Jardy, Auguste

Biographie


Né le 8 juillet 1808 à Paris. Chapelier. Ses démarches furent infructueuses devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un secours. Par une lettre en date du 1er juillet 1831, il sollicitait la médaille et expliquait qu’il n’était pas rentré chez lui pendant trois jours, qu’il avait été au Louvre, aux Tuileries, aux combats de la rue de Rohan et avait participé à la campagne de Rambouillet, précisant : « […] Après m’avoir distingué dans les combats, M. Tassin (voir Tassin, Jacques, Nicolas), membre de la Commission du (ancien) IVe arrondissement, M. Briquet (voir Briquet, Pierre), médecin, ainsi que six personnes notables établies dans le quartier Saint-Honoré, là où les combats se sont donnés et qui ont vu comme je m’étais montré. La première action c’est au coin de la fontaine de l’Arbre-Sec. J’ai pris devant les gardes royaux un jeune homme nommé Botte (voir Botte, Jean dit Adolphe), qui était blessé à deux endroits, à la cuisse et au bras, moi avec un camarade l’avons pris malgré le feu et conduit à l’ambulance de la rue Baillet. Maintenant il est guéri, décoré de la croix et moi rien. Avec de telles pièces je me suis présenté chez M. Tonnet, qui m’a dit que j’aurai la décoration. Les décorations se sont données et je n’ai pas été marqué. Toutes mes pièces sont maintenant à la Commission générale rue du Mont-Blanc. Ainsi voilà les récompenses décernées aux braves de Juillet ! […]. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Auguste Jardy s’est bien montré dans les journées 27, 28 et 29 juillet, qu’il a été cherché un blessé au coin de la rue Saint-Honoré, quand la garde royale faisait feu partout, qu’il a fait la campagne de Rambouillet et que partout où il a été il s’est bien montré et l’on a que des louanges à dire de lui, ayant l’un des premiers pris les armes le mardi et animé à partir. » Signé, le 1er juillet 1831 : Gillot, E. (voir Gillot, Etienne), demeurant 7, rue Baillet ; Leroux ; Coquard, demeurant 14, rue Baillet ; Jacob (voir Jacob, Jean-François), décoré de Juillet, demeurant 7, rue Etienne. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Jardy s’est parfaitement comporté dans les journées de juillet 1830. Il est à ma connaissance personnelle qu’il est allé chercher des blessés dans les environs du Louvre pour les apporter à l’ambulance de la rue Baillet dont j’étais l’un des médecins. » Signé, le 2 septembre 1831 : Tassin (voir Tassin, Jacques, Nicolas), membre des enquêtes et du jury du (ancien) IVe arrondissement pour les récompenses nationales. Dans le certificat signé en faveur de Gongy, Louis, par le docteur Tassin (voir Tassin, Jacques, Nicolas), il est ainsi fait mention de Jardy : « Je, soussigné, certifie que le sieur Gougy s’est parfaitement conduit dans les journées de juillet 1830. Il est à ma connaissance personnelle qu’il est allé avec le sieur Jardy chercher des blessés dans les environs du Louvre pour les apporter à l’ambulance de la rue Baillet dont j’étais l’un des médecins. » Il fut détenu à la suite de l’insurrection de mai 1839. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il adressait la lettre suivante à la Commission : « A l’honneur de vous exposer que sous le gouvernement déchu, quatorze perquisitions furent opérées à son domicile, qui lui valurent la perte de plus de cent cinquante francs de volumes, brochures, portraits, qu’ayant fait partie des sociétés ostensibles ou non, il fut longtemps sous les ordres du citoyen Frédéric Dargout, imprimeur dont le citoyen Martin Bernard en était un des chefs. Que le 22 février au soir il fut un de ceux qui élevèrent la première barricade rue Saint-Honoré, au coin de celle du Roule et des Prouvaires ; que le 23 au matin, il se joignit au noyau de la VIIe légion qui donna l’élan à ce quartier, qu’accueillis à notre sortie par une fusillade au coin de la rue Saint-Denis, il demanda à M. Sirdey, lieutenant-colonel, que le peuple puisse rentrer à la mairie avec la garde nationale, ce que le colonel refusa énergiquement... qu’enfin il ne déposa les armes que quand la république a été proclamé sur la place de Grève. Il demande à la Commission qu’on voulût bien placer sa sœur, paralysée depuis deux ans et demi et à sa charge, aux Incurables femmes, rue de Sèvres, et me rendre mes livres qu’on m’a injustement dépouillé. » Sa demande était appuyée des signatures de : Laureau, capitaine de la 3e compagnie du 2e bataillon de la VIIe légion de la garde nationale, fabricant de bronze, demeurant 22, rue des Quatre-Fils ; Détourbet, chef d’usine, capitaine de la 3e compagnie de la VIIe légion de la garde nationale, actuellement chef d’escadron de l’artillerie parisienne, « ami intime du citoyen Recurt, ministre », demeurant 59, rue du Faubourg-du-Temple ou 57, rue du Faubourg-du-Temple illisible ; Cailleux, fabricant de casquettes, sergent-major, demeurant 19, rue Simon-le-Franc. Il était alors sans ouvrage depuis quatre mois et demi et sa sœur ou belle-sœur ne touchait que trois francs par mois du bureau de bienfaisance. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué ; sa sœur (ou sa belle-sœur), Vasseur, Hermine, fut recommandée pour être placée aux Incurables femmes. Pour avoir été détenu en mai 1839, il sollicitait une place d’ordonnateur des pompes funèbres. Il était marié et père de six enfants (mais deux enfants in Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités et in Archives de la préfecture de police AA 366, Comité denquête de la Commission des récompenses nationales, détenus politiques de 1830 à 1848, 2e tableau, 14 août) en 1848. Il demeurait 12, rue Baillet en 1830 ; 28, rue des Barres-Saint-Gervais en 1831 ; 42-44, quai de la Grève puis 35, rue des Blancs-Manteaux en 1848. Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Gongy, Louis ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités ; Archives de la préfecture de police AA 366, Comité d’enquête de la Commission des récompenses nationales, détenus politiques de 1830 à 1848, 2e tableau, 14 août ; Archives de la préfecture de police AA 394.

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