 5, s’est présenté avec nous pour prendre le poste des gendarmes de la place du Châtelet le 28 juillet 1830. Malgré son âge et étant père de famille, il n’a pas craint d’exposer sa vie, qu’il mit en danger, ayant reçu en se battant des coups de crosse de fusil dans les reins et mutilé sur la place. Depuis ce temps, il est entre les mains de M. Moret, médecin, rue des Déchargeurs n° 3. » Signé, le 16 septembre 1830 : Gaudissart (voir Gaudissart), demeurant 159, rue Saint-Martin ; Beylich (voir Beylich, Adolphe), demeurant 42, rue Montorgueil ; Boklage (voir Boklage, Tobie), demeurant 7, rue de la Sonnerie. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions, nous maître et ouvriers chapeliers, que François, Bonnet Jandret (sic), chapelier, demeurant rue de l’Aiguillerie n° 5, a reçu des coups de crosse de fusil dans les reins et le côté gauche, en prenant le poste des gendarmes de la place du Châtelet le 28 juillet dernier, et qu’il a rendu du sang par le haut et le bas, pendant longtemps. Il fut six mois sans pouvoir travailler du tout. Le besoin l’ayant forcé de recommencer, depuis deux mois il travaille chez moi, Laumonier, rue de l’Aiguillerie n° 14. J’atteste qu’il ne peut faire son état par l’étouffement qui lui prend en travaillant, ce qui lui fait cracher le sang ; les ouvriers qui sont avec lui en sont témoins. » Signé, le 10 avril 1831 : Laumonier, demeurant 14, rue de l’Aiguillerie ; Dorléans, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Couture, ouvrier chapelier, travaillant chez Laumonier ; Pouget, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Venisse, Daniel, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Jouanne, principal locataire, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Brun, chapelier ; Eschard, demeurant 37, rue des Lavandières-Sainte-Opportune ; Gauthier, chapelier ; Dinard, Auguste, demeurant 34, rue Michel-le-Comte. Il reçut (sous les noms de Gendret, François, Bonnet et de Jandret, François, Bonnet), comme combattant, quatre-vingt-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut quatre cent trente-cinq francs de secours de la part de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mai 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir reçu des contusions par suite de coups de crosse de fusil à la poitrine et aux reins, contusions guéries mais avec quelques difficultés et quelques douleurs dans les parties contuses, ce qui doit le faire ranger dans la seconde classe des blessés avec une indemnité pendant deux ans, s’il peut être constaté par la Commission que cet accident soit le résultat de la part que le sieur Gendret a prise aux journées de Juillet. » Il fut classé dans la 1re catégorie des blessés de la 2e classe, avec une indemnité définitive de trois cents francs. Il reçut, à titre de blessé de la 1re catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, il écrivit au roi pour se plaindre que, porté pour la pension et la décoration par la Commission des récompenses nationales, son fils aîné devant, de plus être placé, il n’avait finalement été porté que sur la seule 2e classe des blessés. Son cousin germain, membre du jury médical et qui demeurait 39, rue Sainte-Marguerite dans le faubourg Saint-Germain, lui avait fait une attestation sur la vérité des faits qu’il avançait. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur du certificat suivant : « Nous certifions, nous maître et ouvriers chapeliers, que François, Bonnet Jandret, chapelier, demeurant rue de l’Aiguillerie n° 5, a reçu des coups de crosse de fusil dans les reins et le côté gauche, en prenant le poste des gendarmes de la place du Châtelet, le 28 juillet dernier ; et qu’il a rendu le sang par le haut et le bas pendant longtemps ; il fut six mois sans pouvoir travailler du tout. Le besoin l’ayant forcé de recommencer, depuis deux mois il travaille chez moi, Laumonier, rue de l’Aiguillerie n° 14. J’atteste qu’il ne peut faire son état, par l’étouffement qui le prend en travaillant, ce qui lui fait cracher le sang. Les ouvriers qui sont avec lui en sont témoins. » Signé, le 10 avril 1831 : Laumonier, Auguste ; Dorleans, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Couture, ouvrier chapelier, travaillant chez M. Laumonier ; Jouanne, principal locataire du 5, rue de l’Aiguillerie ; Pouget, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Brun, chapelier ; Sassey, chapelier ; Di… ard, travaillant chez M. Laumonier, demeurant 34, rue Michel-le-Comte ; Gauthier, chapelier ; Venisse, Daniel ; Eschard, demeurant 39, rue des Lavandières-Sainte-Opportune. Il signa, le 1er juillet 1831, le certificat suivant en faveur de De Driesen Lallemand, Alphonse, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « N’ayant pas vu sur la liste des citoyens récompensés par la nation M. Alphonse Lallemand de Driesen, n° 13 de la rue Hauteville, qui, dans les journées de Juillet, s’est battu avec nous, nous, soussignés, blessés de Juillet, protestons qu’il y a là un oubli et nous certifions que M. Driesen a fait le coup de feu, pendant tout le temps de la bataille le mercredi 28 à la place de Grève