Jean, Alexandre, Joseph
Biographie
Né vers 1770 à Maubeuge (Nord). Armurier. Il fut tué d’une balle reçue dans la tête, le 28 juillet sur le quai de la Cité ; son cadavre fut envoyé à l’Hôtel-Dieu et, là, reconnu pour être le sien. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 17 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Dutrevis, Jean-Baptiste, marchand orfèvre, demeurant 28, rue des Marmousets ; Schmitt, François-Xavier (voir ce nom), marchand fruitier (sic), demeurant 21, rue des Marmousets ; Desheulles, Jean-Baptiste, marchand de vin, demeurant 1, quai Saint-Michel. Ils attestèrent avoir bien connu Jean, Alexandre, Joseph et savoir « que le 28 juillet dernier en combattant il a été tué sur le quai de la Cité, qu’il a été porté à la morgue et qu’ils ne savent où il a été enterré ». Il laissait une concubine, Mayer, Marie, Ursule, née le 4 janvier 1790 à Mérange (Meurthe), fille de Mayer, Dominique, maître d’école à Hérange et de Antoni, Jeanne, son épouse ; Mayer, Marie, Ursule était journalière, et vivait avec Jean, Alexandre, Joseph depuis sept ans. Des renseignements de police furent ainsi formulés, le 21 juillet 1831 : « Les divers renseignements recueillis sont tous favorables à la moralité de la demoiselle Mayer. On a de sa personne une opinion tout avantageuse sous ce rapport. C’est depuis environ sept ans qu’elle vivait maritalement avec Jean, Alexandre. Ce dernier, natif de Maubeuge (Nord) exerçait la profession d’armurier et c’est à Nancy (Meurthe) que se fit leur connaissance et s’établirent leurs intimités. Il y avait déjà quatre ou cinq ans que Jean continuait son industrie ici, et, sans être dans l’aisance, son travail suffisait pour son besoin et celui de sa compagne, qui le secondait de son mieux en polissant les armes qu’il confectionnait ; on comprend que la demoiselle Mayer, privée de son appui naturel, se trouve d’autant plus embarrassée depuis cette perte que, sans travail et originaire de l’Alsace, elle s’énonce avec quelque difficulté ; aussi, elle a été congédiée de l’appartement qui était aussi l’atelier de Jean, rue des Marmousets, n° 28. La majeure partie de son modeste mobilier ainsi que les étaux et autres ustensiles servant au défunt ont été retenus comme acompte de neuf mois de loyer non payé, montant à cent francs. La demoiselle Mayer se trouve par-là à peu près sans ressources ni moyen de s’en créer. » Elle présenta le certificat suivant : « Je certifie que madame veuve de M. Alexandre, Joseph Jean, qui été tué à l’affaire du 28 juillet place de Grève, demeure chez moi depuis 1828 et que je n’ai que du bien à dire de sa conduite. » Signé, le 29 septembre 1830 : Dutrevis, orfèvre, demeurant 28, rue des Marmousets. Suivaient les signatures de : Schmitt (voir Schmitt, François-Xavier), marchand de faïence, demeurant 21, rue des Marmousets. Un certificat reprenant les mêmes termes avait déjà été signé, le 10 août 1830, par Dutrevis, orfèvre, demeurant 28, rue des Marmousets et apostillé par Schmitt (voir Schmitt, François-Xavier), marchand de faïence, demeurant 21, rue des Marmousets ; Lallemand, horloger, demeurant 28, rue des Marmousets ; Franche, demeurant 25, rue des Marmousets ; Bernier, locataire 28, rue des Marmousets ; Basso, coiffeur, demeurant 30, rue des Marmousets ; Emptoz, portier 28, rue des Marmousets ; Roge, marchand épicier, demeurant 29, rue des Marmousets. Mais la cohabitation n’ayant duré que sept années, la Commission des récompenses nationales refusa de lui faire valoir des droits à une pension. Elle avait reçu dix francs et cinquante auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le nom de Jean n’est pas inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille. Jean demeurait 28, rue des Marmousets ; sa concubine, 1, quai Saint-Michel (mais elle est dite inconnue à cette adresse par une enquête de la préfecture de police in Archives nationales F/1dIII/33) en 1831. Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées depuis le 10 mars jusques et y compris le 31 mai 1831 aux veuves du (ancien) IXe arrondissement de Paris (avec l’indication suivante en apostille concernant la veuve : Elle a été rejetée) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (son nom est cité deux fois), état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossier Peynaud ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après (citée deux fois).