et autres endroits, qu’il nous a donné de la poudre et des munitions et qu’il a relevé et arrangé avec sa chemise et son linge plusieurs de nous, qu’il portait sur son dos pour nous aller panser et nous faire respirer les sels et de l’eau-de-vie, vu qu’il avait le bonheur de n’être pas atteint. C’est un brave jeune homme, qui s’est vaillamment battu avec nous, qui nous a secourus et pansés et qui a bien contribué au succès de nos glorieuses journées. Nous lui envoyons et lui offrons unanimement ce témoignage authentique pour sa bravoure et son honorable conduite. » Il retira, le 26 décembre 1831, les pièces qu’il avait confiées à cette Commission des Réclamants (il signe le récépissé de remise de ses pièces du nom de Jandret). En 1832, ne pouvant gagner sa vie à cause de sa blessure, il sollicita, comme ancien militaire, son admission à l’Hôtel des Invalides, ce qui lui fut refusé parce que ne jouissant pas d’une pension de retraite et ne comptant pas trente années de service effectif. Il avait présenté le certificat suivant : « Je certifie que le sieur François Gendret (sic) demeure dans la maison rue de l’Aiguillerie n° 5, depuis le mois de mars 1813, qu’il s’est toujours conduit comme un honnête homme et qu’on n’a rien à lui reprocher. Je certifie en outre qu’il est à ma connaissance et d’après l’attestation des médecins que ledit sieur Gendret (sic) a été blessé aux affaires de juillet 1830 et pour la bonne cause ; qu’il est infirme. » Signé, le 10 novembre 1832 : Jouanne, principal locataire du 5, rue de l’Aiguillerie ; Humbert, marchand de vin, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Dorléans, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Eschard, demeurant 37, rue des Lavandières-Sainte-Opportune ; Laumonier, chapelier, demeurant 12-14, rue de l’Aiguillerie ; Venisse, Daniel, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie. En 1833, ne pouvant « se livrer à aucun travail pour gagner son existence sans nuire beaucoup à sa santé et éprouver les plus vives souffrances », sa femme, Bordeau, qu’il avait épousée le 23 juin 1828 à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement de Paris, décédée du choléra en 1832, resté seul avec deux enfants en bas âge, il sollicita un secours. Il reçut (sous le nom de Jeandrey ou de Jeandry) cent francs de secours en 1833. Il avait présenté le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Jeandret, François, domicilié rue de l’Aiguillerie n° 5, est dans l’impossibilité de travailler tant par rapport à ses anciennes blessures que celles récentes du mois de juillet 1830 ; » Signé, le 27 janvier 1833 : Jouanne, principal locataire du 5, rue de l’Aiguillerie ; Humbert, marchand de vin, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Dorléans, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Eschard, demeurant 37, rue des Lavandières-Sainte-Opportune ; Laumonier, chapelier, demeurant 14, rue de l’Aiguillerie. En 1834 de nouveau, toutes ses affaires ayant été placées au mont-de-piété, il sollicita d’autres secours. Le préfet de la Seine indiqua qu’il tenait une « bonne conduite, tous les renseignements pris sur lui sont à son avantage. Il est inscrit au rôle du bureau de bienfaisance et il travaille un peu de son état d’ouvrier chapelier mais il ne peut le faire assez pour pourvoir à ses besoins et à ceux de da famille […]. Il est malheureux et digne à tous égards de la bienveillance du gouvernement ». Il reçut, cette année-là, un secours de soixante-quinze francs. En 1835, ses blessures ne lui permettant plus de travailler suffisamment pour gagner sa vie, il sollicita un nouveau secours. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Sa position est réellement malheureuse. Il doit trois termes de son loyer, qui est de cent francs par an. Depuis vingt-deux ans qu’il habite la même maison sa conduite n’a donné lieu à aucune remarque défavorable. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. Il demeurait 5, rue de l’Aiguillerie (mais par erreur 50, rue de l’Aiguillerie in Archives de la préfecture de police AA 386) de 1811 à 1835. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 26 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 28 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 (sous le nom de Gendret, François, Bonnet) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Jendret, François, Bonnet) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 (une fois sous le nom de Jendret et une fois sous le nom de Gendret) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an (sous le nom de Jendret) ; Archives nationales F/1dIII/56 Gandret ; Archives nationales F/1dIII/59 Jandret ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jeangirard ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re catégorie de la 2e classe (sous le nom de Gendret, François, Bonnet) ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155 (sous le nom de Jeandret, François) ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Driesen de, Lallemand, Alphonse ; Archives de la préfecture de police AA 389 (sous le nom de Gendret, François, Bonnet).